Commentaire

Les réseaux sociaux continuent de
faire des victimes…

Nous avons déjà dit dans un précédent article que chez nous, les réseaux sociaux sont en train de faire des dégâts socio-politiques impressionnants, sans que les pouvoirs publics n’arrivent à trouver une riposte de nature à les assainir. Deux officiers supérieurs de police rétrogradés, un administrateur-maire relevé à la suite de la diffusion d’une conversation téléphonique… Dans un passé récent, un député a connu la prison à cause des réseaux sociaux; un ministre a failli perdre et son portefeuille et son foyer à cause des réseaux sociaux; un influenceur est abandonné en prison à cause des réseaux sociaux; un ancien ministre est menacé par une ex-compagne dans les réseaux sociaux, etc. Devant ces dégâts, dans l’opinion, on s’en frotte plutôt les mains: ce qui était caché, sort en public. A tort ou à raison?

Deux officiers de police ont été rétrogradés de rang d’officier supérieur au rang de brigadier, par décision du Président de la République, suivant les décrets signés le 10 août 2026 et rendus publics par la chaîne de télévision nationale, Télé-Congo. Officiellement, pour «faute contre l’honneur, le devoir et la probité». Mais, en réalité, c’est un secret de Polichinelle qu’il est reproché aux deux ex-officiers supérieurs d’avoir diffusé dans les réseaux sociaux, l’interrogatoire d’un présumé assassin d’origine de la RD Congo, arrêté à Brazzaville où il s’était réfugié, et dont l’affaire a fait grand bruit à Kinshasa, en raison des révélations contenues dans les vidéos d’interrogatoire. Pourtant, le code de procédure pénale fait interdiction de révéler les secrets des interrogatoires.
Récemment, les conversations téléphoniques de personnalités publiques ont été diffusées dans les réseaux sociaux. Un administrateur-maire y parle des difficultés d’un proche du Chef de de l’Etat. Il s’avère qu’il fait partie des administrateurs-maires qui viennent d’être relevés, suivant les décrets présidentiels publiés mercredi 19 août par Télé-Congo.
Les réseaux sociaux sont devenus un grand moyen de communication sociale, mais sans règle, ils font des dégâts (Ph Agence Afrique)
De même, la conversation téléphonique du ministre de l’intérieur et de la décentralisation et un influenceur de la diaspora congolaise en France a été diffusée dans les réseaux sociaux. Le ministre de l’intérieur se rendait-il compte qu’il était enregistré? Dans la conversation, il donne l’impression d’un homme qui se lâche, alors qu’il ne connaît pas la moralité de son interlocuteur au bout du fil. C’est le piège des réseaux sociaux. Tout le monde sait qu’il existe des applications d’enregistrement automatique des conversations téléphoniques. Et donc, il faut faire preuve de prudence à parler au téléphone, surtout lorsqu’on ne connaît pas l’interlocuteur ou sa moralité. La prudence, la méfiance sont parmi les traits caractéristiques d’un responsable politico-administratif.
On a suivi, toujours dans les réseaux sociaux, la progéniture d’un célèbre artiste décédé, s’entre-déchirer à travers des propos haineux et injurieux, couvrant d’indignité l’image de leur illustre géniteur. Qu’ont récolté les protagonistes? Chacun peut se poser la question.
«La communication est un levier stratégique majeur qui conditionne la réussite et la crédibilité de l’action publique», renseigne un politologue. Sa maîtrise garantit l’atteinte des objectifs politiques qu’on se fixe. S’ils peuvent être utilisés à bon escient, les réseaux sociaux peuvent être de bons moyens de communication. Autrement, ils charrient des contenus problématiques, non certifiés ni vérifiés, inappropriés, partiels, manipulés, mal interprétés, erronés, mensongers, etc, qui ruinent l’image des auteurs ou compromettent leurs professions.
Il faut aussi reconnaître que les réseaux sociaux, qui font, désormais, partie de notre vie quotidienne, ont donné du pouvoir aux «sans voix», participant ainsi à la régulation de la vie en société, face aux puissants, c’est-à-dire les acteurs qui détiennent un quelconque pouvoir, qu’il soit politique, économique, social, professionnel, hiérarchique, culturel ou religieux et qui en abusent. Les injustices qu’on commet à droite et à gauche dans la société peuvent un jour se retourner contre soi. Ces derniers temps, un ancien ministre est l’objet de déclarations menaçantes, diffusées dans les réseaux sociaux, de la part d’une ancienne compagne qui cherche à lui régler ses comptes.
Voilà qui suggère d’être extrêmement prudent avec les réseaux sociaux, particulièrement les acteurs exerçant des responsabilités publiques. Quand on laisse filmer sa sphère de vie privée ou même des échanges, des débats à l’insu des auteurs, et d’enregistrer les conversations téléphoniques, on s’expose à la manipulation des contenus.
Ne dit-on pas qu’un homme averti en vaut deux? «Celui qui parle beaucoup ne manque pas de pécher, mais celui qui retient ses lèvres est un homme prudent» (Proverbes 10:19). «L’insensé, même quand il se tait, passe pour sage; celui qui ferme ses lèvres est un homme intelligent». (Proverbes 17:28). «Que tout homme soit prompt à écouter, lent à parler, lent à se mettre en colère» (Jacques 1:19). Enfin, la sagesse populaire apprend qu’«il faut tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler». Ce qui veut dire qu’il vaut mieux réfléchir avant de s’exprimer, pour éviter de dire des maladresses, des bêtises ou des paroles qu’on pourrait regretter. Jean-Claude DIATOU

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