L’accident de Moungoundou-Sud, résultant du conflit entre les humains et les espèces animales protégées est loin d’être le premier du genre dans le Niari. En juillet 2025, un orpailleur avait succombé à une attaque d’éléphant dans le District voisin de Moungoundou-Nord. En décembre 2025, dans le District de Zanaga, (Département voisin de la Lékoumou), un homme a perdu deux de ses fils, tués par le géant mammifère de la forêt équatoriale. Dans le District de Kabo (Département de la Sangha), un chasseur avait été tué par un éléphant.
Ces cas, qui sont loin d’être exhaustifs, étant donné qu’il y a des cas non encore documentés, montrent à quel point les communautés rurales entretiennent de bien difficiles rapports avec les éléphants. Des experts expliquent la situation par une surpopulation d’éléphants, du fait de la rigueur des politiques de protection de cette espèce intégralement protégée, comme la loi n°37-2008 du 28 novembre 2008 sur la faune et les aires protégées et l’arrêté n°6075 du 9 avril 2011 déterminant les espèces animales intégralement et partiellement protégées en République du Congo.
Dans le cadre de la deuxième phase du Projet forêt, gouvernance, marchés et climat, la R.p.d.h, à travers son outil Cajac (Centre d’assistance juridique et d’action citoyenne), sensibilise et forme les communautés rurales au signalement des dégâts d’éléphants. «De janvier à mars 2026, plus d’une centaine de fiches de signalement nous ont été transmises par des villages des Départements du Kouilou, du Niari et de la Lékoumou», révèle Fabrice Sévérin Kimpoutou, assistant à la recherche au sein de la R.p.d.h. «En documentant ces cas, l’objectif est de collecter des éléments à même de nous aider à renforcer notre plaidoyer à l’endroit des parties prenantes, notamment les institutions de la République, pour que des politiques consensuelles soient mises en œuvre, pour une résolution durable et définitive de cette question. Et pourquoi pas accompagner les victimes ou ayants droit dans leurs démarches juridiques et administratives? Les portes de la R.p.d.h sont ouvertes», rassure Christian Mounzéo.
John NDINGA NGOMA









