La communauté internationale a célébré, jeudi 2 avril 2026, la Journée mondiale de sensibilisation à l’autisme, sous le thème: «Autisme et humanité: chaque vie a de la valeur». A Brazzaville, l’événement n’est pas passé inaperçu à l’Ecole spéciale Case Dominique, implantée au n°10 de la Rue Mbochis, à Poto-Poto, à l’initiative de l’Association des Petites Sœurs dominicaines au Congo, sous tutelle de la Commission épiscopale de l’éducation catholique, et relevant du Ministère de l’enseignement primaire, secondaire et de l’alphabétisation.
La vocation de l’Ecole spéciale Case Dominique est d’accueillir des enfants et des jeunes en difficulté scolaire, des jeunes inadaptés sociaux, exclus du système scolaire formel et/ou déficients intellectuels dont des enfants autistes. Ouverte en octobre 1999, suite à «l’Action Thalitakoum», un appel de l’Église catholique au sujet d’enfants déscolarisés et traumatisés à la suite des conflits armés que le pays a connus, elle s’est orientée vers les enfants souffrant d’autisme et de trisomie, pour tenter de changer la donne, par l’éducation et la sensibilisation des populations. S’inspirant du modèle de l’Ecole spéciale fondée en 1975 par Sr Marguerite Tiberghin, de la Congrégation des filles de la charité de Saint Vincent de Paul, l’Ecole spéciale Case Dominique a un effectif atteignant 360 élèves l’année.

En 2021, l’Association des Petites Sœurs dominicaines au Congo a lancé un projet-pilote dans le pays, l’Îlot de Boboto, une école spéciale dédiée à l’autisme et aux handicaps, située dans un cadre écoresponsable, pour proposer un enseignement gratuit et une formation professionnelle (agriculture, élevage, artisanat) à 150 enfants.
Instituée par les Nations unies depuis 2007, la Journée mondiale de sensibilisation à l’autisme s’efforce de promouvoir la pleine réalisation des droits de l’homme et des libertés fondamentales pour les personnes autistes, en garantissant leur participation à la société sur un pied d’égalité. C’est donc une opportunité pour les institutions comme l’Ecole spéciale Case Dominique, de mettre l’accent sur la sensibilisation.
En rendant l’autisme plus visible dans toute sa diversité, «nous contribuons, ensemble, à bâtir une société plus inclusive où chacun et chacune peut trouver sa place. L’inclusion des personnes autistes est une condition indispensable pour leur permettre un parcours de vie équitable et épanouissant», pense Dieu-Merci Nakavoua, directeur de l’Ecole spéciale Case Dominique, placée sous l’autorité de Sr Ida Pélagie Louvouandou, de la Congrégation des petites sœurs dominicaines.
Comme d’autres mois, à l’instar d’octobre qui est dédié à la sensibilisation sur les cancers de la femme, le mois d’avril est consacré à la sensibilisation à l’autisme. C’est un moment privilégié pour informer, écouter et mettre en lumière les réalités vécues par les personnes autistes et leurs proches. Pour plusieurs familles, cette journée représente à la fois un espoir d’inclusion, un besoin de reconnaissance et un appel à plus de compréhension. L’autisme est un trouble envahissant du comportement, qui n’est malheureusement pas bien connu dans la société et dans les familles. Les enfants vivant avec ce handicap sont souvent incompris et exclus par leurs familles, dans les quartiers et à l’école, parce qu’ils ne peuvent pas avancer comme les autres.
La sensibilisation, ce n’est pas seulement transmettre de l’information. C’est remplacer un regard inquiet par un regard bienveillant. C’est permettre à une personne autiste d’être vue pour ce qu’elle est, et non pour les idées reçues. Quand la société comprend mieux, elle s’adapte mieux. L’autisme requiert l’attention du gouvernement, à travers le Ministère en charge de la santé, et des personnes de bonne volonté, pour lutter contre la marginalisation dont sont victimes les enfants qui en souffrent. Selon les données récentes de l’Onu, le nombre de personnes concernées par l’autisme dans le monde est estimé à 67 millions. La question de la sensibilisation s’avère donc importante. Sensibiliser, faut-il le rappeler, c’est poser des gestes concrets: s’informer; adapter nos environnements; faire preuve d’ouverture et de bienveillance, etc.
Urbain NZABANI









