Association multisport lion d’or
Une conférence sur octobre rose pour
parler des cancers féminins
L’Association multisports lion d’or, dirigée par l’ancien député José Cyr Ebina, a organisé le samedi 24 octobre 2026, à l’Hôtel Saphir, à Brazzaville, une conférence dans le cadre de sa campagne sur «Octobre rose» qui est un mois dédié à la sensibilisation sur le cancer du sein, autour du thème «Mon corps est ma maison, j’en prends soin». Il y a eu trois communications sur les cancers féminins (sein et col de l’utérus) et sur les réflexes de prévention et de dépistage précoce au sein de la communauté. Après l’échange avec l’assistance, José Cyr Ebina, a clôturé la conférence, en saluant l’engagement des panélistes et le soutien des bénévoles.
Dans la première communication, le Dr Stéphane Moubié, médecin oncologue à l’Hôpital central des armées Pierre-Mobengo, a rappelé des vérités scientifiques cruciales. Si sept cancers sur dix sont aujourd’hui guéris dans les pays développés grâce à des diagnostics rapides, le Congo doit impérativement miser sur la prévention. L’oncologue a insisté sur l’importance de démystifier la maladie. «Le cancer n’est pas contagieux. Le sein est un organe précieux doté de trois fonctions essentielles: l’allaitement, l’esthétique et la fonction érogène. Il touche les deux sexes, même si cela reste rare chez l’homme. Il faut briser les tabous et soutenir ceux qui en souffrent», a-t-il dit.

Puis, il a détaillé une sorte de guide pratique d’autosurveillance. «Pour la prévention personnelle, je vous demande d’adopter les gestes et réflexes concrets. Prenez l’habitude, une ou deux fois par mois, d’observer et de palper vos seins, en utilisant les trois doigts du milieu de la main opposée pour examiner minutieusement l’ensemble des seins jusqu’aux aisselles. Si vous constatez la présence d’une boule ou d’une grosseur dure (même petite et indolore), un écoulement anormal au niveau des tétons, une modification de la peau comme une rougeur, ou encore des picotements, il faut immédiatement consulter un médecin, sans attendre que la situation n’évolue ou ne devienne douloureuse. De manière générale, si vous constatez toute chose anormale, allez voir un médecin. Je conseille aussi une alimentation équilibrée ainsi que l’arrêt ou la limitation maximale de la consommation de tabac et d’alcool», a-t-il expliqué.

Concernant le cancer du col de l’utérus, qui «touche les femmes de tous âges», le spécialiste a exhorté, entre autres à la «vigilance face aux saignements vaginaux hors menstruations, aux douleurs pelviennes ou lombaires persistantes». «Au moindre doute, de grâce, allez-vous faire consulter», a-t-il lancé.

Venue de Kinshasa, Corinne Kesa Mahio, conseillère chargée des questions de genre à la primature, a apporté une dimension humaine à l’événement. «Il était essentiel, pour moi, d’unir ma voix à cette noble cause. Ayant moi-même traversé la douloureuse épreuve de perdre des proches, je sais à quel point chaque combat compte», a-t-elle confié avec émotion. Elle a appelé les femmes et aussi les hommes, à «faire de la santé une priorité absolue, pour éviter que des familles entières ne soient brisées par la maladie».

Sur le plan psychologique, Nathalie Miranville, coach en développement personnel, originaire de l’Île de la Réunion et volontaire depuis un an au Congo, au sein d’une association médicale française, a ému l’assistance en insistant sur la puissance du mental et de l’harmonie avec soi-même. «Dans l’épreuve de la maladie, nous cherchons naturellement du soutien auprès des médecins et de nos proches. Lorsque les médecins s’en vont et que la famille s’éloigne, on se retrouve seul face à soi-même. C’est ce lien unique qui nous permet de garder le cap», a-t-elle expliqué. Faisant écho au thème de la conférence, elle a rappelé que «votre corps est votre véritable maison. Nous aimons, tous, nettoyer et décorer notre foyer, nous devrions en faire autant pour notre corps, car c’est le seul endroit où nous passons chaque seconde de notre vie».











