E2c (Energie électrique du Congo)
Le Collège syndical exige la révocation du directeur général, Jean-Bruno Danga Adou
On ne le dira jamais assez, quand l’électricité est en l’air, au lieu d’alimenter les habitations et autres établissements de commerce qui en ont tant besoin, il faut craindre le pire. Alors qu’on le croyant dormant tel un volcan qui ne crache plus des laves, le Collège syndical de la société E2c (Energie électrique du Congo) s’est brusquement réveillé, vendredi 13 octobre 2026, à travers une déclaration musclée et sans concession qui exige la révocation immédiate du directeur général, Jean-Bruno Danga Adou, accusée de tous les maux qui plombent l’entreprise et à l’origine des coupures d’électricité qui se sont intensifiées ces dernières semaines à Brazzaville.
Les syndicalistes de E2c ont pris le parti des populations plongées dans la désolation et la précarité, à cause de la situation de coupure d’électricité qui s’est aggravée dans la capitale, Brazzaville et qui, à leurs yeux, ne semble pas préoccuper le gouvernement. «Le Collège syndical prend à cœur les préoccupations des consommateurs, notamment les délestages, les coupures intempestives et récurrentes et les blackouts, avec pour conséquences le pourrissement des vivres, l’avarie des appareils électroménagers, les incendies des ménages, l’arrêt des activités artisanales», dit la déclaration. Il «constate avec amertume, le mépris de la Direction générale vis-à-vis des consommateurs, des travailleurs et surtout du projet de société de Son Excellence Monsieur le Président de la République».

«Le Collège syndical informe la population victime des abus, soient-ils de mauvaise qualité, que tout ceci ne dépend pas de la volonté des travailleurs et plus spécifiquement des agents évoluant sur le terrain, car ils sont dépourvus du matériel adéquat pour l’exécution de leurs tâches au quotidien», souligne le Collège syndical qui pointe, entre autres maux qui minent l’entreprise, selon lui, «le détournement à répétition des fonds de l’entreprise, par les privilégiés du directeur général».
Si dans la déclaration, le Collège syndical ne le dit pas, en revanche, dans les interviews accordées aux médias, l’un des responsables syndicaux a demandé, sur un ton de révolte, la révocation du directeur général. «Voici pourquoi, unanimement, avec l’appui des travailleurs, avec l’appui des populations, nous allons tenir une assemblée générale, ici à Brazzaville, le 18 novembre 2026, pour non seulement acter, mais aussi demander le départ immédiat du directeur général et de son équipe. Ils doivent partir, on n’a plus besoin d’eux. La population souffre, nos collègues qui sont dans les rues sont souvent menacés, nous-mêmes, quand nous avons des problèmes de coupure, etc, vous passez comme ça, vous êtes en tenue, vous êtes menacés, il y a des injures. Tout ça, à cause des bandits qui sont ici (dans les bureaux), qui sont en train de prendre l’argent de l’entreprise à d’autres fins», a-t-il déclaré.
La situation de l’électricité au Congo est à un point très critique. Les privations d’électricité dans la capitale Brazzaville suscitent la colère des populations qui ne comprennent pas ce qui se passe. Pourtant, sous la diligence du Président de la République, Denis Sassou-Nguesso, le pays a énormément investi dans les unités de production d’électricité et les lignes de transport T.h.t (Très haute tension) et autres équipements. Raison pour laquelle on a parlé de «boulevard énergétique». Mais la gouvernance n’a pas suivi. Exemple, le barrage hydroélectrique d’Imboulou, exploité pendant 14 ans (de 2011 à 2025), sans entretien, sans réhabilitation de ses quatre turbines qui sont tombées en panne, les unes après les autres!

La société E2c, gérée dans une vraie opacité et sur laquelle le Conseil d’administration n’a pas d’autorité, est considérée comme une vache à lait pour l’élite dirigeante. Les quelques milliards de francs Cfa de recettes qui tombent chaque mois (entre 5 et 7 milliards de francs Cfa) sont toujours encore très profitables, malgré la faillite du service au client. En plus, les réformes du secteur de l’électricité et de l’eau courante, lancées depuis le début des années 2000, ont abouti à des dérives qui ont affecté les services de l’électricité et de l’eau courante dans le pays, loin des objectifs fixés. Elles ont plutôt renforcé la culture maffieuse dans la gestion des deux sociétés, maintenant qu’elles ne sont plus sous la tutelle administrative du Ministère de l’énergie et de l’hydraulique, qui n’est plus qu’une tutelle sectorielle.
La tentative d’ouvrir le capital de E2c à une société sénégalaise qui a réussi son redressement au Sénégal, a été un échec cuisant pour le gouvernement, les syndicalistes et une partie des ministres s’y étant farouchement opposés. Voilà maintenant là où le Congo en est: sa capitale est, aux deux tiers, privée d’électricité chaque jour. Dans ces conditions, le gouvernement peut-il continuer à tenir des conseils de ministres qui ignorent ce sujet socio-politique brûlant? Qui sait si la politique du pourrissement paye réellement mieux!










