Tribune
Comment l’Etat congolais peut tirer profit
des cadres de santé de la diaspora
Les cadres de santé de la diaspora congolaise peuvent apporter leurs contributions multiformes au développement du domaine de la santé au Congo. Il suffit pour cela de créer des mécanismes concrets, flexibles et crédibles, pour mobiliser, professeurs, médecins, pharmaciens, infirmiers, enseignants-chercheurs, gestionnaires de santé congolais vivant à l’étranger. En voici dix pistes de réflexion pouvant permettre de concrétiser l’apport des cadres congolais de santé évoluant à l’étranger.

1- Mobiliser la diaspora sans exiger un retour définitif au pays.
Beaucoup de professionnels congolais de santé installés en France, au Canada, en Belgique, aux Etats-Unis et dans bien d’autres pays ne souhaitent pas rentrer définitivement au Congo. Mais, ils peuvent contribuer à: des missions médicales courtes; des téléconsultations spécialisées; la formation à distance des internes et infirmiers; la participation à des jurys universitaires; des mentorats de jeunes médecins congolais, etc. Les télécommunications numériques permettent, aujourd’hui, une «diaspora circulaire», sans expatriation permanente.
2- Créer un registre national des compétences de la diaspora.
Le pays gagnerait à établir une base volontaire de données des professionnels congolais de santé à l’étranger: spécialité; pays d’exercice; disponibilité; domaines d’intérêt; capacité d’investissement ou de formation. Cela éviterait que les compétences restent invisibles ou dispersées.
3- Développer des partenariats hôpitaux-diaspora.
Les grands centres hospitaliers de Brazzaville, Pointe-Noire et de bien d’autres villes du pays pourraient signer des conventions avec: des associations de médecins congolais à l’étranger; des universités; des hôpitaux européens ou nord-américains, etc. Objectifs: stages; transferts de compétences; dons d’équipements; programmes de spécialisation; recherche clinique;
4- Valoriser les spécialités rares.
Le Congo manque souvent de spécialistes: gériatres; oncologues; anesthésiste réanimateurs; radiologues; psychiatres; biologistes médicaux. La diaspora peut intervenir comme: consultants nationaux; enseignants temporaires; chefs de projets; superviseurs techniques. Même quelques semaines par an peuvent avoir un impact majeur.
5- Faciliter le retour temporaire.
Souvent; les obstacles sont administratifs: reconnaissance des diplômes; lenteur des autorisations; fiscalité; absence de statut clair. Le gouvernement pourrait créer: un «visa compétence diaspora»; des contrats courts attractifs; des exonérations temporaires sur le matériel médical importé; un guichet unique pour les professionnels revenant exercer.
6- Impliquer la diaspora dans la santé publique.
La contribution ne doit pas se limiter aux soins hospitaliers. La diaspora peut aider sur: la vaccination; la santé maternelle; l’épidémiologie; les systèmes d’information sanitaire; la gestion hospitalière; la politique pharmaceutique. Les professionnels formés à l’étranger ont souvent une expérience utile ben organisation des systèmes de santé.
7- Encourager l’investissement privé en santé.
Certains membres de la diaspora peuvent investir dans: les cliniques; les laboratoires; les centres de dialyse; la télémédecine; la télé-expertise médicale; la fabrication ou la distribution pharmaceutique. L’Etat peut soutenir cela via: des garanties; des allègements fiscaux; des partenariats public-privé.
8- Eviter la politisation.
La mobilisation de la diaspora fonctionne mieux lorsque: les recrutements sont transparents; les nominations reposent sur la compétence; les professionnels sont protégés des rivalités politiques. Beaucoup d’experts refusent de contribuer, lorsqu’ils craignent le clientélisme ou l’instabilité institutionnelle.
9- Créer un programme national structuré.
Le plus efficace serait de mettre en place un programme officiel de type: «Diaspora santé Congo 2030», avec des objectifs mesurables; un budget conséquent; une coordination ministérielle; des partenariats internationaux; des indicateurs d’impact définis. Sans structure permanente, les initiatives restent ponctuelles.
10- Miser sur la formation locale.
L’objectif final ne doit pas seulement être de «faire revenir» la diaspora, mais de: renforcer les facultés de médecine; améliorer les écoles d’infirmières; développer la recherche locale; créer des conditions de travail attractives. La diaspora peut servir de levier pour bâtir un système plus autonome.
Conclusion
Notre pays, le Congo-Brazzaville, peut tirer profit des compétences de plus en plus pointues des cadres de santé de sa diaspora, comme: outil de formation; moteur d’innovation; réseau international; partenaire d’investissement, etc. Le succès dépend surtout de la confiance, de l’organisation et de la stabilité des institutions.









