Industrialisation
Enfin, la Zone industrielle et commerciale
de Maloukou connectée à l’électricité!
Projet gouvernemental réalisé en partenariat avec une société privée brésilienne, qui a depuis, disparu, la Zone industrielle et commerciale de Maloukou-Tréchot, située à environ 70 km au Nord-Ouest de Brazzaville, sur les berges du Fleuve Congo, dans le District d’Igné (Département du Djoué-Léfini) est, enfin, connectée au réseau électrique national. L’événement a fait l’objet d’une inauguration officielle, mardi 11 août 2026, sous le très haut-patronage du Chef de l’Etat, Denis Sassou-Nguesso, lors d’une cérémonie ayant réuni le gouvernement dont le Premier ministre Anatole Collinet Makosso, les officiels de la République et les autorités locales.
C’est une longue histoire que celle de la construction de la Zone industrielle et commerciale de Maloukou-Tréchot, dont la première pierre fut posée par le Président de la République, Denis Sassou-Nguesso, le 7 juillet 2012, pour accueillir 16 usines de fabrication de matériaux de construction (Tuyaux P.v.c, récipients de rotomoulage, fers à béton, carrelage, briques, tuiles galvanisées, dalles en béton préfabriqués, emballage de peinture et de mortier, câbles électriques, peinture, vernis, etc), une centrale frigorifique, quatre magasins généraux servant à l’écoulement de la production ainsi qu’une unité de montage de tracteurs agricoles, sur un site d’une superficie totale de 557.127 mètres-carrés.

Les premières usines sont opérationnelles depuis 2015, en se débrouillant avec des groupes électrogènes. Le site étant confronté aux problèmes d’accès à l’énergie électrique, à l’eau courante et au système d’évacuation des eaux. Le gouvernement avait construit la Zone industrielle et commerciale de Maloukou-Tréchot en partenariat avec la société brésilienne, Asperbras Congo Sarlu, devenue Austral construction. Le 12 avril 2022, lors de la visite d’État du Président rwandais, Paul Kagame, au Congo, il a confié, par la signature d’un accord, la concession de cette zone au Fonds d’investissement rwandais, Crystal ventures, qui a créé une filiale, Macefield ventures Congo, pour la gérer.
Depuis, Mme Yvonne Mubiligi, directrice générale de Macefield ventures Congo, avait fait de la connexion à l’électricité, à la fibre optique, de la construction de la voie d’accès et de l’installation du système d’eau courante et d’évacuation des eaux, la priorité de son action auprès des autorités congolaises. Pour ce qui est de l’électricité, les travaux ont été réalisés par la société Smec (China machinery engeneering corporate). Ils ont consisté à construire un poste de transformation électrique T.h.t (Très haute tension) de 220/33/22 Kv et une ligne 220 kilovolts de 14 kilomètres, entre Djiri et Maloukou, pour un coût global de plus 16 milliards 572 millions de francs Cfa, financé sur fonds propres de l’Etat.
Dans son mot de bienvenue, le préfet Léonidas Carel Mottom Mamoni s’est dit satisfait du nouveau geste qui intervient dans son département, quelques jours après le lancement de la deuxième édition de la Grande foire agricole du Congo. «La présence répétée du Président de la République» dans leur département «traduit une conviction forte, Djoué-Léfini est pleinement engagé dans la marche du Congo vers son développement. A Bambou-Mingali, nous avons parlé de la terre, aujourd’hui, à Maloukou, nous nous apprêtons à accueillir la lumière, l’énergie, car la terre produit mais l’énergie transforme. La terre donne la matière première mais l’industrie lui donne de la valeur», a-t-il déclaré.

De son côté, Oscar Otoka, délégué général aux grands travaux, a présenté les caractéristiques techniques du poste de transformation électrique de Maloukou, maillon essentiel de la localité. Il a précisé que «le rôle de l’industrialisation est clairement entériné dans le plan d’action gouvernementale. Car, il sied de le souligner qu’aucun pays, ni aucune Nation au monde n’a atteint la prospérité et une vie socioéconomique décente pour ses citoyens, sans le développement du secteur industriel». Au passage, l’électricité bénéficie aussi au village de Manzélé où la zone est construite.
«En perspective, cette zone économique spéciale connaîtra un développement tous azimuts, avec la construction d’autres unités industrielles et d’une cité ouvrière. D’où la nécessité de préservation de son périmètre. Excellence Monsieur le Président de la République, en allumant aujourd’hui la flamme de Maloukou, vous ne concrétisez pas seulement une promesse de l’énergie, mais surtout celle de bâtir le cœur économique de notre Nation. Puisse l’ensemble de ces infrastructures consolider les acquis de l’accélération de la marche vers le développement ancré dans la durabilité pour le peuple congolais et résolument tourné vers l’intégration communautaire et africaine», a dit le délégué général Oscar Otoka.

«Ce que nous marquons aujourd’hui, ici à Igné, c’est la mise en mouvement d’un outil de production. C’est le passage de l’infrastructure à l’activité, de l’investissement à la production, de la vision d’un homme à sa concrétisation. C’est très concrètement une étape supplémentaire de cette accélération de la marche vers le développement que Son Excellence Denis Sassou-Nguesso a mis au cœur de sa vision pour notre pays», a laissé entendre Michel Djombo, ministre du développement industriel, des zones économiques spéciales et de la promotion du secteur privé. Il s’est réjoui de l’avènement, dans cette zone, de l’électricité qui, selon lui, contribue à l’ouverture de nouvelles perspectives économique. Ainsi a-t-il lancé «un appel clair aux investisseurs nationaux et internationaux: le Congo veut produire; le Congo veut transformer; le Congo veut industrialiser son économie et le Congo est prêt à accueillir celles et ceux qui souhaitent et investir et produire à ses côtés».

Enfin, après avoir présenté la double portée industrielle et sociale de la ligne électrique de Maloukou, le ministre de l’énergie et de l’hydraulique, Bruno Jean-Richard Itoua, a décliné, quant à lui, les grandes lignes de la feuille de route du gouvernement en matière d’électricité. Il s’agit de procéder «à très court terme et à court terme, par la mise en œuvre du renforcement des trois piliers du secteur de l’électricité, à savoir, la production, le transport, la distribution et commercialisation».
Concernant le volet production, il a martelé «qu’il se traduit par l’augmentation nécessaire et indispensable de la capacité actuelle installée d’environ 750 mégawatts, qui doit être portée à 3.000 mégawatts en 2028, 5.000 mégawatts en 2030 et 10.000 mégawatts en 2040, dans le cadre de votre projet de doter le pays d’un agenda Congo-2063». Il a aussi affirmé qu’à très court terme, le mix énergétique du Congo sera renforcé essentiellement par des projets de production d’énergie solaire photovoltaïque, avec du stockage, et par des projets de production d’électricité à partir du gaz en zone rurale.

Après la mise en service, officielle, de la ligne électrique T.h.t reliant la Zone industrielle et commerciale de Maloukou au réseau électrique national, le Chef de l’Etat a visité l’usine de montage des tracteurs agricoles de la société Eco Comaco, appartenant à Willy Etoka, située dans la Z.e.s de Maloukou, à environ 9 km. La question de l’électricité réglée, il reste de doter la Zone industrielle et commerciale de Maloukou de son système d’eau courante et d’évacuation des eaux usées. Hervé EKIRONO – Urbain NZABANI
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