Un mandat de cinq ans est court. Pourtant, cinq ans, c’est beaucoup. Dans une année exactement, le Congo va devoir tenir sa prochaine élection présidentielle. Mars 2021 – mars 2026, il y aura bien cinq ans qui se seront écoulés. Le mandat présidentiel entamé le 16 avril 2021, lorsque le Président Denis Sassou-Nguesso, réélu avec 88,40% de suffrages du scrutin du 21 mars, avait prêté serment, va vers sa fin.
Du point de vue de la vie des institutions, le mandat se déroule sans anicroche. Le pays connaît une stabilité politique permettant aux institutions de travailler normalement. Le Président réélu dispose d’une majorité parlementaire qui lui permet de gouverner sans avoir à négocier politiquement ses décisions. Il a mis en place un gouvernement de majorité, tout en se donnant le devoir, par sa propre volonté, de faire un clin d’œil à l’opposition, en y mettant deux ministres issus de ses rangs. A son entrée en fonction, le Premier ministre Anatole Collinet Makosso a présenté son programme d’actions, inspiré du projet de société du Président de la République. Depuis, il est au travail.
Sur le plan économique par contre, ce mandat s’est caractérisé par une situation difficile. Lorsqu’il a démarré en 2021, le pays subissait encore les affres de la crise covidique, aggravant l’état d’une économie peu diversifiée, reposant essentiellement sur le secteur pétrolier qui a connu une chute des prix en juin 2014, provoquant de grandes tensions financières. Mais, c’est surtout le poids des dettes qui a constitué un véritable boulet au pied du nouveau gouvernement et qui est le principal facteur de l’échec du premier programme signé avec le F.m.i en 2019, sur fond d’une situation sociale morose.
Après avoir réfléchi à d’autres scénarios pour relancer l’économie nationale, le gouvernement Makosso s’en est finalement remis au F.m.i pour un nouveau programme lancé en janvier 2022, dont la sixième et dernière revue, en mars 2025, s’est conclue de manière positive pour le Congo. Entre temps, la crise alimentaire mondiale, provoquée par la guerre entre la Russie et l’Ukraine à partir de février 2022, a constitué un nouveau défi auquel le gouvernement a dû faire face, en mettant en œuvre un programme de résilience qui a duré près de deux ans et demi. Mais, les défis sont toujours là: la réduction de la dette; la mise en œuvre des réformes; la diversification de l’économie nationale; la lutte contre les anti-valeurs et surtout la relance économique. Les recommandations du F.m.i vont dans ce sens, pour soulager une situation sociale qui demeure toujours morose.
Finalement, tout donne à penser que ce mandat aura surtout servi à réaliser le programme économique et financier du F.m.i, même si, pour la majeure partie des Congolais, les retombées socio-économiques sont mitigées, en raison du poids des dettes et d’une trésorerie nationale perpétuellement en déficit. Ce qui fait que l’Etat n’arrive toujours pas à faire face à ses charges sociales. Les secteurs sociaux, comme ceux de l’éducation et de la santé, sont souvent secoués par des mouvements de revendication salariale.
Les promesses exprimées à travers le projet de société et le programme d’actions du gouvernement semblent être condamnées à l’attente, par le contexte économique difficile que le pays connaît. Quant à l’exécution du P.n.d (Plan national de développement), elle est beaucoup plus théorique. De nombreux chantiers sont restés inachevés comme ceux des hôpitaux généraux et de nombreuses routes. L’agriculture nationale n’a toujours pas encore réussi à renverser la courbe très haute de nos importations alimentaires annuelles. A force de faire attendre, on va déjà vers la fin du mandat. «Time is money», disent les anglo-saxons. Les réformes prennent trop de temps.

L’HORIZON AFRICAIN

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