Commentaire

Distribution de carburant:
encore une syncope à Brazzaville !

Récurrente, la crise de carburant va et vient. Depuis le début du mois de septembre 2026, la crise de carburant a de nouveau fait sa réapparition dans la capitale, Brazzaville. Les stations d’essence sont de nouveau prises d’assaut par de longues files de véhicules. La syncope actuelle de crise a commencé par la crise du gasoil. Quand il y a eu un léger soulagement de ce côté, le super a pris le relai. Au moment où nous publions cet article, c’est-à-dire le samedi 5 septembre, la plupart des stations d’essence dans la capitale attendent d’être livrées, pour pouvoir reprendre la vente du carburant.

Depuis le début de la semaine, la crise de carburant à la pompe sévit de nouveau à Brazzaville, la ville capitale. La question fondamentale reste la même. Les crises cycliques de carburant interrogent le monopole de la S.n.p.c (Société nationale des pétroles du Congo), dans l’importation des produits pétroliers raffinés. Avec un marché national d’à peine 60 millions de litres par mois, le Congo n’est malheureusement pas à l’abri des crises. D’après le Premier ministre Anatole Collinet Makosso, la Coraf (Congolaise de raffinerie) produit 60% et les 40% restant sont importés. Pour l’instant, la S.n.p.c conserve, de fait, le monopole d’importation des produits pétroliers raffinés.
Les crises récurrentes de carburant, d’eau courante, d’électricité, etc, font partie de la vie courante des citadins congolais depuis des années
Pour combler le déficit de la Coraf sur le marché national (essence, gasoil, kérosène), la S.n.p.c recourt à des traders privés, mandatés pour réaliser les importations de carburant. Mais, pour l’autorisation d’importation, les traders privés doivent obligatoirement obtenir un agrément d’une valeur de 45 millions de francs Cfa et l’aval du Ministère des hydrocarbures, en plus des taxes et redevances appliquées. Par rapport au prix du carburant à la pompe, les marketeurs privés sont perdants. D’où l’intervention de l’Etat dont parle le Premier ministre dans son interview à Tsieleka T.v.
En même temps qu’il y a la crise intermittante de carburant, il y a aussi pénurie d’eau courante dans de nombreux quartiers de la capitale
Les citadins sont condamnés à trouver des solutions paliatives comme s’approvisionner en eau auprès des forages privés
La régulation de l’aval pétrolier est appelée à lever le pied, pour permettre aux marketeurs privés de procéder aux importations et rentrer dans leurs coûts, afin de soulager le marché national. La crise de carburant ne peut être résorbée qu’à ce prix. Le F.m.i (Fonds monétaire international) appelle régulièrement à briser le monopole d’État, comme on a brisé hier le monopole qu’avait Hydro-Congo dans la distribution des produits pétroliers raffinés, pour libéraliser le secteur de la distribution. Jean-Clotaire DIATOU

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