Église kimbanguiste

La frange «Bana 26 égalent 1» appelle
à laver le linge sale en famille

Après plus de vingt ans de divergences intestines que traverse l’Eglise Kimbanguiste, la frange «Bana 26 égalent 1» appelle à laver le linge sale en famille, pour retrouver l’unité au sein de «l’Église de Jésus-Christ sur la terre par son envoyé spécial Simon Kimbangu». L’appel a été lancé au cours d’une conférence de presse, donnée samedi 13 juin 2026, à la Paroisse centrale de Nganga-Lingolo, en banlieue Sud de la capitale congolaise, au siège brazzavillois de Papa Joseph Diangienda Kuntima, chef spirituel de l’Église kimbanguiste du 24 décembre 1959 à sa mort le 8 juillet 1992.

Trois pasteurs étaient face à la presse, notamment le Dr Kévin Damas Ngampio, ancien membre de l’administration mondiale de l’Église Kimbanguiste, Antoine Kassambe, coordonnateur national de l’Église Kimbanguiste «Bana 26», ainsi que Gabriel Patrick Ndion, secrétaire national permanent de cette même frange en France.
Placée sous le thème, «Paix, unité et réconciliation pour une église kimbanguiste forte et réunifiée», la conférence de presse, qui s’est déroulée en plein air, en présence des responsables et de nombreux chrétiens de cette mouvance kimbanguiste, a démarré par la prière et les chants liturgiques. L’initiative de cette rencontre avec la presse est d’«éclairer l’opinion nationale et internationale» sur la crise qui affecte, depuis plus de vingt ans, le grand mouvement religieux prophétique chrétien fondé le 6 avril 1921,  en  RD Congo et qui s’est répandue au-delà. Une crise dont les répercussions touchent l’ensemble de la communauté kimbanguiste, à travers le monde.
Les trois pasteures pendant la conférence de presse
Face à la presse, les conférenciers ont donné leur version des faits. Selon eux, le conflit qui déchire les héritiers de Simon Kimbangu remonte à la disparition, en août 2001, du chef spirituel Salomon Dialungana Kiangani, dernier des trois fils directs du prophète, après Charles Kisolokele Lukelo (1914–1992) et Joseph Diangienda Kuntima (1918–1992). Les vingt-six petits-fils directs de Simon Kimbangu avaient conclu un accord de gestion collégiale de l’Eglise. Ils avaient alors désigné Simon Kimbangu Kiangani comme chef spirituel et représentant légal, assisté, comme adjoints, des vingt-cinq autres petits-fils issus des différentes branches de la descendance du prophète. Mais, une année après, une assemblée générale extraordinaire tenue à Nkamba, appelé aussi «Nouvelle Jérusalem», le siège spirituel et universel de l’Eglise Kimbanguiste,  dans la Province du Kongo central, en RD Congo, a pris des résolutions qui ont profondément modifié l’équilibre de la direction de l’Eglise, provoquant les divisions actuelles. En effet, l’exclusion de certaines lignées familiales a créé une fracture durable entre les descendants du prophète.

Les «Bana 26» estiment que l’Eglise Kimbanguiste, œuvre de paix et d’harmonie sociale, doit aller au-delà des divergences et transcender les querelles entre frères placés tous sous la même autorité spirituelle incarnée par Papa Simon Kimbangu Kiangani. Ils se sont adressés particulièrement à la frange dite «3 égalent 1», siégeant au Plateau des 15 ans et dirigé par l’expert-comptable Brice Voltaire Etou-Obami. Cette frange s’est illustrée par des poursuites juridiques à leur encontre, pour tenter de leur interdire d’utiliser les symboles visuels de l’Eglise Kimbanguiste.

Vue de la conférence de presse
Ces procédures judiciaires menées par leurs propres frères sont, selon eux, inopportunes et s’écartent des valeurs de paix, de pardon, de concorde, de dialogue et de tolérance portée par leur église. Pour eux, la réunification ne peut pas s’obtenir par les contraintes administratives ni judiciaires. Il faut le pardon et la réconciliation. Le linge sale doit être lavé en famille, loin des tumultes et dans l’esprit de ce qui les unit, ont-ils soutenu. Plusieurs séquences vidéo ont été projetées pendant la conférence de presse, sur des témoignages concernant la nécessité de retrouver l’unité de l’Eglise. «Nous ne voulons pas créer une nouvelle Église», a-t-on répété dans les témoignages. Tout le monde est conscient que «le kimbanguisme ne peut survivre dans la division». La frange «Bana 26 égalent 1» défend une vision collégiale de la direction de l’Eglise, sous l’autorité Papa Simon Kimbangu Kiangani, chef spirituel et représentant légal de l’Eglise Kimbanguiste depuis 2001.

Le frange «Bana 26» invite, par ailleurs, l’ensemble de la communauté kimbanguiste et principalement leurs protagonistes à observer les valeurs de dialogue, à prôner la réconciliation et à mettre l’Eglise Kimbanguiste au-dessus de toute considération personnelle. Aussi, sollicitent-ils l’apport des pouvoirs publics, notamment du Président de la République, pour accompagner le processus de réconciliation et de pacification de l’Eglise Kimbanguiste, en vue de sa réunification. Les conférenciers ont enfin déploré l’absence de certains médias pourtant invités à couvrir la conférence de presse mais qui ne se sont pas présentés. Et comme à l’ouverture, celle-ci s’est terminée par la prière et les chants liturgiques.

Urbain NZABANI

Conférence de presse par «Le Républicain CG Média»

Oh bonjour
Ravi de vous retrouver.

Inscrivez-vous pour recevoir du contenu génial dans votre boîte de réception.

Nous ne spammons pas !

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici