Les progrès accomplis depuis des décennies en faveur de la survie de l’enfant sont, aujourd’hui, en péril, en raison des coupes significatives annoncées ou prévues par les principaux donateurs dans le cadre du financement de l’aide internationale. Des décennies de progrès visant à réduire les décès d’enfants et les mortinaissances sont menacées, préviennent les Nations unies, selon un communiqué conjoint publié le 25 mars 2025, à Genève (Suisse), New-York et Washington D.c (Etats-Unis), par l’Unicef et l’O.m.s.
En effet, les réductions des financements mondiaux affectent directement les programmes vitaux pour les enfants, engendrant des pénuries d’agents de santé, des fermetures de services de soins, des perturbations dans le déploiement des interventions en matière de vaccination, ainsi que des ruptures de fournitures essentielles telles que les traitements antipaludiques.

Outre les graves répercussions à prévoir dans les régions aux prises avec une crise humanitaire, dans les pays endettés et dans les zones enregistrant déjà des taux élevés de mortalité infanto-juvénile, ces coupes risquent également de compromettre les efforts de surveillance et de suivi. Ce qui rendra d’autant plus difficile l’accès aux enfants les plus vulnérables, prévient le Groupe inter-organisations des Nations unies pour l’estimation de la mortalité juvénile.
Depuis 2000, le nombre de décès d’enfants a été divisé par plus de deux et le nombre de mortinaissances a baissé de plus d’un tiers sous l’effet d’investissements mondiaux durables en faveur de la survie de l’enfant. Si le monde a franchi un cap historique en 2022 en passant pour la première fois sous la barre des 5 millions de décès d’enfants par an, les progrès ont ralenti depuis lors et un trop grand nombre d’enfants meurent encore de causes évitables.
Selon deux nouveaux rapports publiés le 25 mars 2025, par le Groupe inter-organisations des Nations unies pour l’estimation de la mortalité juvénile, 4,8 millions d’enfants sont décédés avant l’âge de 5 ans en 2023, à l’échelle du globe, soit un chiffre en diminution, tandis qu’on a recensé une baisse modeste des mortinaissances, dont le nombre avoisine toujours 1,9 million.
«Des millions d’enfants sont en vie, aujourd’hui, grâce aux engagements pris à l’échelle mondiale en faveur d’interventions éprouvées telles que les vaccins, la nutrition ou l’accès à l’eau salubre et à l’assainissement», a déclaré Mme Catherine Russell, directrice générale de l’Unicef. «Si l’on peut se féliciter d’avoir atteint un niveau historiquement bas concernant les décès évitables d’enfants, sans les bonnes décisions stratégiques ni les investissements adéquats, nous risquons toutefois d’assister à l’anéantissement des résultats obtenus au prix d’efforts considérables, et ainsi de voir des millions d’enfants supplémentaires mourir de causes qui auraient pu être évitées. Nous ne pouvons permettre qu’une telle situation se produise», a-t-elle poursuivi.
«La lutte contre le paludisme, la prévention des mortinaissances ou encore la fourniture de soins fondés sur des données probantes aux bébés les plus fragiles sont autant de domaines dans lesquels nous pouvons faire une différence pour des millions de familles», a expliqué le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’Organisation mondiale de la santé. «Face à la baisse des financements mondiaux, il s’avère plus que jamais nécessaire d’intensifier la collaboration en vue de protéger et d’améliorer la santé des enfants», a-t-il ajouté.
Les membres du Groupe inter-organisations des Nations unies pour l’estimation de la mortalité juvénile appellent par conséquent les gouvernements, les donateurs et leurs partenaires dans les secteurs privé et public à protéger les acquis obtenus de haute lutte en matière de survie de l’enfant et à intensifier leurs actions.
(Tiré du communiqué conjoint UNICEF/OMS)








