R.p.d.h (Rencontre pour la paix et les droits de l’homme)

Kola, un village du Niari, désormais doté
d’un outil contre la corruption, dans l’exploitation forestière

La R.p.d.h (Rencontre pour la paix et les droits de l’homme) a récemment mis en place une antenne du Cajac (Centre d’assistance juridique et d’action citoyenne) au village Kola, dans le District de Banda (Département du Niari). Les populations de ce village forestier ont découvert une aubaine pour dénoncer les illégalités forestières, les atteintes aux droits de l’homme et autres abus de la part des sociétés forestières. Sous le patronage de Fabrice Séverin Kimpoutou, chargé de la recherche et chef de la délégation de la R.p.d.h, cette sensibilisation s’est faite dans le cadre de la phase 3 du Projet «Renforcer la redevabilité et l’inclusion grâce à une meilleure implication des communautés locales et populations autochtones du Kouilou dans la gouvernance forestière, foncière et climatique», en sigle Rerip.

Kola fait partie de la vingtaine de villages riverains de l’U.f.e (Unité forestière d’exploitation) attribuée, en 2018, à la société chinoise Taman Industries, ainsi qu’en témoigne l’Arrêté n°10-888 du 8 novembre 2016 du Ministère de l’économie forestière. Malheureusement, les C.l.p.a (Communautés locales et populations autochtones) de Kola, un village de 250 habitants, ne participaient pas à la gestion de leur forêt. «Nous ne savons même pas ce qu’on a prévu dans le cahier de charges particulier pour le compte de Kola», déplorait Laurent Makoundi, chef du village de Kola.
La sensibilisation de la R.p.d.h est donc venue à point nommé. «Je suis passée de l’ombre à la lumière». Ce sont les mots de Cécile Bouanga, une habitante du village Kola. Pour la quadragénaire, la lumière, c’est bien le Cajac qu’elle a découvert et intégré en septembre dernier, lors d’une séance de sensibilisation organisée par la R.p.d.h. Initiative de Transparency International en 2003, le Cajac est un outil de lutte contre la corruption et le trafic d’influence. Lancé au Congo en 2017, il dispose de plusieurs antennes réparties sur toute l’étendue du territoire national, avec pour principaux objectifs: offrir une assistance juridique gratuite à des victimes en les orientant et en les accompagnant devant les instances judiciaires; permettre aux citoyens de structurer et de déposer leurs plaintes de manière sécurisée et confidentielle; sensibiliser les populations (élèves, commerçants, étudiants, etc.) sur les méfaits de la corruption et les impliquer de manière active et citoyenne dans la lutte contre ce fléau socio-politico-culturel.
«Sans être prétentieuse, aujourd’hui, grâce au Cajac, je découvre beaucoup de choses que j’ignorais en matière des droits de l’homme. Et désormais, je suis capable de suivre des cas de corruption et des violations des droits de l’homme», s’est félicitée Cécile Bouanga, devenue membre du point focal Cajac de Kola.
Des habitants de Kola suivant la présentation du Cajac
Kola désormais vent debout contre les illégalités
«Lors de notre passage, nous avons laissé des fiches signalétiques au point focal. Comme les autres points focaux à travers tout le pays, ils n’ont pas de littérature à faire. Il leur suffit de cocher dans les cases. Dans ces fiches, on signale des illégalités telles que le sciage artisanal sans permis, le non-respect, par la société, des droits des travailleurs. On signale aussi des situations inhérentes à la problématiques hommes-éléphants», a expliqué Fabrice Séverin Kimpoutou. «Lorsque les informations nous parviennent, nous procédons à des vérifications et des recoupements nécessaires, avant de les loger dans nos data, pour en faire usage dans les livrables que nous transmettons aux institutions et à nos bailleurs», a-t-il ajouté.
Dans un contexte où les C.l.p.a dénoncent souvent les pratiques peu amènes de la part d’entreprises forestières, le Cajac aide à faire reculer le fléau de la corruption et du trafic d’influence. Et les portes de la R.p.d.h sont grandement ouvertes. «La R.p.d.h appelle les victimes de la corruption, d’abus de pouvoir et autres cas de violations des droits humains à solliciter le Cajac qui assiste les victimes à leur demande et sans honoraires, avec le soutien des Projets F.g.m.c 2 et Rerip 3 financés par le F.c.d.o et le C.c.f.d Terre solidaire», exhorte Christian Mounzéo, coordonnateur national de la R.p.d.h.
Julienne NIONGO-NZAMBA

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