Assemblées annuelles du Groupe de la Bad Brazzaville 2026

Denis Sassou-Nguesso appelle
la Bad à demeurer fidèle à ses engagements

Le Groupe de la Bad (Banque africaine de développement) a tenu ses deux assemblées annuelles, notamment la 61ème assemblée annuelle de la Bad et la 52ème assemblée annuelle du Fad (Fonds africain de développement), du lundi 25 au vendredi 29 mai 2026, au Centre international de conférence de Kintélé, sous le thème principal: «Mobiliser des ressources à grande échelle, pour le financement du développement de l’Afrique, dans un monde fragmenté». Ouvrant les travaux de ces assises, le Président congolais, Denis Sassou-Nguesso, a appelé la Bad à demeurer fidèle quant à ses engagements en faveur du développement du continent.

La cérémonie d’ouverture, intervenue mardi 26 mai, a été rehaussée de la présence de deux Chefs d’Etat, le Gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema et le Centrafricain Faustin-Archange Touadéra, en dehors de celui du pays d’accueil. C’était en présence du président du Groupe de la Bad, le Mauritanien Sidi Ould Tah, Ludovic Ngatsé, ministre de l’économie, du plan, de la statistique et de la prospective et président en exercice du Conseil des gouverneurs de la Bad, l’Algérienne Selma Malika Hadadi, vice-présidente de la Commission de l’Union africaine, les membres du gouvernement congolais en tête desquels le Premier ministre Anatole Collinet Makosso, ceux du corps diplomatique, les représentants des Chefs d’Etat africains, des organisations internationales, et de nombreuses délégations officielles et des invités.
Denis Sassou-Nguesso prononçant son discours d’ouverture
Dans son discours d’ouverture axé essentiellement sur le panafricanisme, Denis Sassou-Nguesso a d’abord rendu hommage aux «valeureux combattants de la liberté et de l’émancipation de l’Afrique», en les citant nommément, dont Marien Ngouabi, «Président de la République Populaire du Congo, mon pays, assassiné le 18 mars 1977». Il a souligné son «soutien ardent aux luttes de libération en Afrique et a marqué d’une empreinte indélébile, les conquêtes des peuples sur le chemin de la liberté, de la justice et de la prospérité».
Evoquant les principaux défis économiques du continent africain, Denis Sassou-Nguesso s’est appesanti sur la modernisation des infrastructures africaines, notamment dans les domaines de l’agriculture, de l’énergie et du numérique, en demandant à la Bad à demeurer fidèle à ses engagements en faveur du développement du continent. Il a, par ailleurs, insisté sur la nécessité de soutenir l’industrialisation de l’Afrique qu’il considère comme un levier essentiel de croissance économique. «Depuis sa création, la Banque accompagne les pays africains dans leurs efforts de développement, elle soutient des projets d’infrastructures, l’accès à l’énergie, la sécurité alimentaire, l’intégration régionale, l’industrialisation, le développement du secteur privé, la gouvernance économique et l’amélioration des conditions de vie des populations», a-t-il déclaré. Pour Denis Sassou-Nguesso, la Bad «est bien plus qu’une institution financière, elle est un instrument de solidarité africaine, un partenaire stratégique des Etats et un levier important de transformation du continent».
Une vue de l’assistance pendant la cérémonie d’ouverture
Parlant de son pays, il a fait savoir que le Congo «poursuit des réformes nécessaires pour améliorer la gouvernance publique, renforcer la planification, promouvoir l’investissement privé, soutenir l’industrialisation et accélérer la diversification de l’économie… Ainsi, la République du Congo est engagée dans une réflexion stratégique de long terme, à travers la vision Congo-2063. Cette initiative traduit notre volonté d’axer le développement du Congo sur la diversification de l’économie, la modernisation des infrastructures, la promotion du secteur privé, la valorisation du capital humain», a-t-il poursuivi.
Enfin, Denis Sassou-Nguesso, qui a demandé à la Bad de mobiliser davantage l’épargne africaine, a créé l’événement, en annonçant la suppression du visa d’entrée au Congo pour les Africains. «Je saisis cette occasion solennelle pour annoncer, ce jour, qu’à partir du 1er janvier 2027, l’entrée en République du Congo ne sera plus jamais soumise au visa pour tous les peuples africains», a-t-il déclaré, provoquant un tonnerre d’applaudissement, debout et prolongé. Notre rédaction reviendra en commentaire sur cette décision qui a surpris les Congolais qui demeurent dubitatifs, alors que d’autres Africains s’en réjouissent à fond la caisse.
Les trois Chefs d’Etat et le président du Groupe de la Bad pendant le panel présidentiel animé par Denis Epoté
Dans son allocution, le président de la Bad a remercié le Président congolais pour l’accueil qui a permis au Congo d’abriter «généreusement» les travaux des assemblées annuelles de la Bad pour la deuxième fois, après celles de 1984. Sidi Ould Tah a formulé les «vœux les meilleurs pour la réussite» du nouveau mandat de Denis Sassou-Nguesso à la tête du Congo, en le remerciant «pour ses efforts inlassables en faveur de la paix en Afrique», tout en saluant «sa décision historique de supprimer les visas d’entrée pour tous les ressortissants africains désireux de venir au Congo, à partir de janvier 2027». Pour lui, il s’agit d’une «preuve additionnelle du leadership sans faille de Denis Sassou-Nguesso dans la construction d’une Afrique unique et intégrée». Soucieux du développement de son continent, Sidi Ould Tah a souligné que «l’Afrique ne peut pas se développer, en exportant ses matières premières et en achetant les produits finis».
Des diplomates à la cérémonie d’ouverture
Autres temps forts de la cérémonie d’ouverture, la décoration de six cadres de la Bad dans l’Ordre du mérite congolais et le panel des Chefs d’Etat, animé par notre consoeur, la journaliste camerounaise Denise Epothé, de la direction de Tv5 Afrique. La tenue des assemblées annuelles du Groupe de la Bad est un événement qui a drainé de grands acteurs du monde des banques à Brazzaville, avec de nombreux événements connexes, mais on peut déplorer les mauvais rapports du groupe banquier panafricain avec la presse congolaise, alors que le gouvernement du pays d’accueil affiche le désintéressement.
Hervé EKIRONO

La cérémonie d’ouverture

 

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