Congo – Banque mondiale
Pour des infrastructures numériques vertes et résilientes au Congo
La Banque mondiale a organisé, mardi 5 mai 2026, à l’Hôtel Hilton les Tours jumelles de Brazzaville, en collaboration avec l’A.r.p.c.e (Agence de régulation des postes et des communications électroniques), un atelier sur les infrastructures numériques vertes et résilientes au Congo. L’ouverture de cet atelier était présidée par Frédéric Nzé, ministre des postes, des télécommunications et de l’économie numérique, en présence de Heriniaina Mikaela Andrianasy, spécialiste principal en numérique à la Banque mondiale, et Maximin Fiacre Mbou, de la Composante P.a.t.n (Projet d’accélération de la transition numérique).
L’atelier a réuni les acteurs publics et privés de l’écosystème numérique congolais ainsi que ceux du secteur de l’énergie, de l’environnement et de l’aménagement du territoire, pour recueillir leurs avis sur les premières conclusions concernant l’identification et la cartographie des infrastructures numériques existants (réseaux de fibres, tours de communication, centres de données, etc) et faire des recommandations, afin d’améliorer la résilience de ces infrastructures numériques face aux risques climatiques et aux catastrophes naturelles.

Selon la Banque mondiale, «le Congo présente un profil de vulnérabilité climatique particulièrement préoccupant. Le pays est classé 166ème sur 182 selon l’indice Gain de Notre-Dame, qui mesure la capacité d’un pays à s’adapter aux chocs climatiques. Le Congo est classé parmi les pays vulnérables ayant des risques climatiques et une capacité d’adaptation limitée. Bien que ne contribuant qu’à 0,06% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, le pays en subit les conséquences majeures: hausse des températures; irrégularité des précipitations; inondations et glissements de terrain récurrents».

Dans ces conditions, garantir le fonctionnement permanent des infrastructures numériques est une gageure. D’où l’assistance technique de la Banque mondiale, prévue sur une durée de six mois, pour permettre au Congo d’améliorer la résilience de ses infrastructures numériques. Une vingtaine de cadre venus de différentes structures ont pris part à l’atelier. Au cœur des échanges: la nécessité d’adapter les infrastructures numériques, aux effets croissants du changement climatique. «Cette assistance technique est une étape importante, pour mieux comprendre l’exposition de nos infrastructures numériques aux risques climatiques et orienter nos investissements», a indiqué le ministre Frédéric Nzé.
L’atelier a permis de présenter les premiers résultats d’une cartographie nationale des infrastructures numériques et de leur exposition aux risques environnementaux. Il s’est déroulé autour de plusieurs axes: diagnostics et cartographie des risques; élaboration de cadres stratégiques et renforcement des capacités; énergies renouvelables au service de la connectivité; opportunités pour le numérique vert au Congo.

Au-delà des diagnostics, les travaux ont mis en évidence plusieurs enseignements majeurs. D’abord, la faisabilité d’un numérique vert et résilient. Les participants ont estimé que le Congo dispose des conditions nécessaires pour développer une infrastructure numérique à la fois verte et résiliente, grâce à des solutions déjà disponibles, notamment l’efficacité énergétique, le recours aux énergies renouvelables, la conception adaptée au climat ou encore la gestion des déchets électroniques. Le numérique vert apparaît ainsi comme une ambition réaliste et un levier de développement.
À travers des exercices pratiques, les participants ont mieux appréhendé les contraintes techniques, institutionnelles et financières liées à la mise en œuvre de ces solutions. Cette approche a permis de dépasser le cadre théorique, pour favoriser une planification concrète et réaliste des actions à entreprendre. La collaboration entre acteurs a été identifiée comme une condition indispensable à la réussite de cette transition. Les échanges ont souligné la nécessité d’une coordination étroite entre pouvoirs publics, secteur privé, régulateurs et partenaires techniques.
Céleste Exaucé SINDOUSSOULOU
Reportage









