Election présidentielle

Sept prétendants pour un fauteuil:
les Congolais appelés à arbitrer

La D.g.a.e (Direction générale des affaires électorales) a bouclé, jeudi 12 février 2026, à minuit, par une petite cérémonie où une cloche a retenti, devant un huissier de justice, la période de deux semaines de dépôt de candidature décrétée par le gouvernement. Au total, sept Congolais ont déposé leurs dossiers de candidature. La prochaine étape, c’est l’examen de ces dossiers de candidature par la Cour constitutionnelle qui va officialiser les candidats devant concourir à l’élection présidentielle, scrutins des 12 et 15 mars 2026. Si tous ces candidats sont retenus, et bien, il y aura sept prétendants pour un fauteuil. Les Congolais sont appelés à arbitrer, mais on dirait que le cœur n’y est pas. Beaucoup considèrent que le match est déjà plié et pour cause.

Il y a six challengers, dont quatre de l’opposition plurielle et deux indépendants, face au Président sortant, Denis Sassou-Nguesso (83 ans), candidat de la majorité présidentielle, qui se lance pour la conquête de son troisième et dernier quinquennat, mais en réalité son cinquième mandat successif, après deux septennats depuis 2002. Ses concurrents sont le député Joseph Kignoumbi-Kia-Mboungou (74 ans), candidat du parti La chaîne. Il se présente pour la cinquième fois d’affilé, malgré ses très faibles scores: en mars 2002, il avait obtenu 2,76% des voix, soit 33.154 votants et venait en deuxième position; au scrutin du 21 mars 2021, il avait obtenu 0,62% des voix, soit 10.718 votants. Il venait en quatrième position, après feu Guy-Brice Parfait Kolélas (deuxième) et Mathias Dzon (troisième). L’autre ancien candidat, c’est le célèbre Anguios Nganguia-Engambé (64 ans), candidat du P.a.r, qui se présente pour la quatrième fois d’affilé depuis 2009, en dépit de ses scores de queue de peloton. Il y a de quoi se poser des questions sur la régularité de leurs candidatures. C’est un mystère bien à la congolaise.
Les nouveaux candidats de cette élection sont les opposants Mabio Mavoungou Zinga (70 ans), ancien député, candidat du parti Alliance, Vivien Romain Manangou (43 ans), candidat indépendant, Uphrem Dave Mafoula (44 ans), candidat indépendant, et Melaine Destin Gavet Elongo (35 ans), candidat du Mouvement républicain. Ils compétissent pour la première fois à ce niveau. Ils font partie de ces acteurs politiques ayant un verbe d’aplomb, mais pas de grandes assises politiques. Qui sait, cependant? Une élection peut comporter une dimension surprise. Tout dépend des circonstances.
Par ordre, Joseph Kignoumbi-Kia-Mboungou, Mabio Mavoungou Zinga, Anguios Nganguia-Engambé, Uphrem Dave Mafoula, Denis Sassou-Nguesso, Vivien Romain Manangou et Melaine Destin Gavet Elongo
Enfin, on peut constater, pour ce scrutin présidentiel, que les grands partis d’opposition, à savoir l’U.pa.d.s de Pascal Tsaty-Mabiala, l’U.d.h-Yuki de Joseph Badiabio et l’A.r.d de Mathias Dzon ne présentent pas de candidats et ne se sont pas aussi prononcés sur d’éventuels soutiens. En gros, ils déplorent les conditions d’organisation du vote qu’ils jugent inéquitables. L’A.r.d a même fait des propositions pour améliorer la gouvernance électorale, en appelant à reporter l’élection.
Justement, pour créer un consensus politique autour de cette élection, le gouvernement a, par le biais du Ministère de l’intérieur et de la décentralisation, convié les dirigeants des partis politiques reconnus, à une concertation qui se tient du 16 au 19 février à Djambala. Certains leaders politiques pensent que c’est trop tard, cette concertation politique n’aura pas d’impact sur l’organisation du scrutin.
En somme, Denis Sassou-Nguesso n’a pas d’adversaire de niveau à le faire douter sur sa réélection qui ne fait l’ombre d’aucun doute. Son redoutable adversaire risque d’être, sans conteste, le taux d’abstention. Les électeurs congolais montrant de plus en plus un manque d’intérêt à accomplir leur devoir civique, dans un scrutin dont l’issue est, selon eux, sans enjeu. En fait, le Président sortant est attendu sur ses capacités à apporter du renouveau à sa gouvernance, largement critiquée aujourd’hui pour son manque de performance dans la résolution des problèmes du quotidien des populations, en dépit des progrès réalisés dans certains secteurs comme les infrastructures.
Jean-Clotaire DIATOU

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