Décédé le 18 février 2026, à l’âge de 74 ans, à Orléans, en France, Philippe Mvouo, ancien ministre et ancien président du C.s.l.c (Conseil supérieur de la liberté de communication), a été inhumé le vendredi 3 avril, à Kellé, sa localité natale où il fut élu député, dans le Département de la Cuvette-Ouest. Un hommage solennel lui a été rendu par la République, jeudi 2 avril 2026, au Palais des congrès, à Brazzaville, lors d’une cérémonie sous le patronage de Pierre Ngolo, président du sénat, représentant le Président de la République, Denis Sassou-Nguesso, en présence d’Isidore Mvouba, président de l’assemblée nationale, Médard Milandou Nsonga, président du C.s.l.c, de son homologue de la RD Congo, Christian Bosembe, président du C.s.a.c (Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication), des ministres, des parlementaires, des hauts cadres de l’Etat, des membres de la famille dont l’ancien ministre du développement industriel, Vincent-Raymond Ombaka-Ekori, et Julien Philippe Mvouo, le fils du défunt qui a été l’un de ceux qui ont accompagné la dépouille depuis la France.

L’hommage du P.c.t à Philippe Mvouo.

C’est le soir du mardi 31 mars que la dépouille de Philippe Mvouo était accueillie à l’Aéroport international Maya-Maya, arrivée à Brazzaville par le régulier d’Air France. Parmi les personnalités venues l’accueillir, il y avait le président de l’assemblée nationale, Isidore Mvouba, le Premier ministre chef du gouvernement, Anatole Collinet Makosso, le président du C.s.l.c, Médard Milandou Nsonga, le secrétaire comptable, Jérôme Patrick Mavoungou, quelques ministres et parlementaires, des hauts-conseillers (membres du C.s.l.c), des hauts-cadres de l’Etat, des membres du personnel du C.s.l.c, la famille, les amis, etc. Même après un mois et demi d’attente, après son décès en France, l’émotion était forte parmi les proches.
La veillée mortuaire du mercredi 1er au jeudi 2 avril à son domicile, au Quartier Binkaroua, dans le 9ème arrondissement Djiri, s’est déroulée avec l’exposition de la dépouille mortelle. Le lendemain jeudi 2 avril, tout a commencé par la cérémonie d’hommage au siège fédéral du P.c.t (Parti congolais du travail), sous le patronage du secrétaire général Pierre Moussa. Philippe Mvouo a été, en effet, membre du Bureau politique du P.c.t. L’oraison funèbre y était lue par Yvon-Roger Kouebé, secrétaire à l’organisation du Comité P.c.t Djiri, le 9ème arrondissement.
Au Palais des congrès, devant les corps constitués nationaux, les responsables et professionnels des médias, les parents, amis et connaissances, visiblement affligés par la disparition de cette éminente personnalité de la scène politico-institutionnelle nationale, Médard Milandou Nsonga a lu l’oraison funèbre retraçant le parcours de l’illustre disparu. Il a mis en exergue les grands traits de caractère du célèbre régulateur des médias qui a dirigé le C.s.l.c pendant treize ans, en peignant son humanisme.
Né le 14 septembre 1951, à Kellé où il a fait ses études primaires à l’Ecole catholique, Philippe Mvouo entre au Petit-séminaire Saint-Pie X de Makoua, pour la première partie de ses études secondaires, puis au Collège Champagnat. S’il n’est pas devenu prêtre, il a eu, parmi ses onze enfants, un qui l’est devenu, l’abbé Charel Guy Philippe Mvouo Oyela. Ensuite, on peut signaler qu’il entra au séminaire la même année que le ministre d’Etat Firmin Ayessa, son ami d’enfance, né la même année que lui et qui est décédé le 23 février, soit cinq jours après lui.

La République a rendu un hommage déférent à l’un de ses serviteurs, Philippe Mvouo.

Après son bac obtenu en 1972, au Lycée Pierre Savorgnan de Brazza, à Brazzaville, Philippe Mvouo entame ses études supérieures à l’I.n.s.ed (Institut nationale des sciences de l’éducation), à l’Université de Brazzaville (qui deviendra Université Marien Ngouabi), d’où il sort avec un diplôme de professeur certifié des lycées, en philosophie. En tant qu’enseignant, il a travaillé aux C.e.g de Mossendjo (Département du Niari), Linzolo, Nganga-Lingolo, Kibossi (Département du Pool) et Gampo Olilou, à Ouenzé (Brazzaville).
Il ressort entre autres de l’oraison funèbre que le natif de Kellé fut ministre des mines, de l’énergie et de l’hydraulique, de 2002 à 2004; ministre des postes et télécommunications, chargé des nouvelles technologies de 2004 à 2006 et ministre de la pêche et des ressources halieutiques de 2006 à 2007. Enfin, en 2012, il est nommé pour présider aux destinées du C.s.l.c. «Durant treize ans d’exercice à la tête du conseil, le président Philippe Mvouo s’est accommodé très facilement avec le monde de la presse qu’il exhortait, à plusieurs occasions, d’intérioriser les idéaux de la République», a reconnu Médard Milandou-Nsonga. Après l’oraison funèbre, le président du sénat, Pierre Ngolo, a déposé une gerbe de fleur devant le cercueil, avant de s’y incliner et de consoler la veuve, les enfants et les autres membres de la famille éplorée.

Pierre Ngolo se recueillant devant la dépouille de Philippe Mvouo

Les funérailles se sont poursuivies le vendredi 3 avril, à Kellé, dans le Département de la Cuvette-Ouest, où la dépouille était transférée, jeudi 2 avril, par hélicoptère. Après la messe de requiem célébrée en plein air par Mgr Gelasse Armel Kema, archevêque d’Owando, entouré des prêtres venus d’un peu partout dont ceux de la Paroisse Sainte Maria Goretti de Kellé, il a été inhumé dans un monument, en dignitaire, au cimetière chrétien de la ville, en présence des autorités locales, de plusieurs personnalités venues de Brazzaville, parmi lesquelles une délégation du C.s.l.c conduite par son président, et celle de la S.n.p.c conduite par son directeur général, Maixent Raoul Ominga, des parents, amis et connaissance et d’une foule de gens attristés.

Hervé EKIRONO et
Urbain NZABANI

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