Musique

A Paris, tamponnage
sur scène entre musiciens congolais

De nombreux concerts, impliquant plusieurs musiciens d’origine congolaise, ont eu lieu simultanément, samedi 16 mai 2026, en divers endroits, en France. A Paris, la capitale, Tétékétch et Emilio Lacass, en duo, au site du Pan Piper, Dj Sergino au Nouveau Casino, alors qu’Ardhy Toukou et Guélord Ossiéthé se produisaient en province, à Nogent-sur-Oise. Ce foisonnement de concerts mettant en scène les artistes congolais est la résultante de l’effervescence de la musique congolaise, en particulier urbaine. Il est à mettre à l’actif de l’amélioration de l’écosystème musical parisien, incluant la montée d’une nouvelle génération de producteurs musicaux, comme Alexsoon Prod ou Tedmorgan Prod. Mais, comme toute transformation, celle-ci engendre des problèmes multiformes, méritant d’être abordés.

La musique «casus belli» ou adoucisseur de mœurs?
En principe, la musique concourt à l’adoucissement des mœurs, à la fois en tant que divertissement et vecteur d’éducation à travers les messages véhiculés par les chansons. Mais, lorsque les fans et les polémistes s’en mêlent, l’ambiance peut vite dégénérer. Il suffit, pour s’en convaincre, d’observer les réseaux sociaux, devenus le théâtre de toutes sortes de bagarres d’influenceurs, parasitant jusqu’à l’image même de la musique. Si le fanatisme, par la fan base, constitue un atout incontestable pour l’artiste, il peut aussi devenir son fossoyeur, lorsqu’il tourne au chauvinisme. Alors, une recherche de solution s’impose.
La première, la plus simple, serait d’éviter, autant que possible, la multiplicité des concerts simultanés, surtout, lorsque ceux-ci mettent «aux prises» des artistes de même genre musical, comme c’était le cas samedi dernier, entre Tétékétch et Emilio Lacass d’un côté et Dj Sergino de l’autre.
De gauche à droite, Emilio, Alexsoon Prod, Tetéketch et Cedro la loi
La seconde, plus incertaine, serait d’éduquer les fans au respect des codes de bonne conduite, via leurs têtes de pont. Par ailleurs, en évitant la coïncidence des concerts entre artistes congolais de même genre musical, cela permettrait aussi aux producteurs d’accroître leur chance de remplir les salles et aux mélomanes, d’éviter l’embarras du choix entre deux concerts auxquels ils aimeraient se rendre. Pour cela, il suffit aux producteurs de se coordonner. Opération facile à réaliser dans le milieu congolais où ils se connaissent bien. Si un concert est programmé à une date et une heure données, il ne sert pas qu’un autre producteur programme un concert du même genre au même moment.
D’un autre côté, puisque la musique ignore les frontières, les communautés étrangères devraient davantage être ciblées, pendant la promotion, pour les intéresser à nos concerts. Mais, vu de Paris, on a l’impression que le rêve d’une rumba à la conquête du monde, telle que l’avaient chanté, en leur temps, Djeff Kalle et ses contemporains, «Rumba mokili mobimba», semble s’être dissipé, aujourd’hui, dans le brouillard des hivers. L’entre-soi paraissant l’emporter, alors que la communauté congolaise est réputée casanière, peu encline à sortir pour donner de la force à leurs artistes qu’ils ne soutiennent que dans l’intimité de leur maison.
De gauche à droite, Tidiane Mario, Tetéketch et Emilio
Diversifier le public permettrait, en outre, d’élargir le rayonnement de nos artistes au-delà des milieux congolais. Sur tous ces aspects, la responsabilité du producteur est en première ligne, puisque ses retombées commerciales en dépendent. Lui revient aussi, en principe, la charge de créer en faveur du musicien, un climat de sérénité nécessaire à sa bonne forme physique et mentale, en lui épargnant, à l’approche du concert, des tracas d’intendance ou d’équipement.

L’organisation des concerts, un métier multi-dimensionnel
Pour vivre de leur métier, le producteur et le musicien doivent être professionnels sur toute la ligne. En effet, dans l’art du spectacle, la réussite réside dans le luxe du détail. Par conséquent, rien ne doit être laissé au hasard. Or, certains concerts donnent l’impression d’une improvisation, par leur banalité conceptuelle. Alors que le public attend du «waou!», certains cas extrêmes donnent même à croire que l’artiste aurait renoncé à sa vocation de faire rêver!

Tétékétch et Emilio Lacass sur scène
Sur le plan technique, on en voit également de toutes les couleurs. La technologie actuelle permet de mélanger le live et le semi-live sur une même scène. Mais, pour que le mécanisme fonctionne, il faut une bonne préparation en amont, pour bien planifier les jeux de rôle entre le Dj et l’artiste. En effet, dans ce cas, celui-ci est doublement guidé, par le retour de scène des instrumentistes et le disc-jockey. Faute d’une bonne coordination, c’est la cacophonie assurée! Pire, sans le moindre scrupule, certains concerts tournent carrément au play-back masqué, misant sur la naïveté du spectateur. Toutes ces choses-là relèvent encore de la responsabilité du producteur, garant de la qualité du spectacle. Au manager de l’artiste aussi, de veiller à l’image de marque de son poulain, lors de la signature des contrats.
Nos musiciens du week-end n’ont pas démérité
Quoiqu’il en soit, nos musiciens du week-end, Emilio Lacass, Tétékétch, Dj Sergino, Ardhy Toukou et Guélord Ossiéthé, auxquels il faut ajouter le renommé Tidiane Mario intervenu en guest-star,  n’ont pas démérité, malgré l’insuffisance d’affluence constatée, qui n’a rien à voir avec la qualité de leur prestation, mais qui est plutôt imputable, principalement, à la qualité de la promotion.
Guy Francis TSIEHELA
Chroniqueur musical. Paris France.

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