Commentaire

Y aura-t-il des suites judiciaires dans
la présumée affaire de violences conjugales?

Depuis bientôt une semaine, une affaire de présumées violences conjugales impliquant un membre du gouvernement agite les réseaux sociaux congolais. Et bien, cette affaire est maintenant officialisée par un «communiqué du gouvernement de la République», publié le mercredi 13 mai 2026 et signé de Thierry Lézin Moungalla, ministre de la communication et des médias, porte-parole du gouvernement (à droite sur la photo). Il s’agit de la réaction du gouvernement qui demande au ministre de la justice, «de saisir les autorités judiciaires compétentes», sur cette affaire, même si la présumée victime de ces violences n’a pas encore portée plainte. Mais, grande surprise, aucun mot sur le présumé auteur de ces violences, qui est un membre du gouvernement.

Depuis le 7 mai dernier, c’est une affaire qui alimente les réseaux sociaux congolais où les influenceurs, particulièrement ceux de la diaspora, s’en font les gorges chaudes. Difficile de faire la part des choses, pour les médias classiques soucieux de la crédibilité des sources d’information, entre les faits objectifs, la désinformation, la manipulation, la surenchère, etc. Surtout qu’il s’agit de la vie privée d’une personnalité publique.
Puis, il y a eu une réaction, attribuée à un membre du gouvernement, en l’occurrence la ministre chargée de la promotion de la femme, Mme Inès Nefer Ingani Voumbo Yalo (à gauche sur la photo), sans que l’authenticité de cette réaction ne soit prouvée, puisque ce texte, publié dans les réseaux sociaux, n’est pas signé. «Depuis plusieurs heures, des images particulièrement choquantes circulent sur les réseaux sociaux, montrant une femme victime de violences graves, présentée comme l’épouse d’un membre du gouvernement», dit cette réaction attribuée à la ministre chargée de la promotion de la femme, mère de la Loi Mouébara, destinée à lutter contre les violences faites aux femmes.
Le gouvernement face à ses responsabilités, dans une affaire de mœurs
Après, il y a eu des démentis. Des proches du ministre Jean-Marc Thystère-Tchicaya (en bas sur la photo) s’en sont pris aux internautes qui relaient cette histoire. «Rien ne saurait justifier les campagnes de désinformation et de manipulation visant à ternir l’image» du «ministre Jean-Marc Thystère Tchicaya, une personnalité publique et un acteur politique majeur de notre pays». De même, la présumée victime, à savoir Mme Sonia Joséphine Jacquet, s’est fondue d’un démenti, à la surprise générale, devant l’ampleur qu’a prise l’histoire qu’elle a elle-même jetée sur la place publique.
Dans un message posté sur son compte Instagram, elle tente de sauver les meubles. «Depuis plusieurs jours, de nombreuses informations circulent à mon sujet ainsi qu’au sujet de mon époux, souvent accompagnés d’interprétations qui ne reflètent pas pleinement la réalité de ce que nous vivons. Il y a quelques jours, dans un moment de grande émotion, j’ai partagé une publication personnelle qui a été relayée bien au-delà de ce que j’imaginais», écrit-elle. Et de plaider la cause de sa famille devant l’opinion: «Aujourd’hui, mon seul souhait est de protéger mes enfants, ma famille et les personnes que j’aime et de demander à chacun de respecter notre intimité». Mais, trop tard. Maintenant, c’est la loi qui se charge de l’affaire, ainsi que le veut le gouvernement.
La pauvre, elle était loin de s’imaginer les suites que pouvaient avoir ses révélations. Sauf si le gouvernement opte pour une politique judiciaire de deux poids deux mesures. Car, en ce qui concerne la Loi Mouébara, il y a déjà une haute personnalité qui a eu à payer de son honneur à servir le pays, des faits qui lui ont été reprochés et pour lesquels il a été condamné. Va-t-on maintenant fermer les yeux, puisqu’il s’agit d’un membre du gouvernement? En tout cas, l’exécutif, anticipant probablement la réaction du parlement, sur cette histoire de mœurs, ne se le fait pas dire: «Le gouvernement rappelle à tous que Son Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat, a prêté serment, en s’engageant à appliquer le pacte social, à assurer le respect de la dignité humaine et la protection des droits des femmes et des personnes vulnérables».
Or, les faits déplorés, notamment la maltraitance au foyer, sur la base du témoignage publié par l’épouse elle-même, illustré d’une photo où elle apparaît avec une blessure au front, manifestant l’idée d’une femme battue, ont provoqué une grande indignation au sein de l’opinion. Même si la femme s’est rétractée, au regard des intérêts en jeu, comment la loi va-t-elle rester muette à ce sujet? «Concernant la blessure que j’ai partagée, elle est survenue à la suite d’une dispute et d’une altercation entre mon époux et moi, face à certains différends», se justifie-t-elle aujourd’hui, comme pour relativiser les faits. Ce qui est clair, c’est qu’il y a violence. Pour le reste, c’est toute l’alchimie des gros et petits poissons. Jusqu’où ira l’action du gouvernement en justice. Attendons de voir!
Jean-Claude DIATOU

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