Musique
Dj Rox Hikartashi
pulvérise le Nouveau Casino de Paris
Le musicien Dj Rox Hikartashi, le roi du coupé-décalé congolais, l’un des compositeurs du célèbre titre «Madoda», a écrit, certainement, le samedi 7 mars 2026, la plus belle page de son histoire musicale, dans la mythique salle du Nouveau Casino de Paris, en France, devant un parterre de près de quatre cents mélomanes. Produit dans les règles de l’art par Alexsoon Production, son concert, par ses enjeux artistiques et stratégiques, marque un tournant dans la carrière de cet artiste qui n’a cessé d’illuminer de son talent, la scène musicale congolaise, depuis le début de la décennie 2010.
Nouveau Casino de Paris, il est 19h30! Les planètes semblent alignées pour la réussite: temps agréable; salle remplie à ras bord; public jeune; ambiance bon enfant… Pour Dj Rox Hikartashi, tout se passe comme si Tchikambissi, la sirène-mère de l’Océan Atlantique, au large de sa lointaine ville de Pointe-Noire, s’était levée pour veiller sur lui. Et pour le maître de cérémonie, Ange Gabriel, habillé en tenue d’apparat pour la circonstance, c’est du pain béni, pour lancer les hostilités en toute assurance.

Les rideaux se lèvent aux rythmes des jeunes talents, promis à la découverte. En effet, les festivités de ce genre sont, pour les jeunes pousses, l’occasion de s’exposer à l’univers du show biz, en vue de se faire détecter. A tour de rôle, vont monter sur scène, les musiciens Madz, Six, R10, Groupe de 4, M. Sombre, K.d, puis en bouquet final, Keys Roxsane, la seule artiste féminine de la catégorie. Tout un symbole, en cette veille de journée des droits de la femme.
D’ailleurs, c’est elle qui a l’honneur d’assurer la transition avec l’acteur principal, le majestueux Dj Rox Hikartashi, qui monte sur les planches à 21h pétantes, au rythme d’une chanson traditionnelle en langue punu, drapeau de son pays à la main. Il est accompagné d’un magnifique ballet, dont la puissance chorégraphique laisse le public sans voix.
L’ambiance est à son comble et cela se voit. Entre l’artiste et le public, le courant passe, les émotions aussi. A cet instant, semble remonter en surface, toute la profondeur de l’histoire que cet artiste a écrite de longue date avec cette jeunesse, quand il sillonnait le Congo entier, tel pour ensemencer l’avenir. Ce sont les fruits de cet avenir, entretemps devenu présent, qu’il cueille maintenant. Alors que le mercure continue de monter, les téléphones sortent de leur tanière, dans une surenchère indescriptible, pour immortaliser le moment. A vue d’œil, les organisateurs jubilent: Lovaa; Thierry; Diouf Makoma; Mabio’s; le producteur Alexsoon, bien sûr.

De là où je me trouve, j’entends monter la grogne de certains fans, protestant contre l’impossibilité de faire les directs sur les réseaux sociaux, les ondes téléphoniques étant brouillées ici, pour d’évidentes raisons commerciales. Pendant ce temps, le général Ziguy Zaga, l’autre sobriquet de Dj Rox, continue de dérouler son spectacle. Surmonté d’une couronne dorée, en seconde partie de soirée, symbole de son statut revendiqué de roi du coupé-décalé, il accueille sur scène, ses amis artistes, venus lui «donner de la force», en cette heureuse circonstance.
C’est Varan de Komodo, musicien de la rumba, catégorie considérée comme la «mama» du coupé-décalé, qui a ouvert le bal des artistes en lever de rideau. Suivront Sam Samouraï, Anti-Virus, Cedro la loi et Zapparo de guerre, quatre grosses cylindrées musicales, qui n’ont pu, malheureusement, s’exprimer à leur aise, faute de temps.

Aussi longtemps qu’on reconnaîtra l’arbre à ses fruits, Dj Rox Hikartashi sort de ce concert renforcé, avec des galons supplémentaires aux épaules. Au lieu du général Ziguy Zaga, peut-être prétendra-t-il désormais au titre de maréchal? Une chose est sûre, ce succès lui ouvre de nouvelles perspectives de carrière. A lui de savoir en profiter!
Guy Francis TSIEHELA
(Chroniqueur musical, Paris France).
Le concert de Dj Rox Hikartashi au Nouveau Casino de Paris










