Le Congo continue de traîner, dans ses grandes communes, particulièrement Brazzaville et Pointe-Noire, la crise des ordures, en dépit des contrats vertigineux signés successivement par le gouvernement avec des sociétés privées internationales. Comme solution à cette crise, le Président de la République, Denis Sassou-Nguesso, a invité le gouvernement, lors du conseil des ministres du 31 décembre 2025, à mettre en place, en concertation avec les collectivités concernées, une contribution citoyenne au ramassage des ordures, afin que l’ensemble de la société congolaise contribue à l’amélioration de notre cadre de vie commun. En clair, il s’agit de l’institution d’une nouvelle taxe sur la collecte des ordures ménagères.

La presse congolaise a déjà signalé le fait que les contrats surfacturés de délégation de service public que les membres du gouvernement signent avec les sociétés privées constituent un goulot d’étranglement du service public. Le cas de la société Congo environnemental service Averda, filiale du Groupe marocain Averda, qui a exercé au Congo de février 2016 à novembre 2024, puis de la société turque Albayrak waste management qui n’a tenu qu’en 2025 sont emblématiques de cette gouvernance affectée par la corruption.
Ces contrats à plus de trois milliards de francs Cfa par mois ne pouvaient pas pérenniser le service public, dans un pays déjà sous le poids d’une dette publique énorme, alors que ses recettes budgétaires ne suffisent pas à financer les dépenses courantes. Voilà que la société Albayrak a fini elle aussi, en moins d’un an, par jeter l’éponge. C’était prévisible, sauf pour ceux qui ne privilégient que leurs intérêts.
La proposition du Chef de l’Etat ne pourra être efficace que si la contribution citoyenne demandée est directement versée aux opérateurs de collecte des ordures. D’ailleurs, on devrait décentraliser la collecte des ordures par arrondissement, pour promouvoir l’émulation entre arrondissement. Donner aux collectivités locales la possibilité de s’organiser avec leurs citoyens, sur la collecte des ordures. Une société faitière allait assurer le traitement des ordures, en aménageant des points de collecte et des endroits à l’écart des communes pour le traitement des ordures.
S’il faut passer encore par l’administration congolaise, on sera toujours à la case départ, à cause de la corruption. Déjà, la contribution des fonctionnaires, à raison de 2000 francs Cfa par mois, prélevée sur le salaire de chaque fonctionnaire de l’Etat, ne donne pas lieu à la tenue d’une comptabilité assurant la transparence de cette opération. Tout est nébuleux. Si on y ajoute la contribution citoyenne, ce sont les hauts-cadres du système financier qui vont s’en frotter les mains. Encore une manne financière pour eux. Pendant ce temps, le service public de collecte des ordures ne verra rien. Voilà pourquoi il est souhaitable que cette contribution soit directement versée à la société opératrice assurant la collecte des ordures. Quoiqu’il en soit, cette dynamique existe déjà dans les quartiers où chaque ménage verse entre 500 f et 1000 f par semaine, pour que ses ordures soit collectée. Voilà comment on peut régler la crise de la collecte des ordures et assurer l’assainissement urbain dans nos communes.

Urbain NZABANI

Oh bonjour
Ravi de vous retrouver.

Inscrivez-vous pour recevoir du contenu génial dans votre boîte de réception.

Nous ne spammons pas !

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici