Au cours d’un point de presse organisé, samedi 11 janvier 2025, à son siège à Moungali, le quatrième arrondissement Brazzaville, Trésor Nzila Kendet, directeur exécutif du C.a.d (Centre d’actions pour le développement) a exprimé sa préoccupation face à la persistance de l’impact des activités de conservation sur les communautés vivant dans le parc et celles qui sont autour du parc. Il l’a fait savoir pendant la présentation du rapport, un travail élaboré du 11 au 24 décembre 2024, dans le parc.
Douze ans après sa création, le Parc national Ntokou-Pikounda, créée le 28 décembre 2012, à cheval des Départements de la Cuvette et de la Sangha, ne dispose toujours pas d’un plan d’aménagement, alors que celui-ci devrait être disponible et accessible à tous, avant le démarrage des activités de conservation dans cette aire protégée d’environ 4.572 kilomètres carrés.
Le directeur exécutif de l’O.n.g de la défense des droits de l’homme s’est appuyé sur l’article 7 du décret instituant ce parc, pour indiquer que «l’ensemble des activités à mener dans le parc est précédé de l’élaboration d’un plan d’aménagement… ». Selon lui, «le gouvernement et son partenaire, W.w.f (World wide fund for nature) continuent donc d’opérer en toute illégalité au détriment des communautés locales et autochtones par les activités de ce parc».
«En l’absence d’un plan d’aménagement, les limites demeurent floues, les règles de gestion inconnues et les droits fondamentaux des communautés difficilement réalisables et menacés par l’incertitude. Cette situation combinée aux restrictions imposées par le parc, provoque des frustrations importantes au sein des communautés», a-t-il fait savoir. «Il est plus que jamais urgent d’obtenir un plan d’aménagement pour ce parc, afin de garantir la dignité et le respect des droits fondamentaux des communautés», a-t-il précisé. Car l’absence d’un plan d’aménagement est «à l’origine de pertes en vies humaines évitables» et il a cité un exemple: «Monsieur Arsène, père de famille, a perdu son fils de 13 ans, le 26 octobre 2024, dans un campement de pêche, trois jours après la dégradation de son état de santé. Le père de l’enfant a été dans l’incapacité de sortir rapidement du campement avec l’enfant, pour l’emmener dans un centre de santé. Ce drame, pourtant évitable, est survenu à cause de cette interdiction de posséder des pirogues motorisées dans les campements. Pourtant avant les activités du parc, les pêcheurs pouvaient avoir leurs propres pirogues motorisées dans les campements et se mouvoir librement en cas de nécessité. L’instauration de ce régime restrictif expose dans ces communautés à des risques graves».
Les préoccupations du C.a.d portent également sur les atteintes répétées aux droits humains, notamment les arrestations arbitraires, les mauvais traitements et les atteintes à la vie privée, commises par les écogardes. L’O.n.g demande, pour cela, au gouvernement et à son partenaire, W.w.f, «la publication avant la fin de l’année 2025, de l’étude d’impact environnemental et social et de se doter dans la même période d’un plan d’aménagement de qualité qui consacre la reconnaissance des terres et des ressources communautaires, un accès équitable aux ressources et l’instauration d’un modèle de gestion participative».
Narcisse MAVOUNGOU









