Emigration

Les Congolais du Congo-Brazzaville interdits d’entrer aux Etats-Unis, à compter du 9 juin

Le Président américain, Donald Trump, a proclamé, mercredi 4 juin 2025, à Washington, une mesure interdisant l’entrée du territoire des Etats-Unis aux ressortissants de 20 pays. «Cette décision s’inscrit dans une stratégie de sécurité nationale élargie incluant les risques de financement du terrorisme, de corruption et d’instabilité régionale», explique le gouvernement américain. 12 de ces pays, dont la République du Congo, sont visés par une interdiction complète d’entrer aux Etats-Unis de leurs ressortissants, à compter du lundi 9 juin. A Brazzaville, le porte-parole du gouvernement, le ministre Thierry Moungala, a réagi en disant qu’il s’agit d’un malentendu en ce qui concerne le Congo, alors que Jean-Claude Gakosso, ministre des affaires étrangères, de la Francophonie et des Congolais de l’étranger, a convoqué l’ambassadeur américain, Eugene S. Young, pour explication.

La République du Congo, pays d’à peine six millions d’habitants en Afrique centrale, se retrouve parmi les douze pays épinglés par le Président américain, Donald Trump, comme menaçant la sécurité des Etats-Unis. «Conformément au Décret 14161 du Président Trump, publié le 20 janvier 2025 et intitulé, «Protéger les États-Unis des terroristes étrangers et des autres menaces pour la sécurité nationale et la sécurité publique», les agences de sécurité nationale ont procédé à une évaluation approfondie du risque que les pays représentent pour les États-Unis, notamment en ce qui concerne le terrorisme et la sécurité nationale», rapporte le décret signé par le locataire de la Maison Blanche.
«La proclamation restreint et limite totalement l’entrée des ressortissants de 12 pays jugés déficients en matière de contrôle et de filtrage et considérés comme présentant un risque très élevé pour les États-Unis: Afghanistan, Birmanie, République du Congo, Guinée équatoriale, Érythrée, Haïti, Iran, Libye, Somalie, Soudan, Tchad et Yémen», poursuit le décret.
Pour ce qui concerne notre pays, le gouvernement américain trouve qu’il y a une «présomption de financement du Hezbollah via des réseaux libanais à Brazzaville. Le Conseil national de sécurité américain (N.s.c) enquête sur des flux financiers soupçonnés de soutenir le Hezbollah. Rodrigue Nguesso (conseiller et neveu du Président Denis Sassou-Nguesso) a été reçu en mai 2025, à Washington, pour discussions sur ce sujet», signale l’administration américaine. Signalons que le Hezbollah (Parti d’Allah), est un parti politique libanais doté d’un groupe paramilitaire chiite. Il est considéré comme une organisation terroriste par les Etats-Unis et de nombreux autres Etats. Ce qui n’est pas le cas au Liban.
Eugene S. Young reçu par Jean-Claude Gakosso
Réagissant, jeudi 5 juin, à la décision du Président Trump sur le Congo, le ministre porte-parole du gouvernement, Thierry Lézin Moungala, pense qu’il s’agit d’un «malentendu» au sujet d’une attaque armée aux États-Unis dont les auteurs ont été «pris», pour des ressortissants de la République du Congo. «Il est évident que le Congo n’est pas un pays terroriste, qu’il n’abrite aucun terroriste et qu’il n’est pas connu pour avoir une vocation terroriste. Donc, nous pensons que c’est un malentendu et je pense que dans les heures qui viennent, les services diplomatiques compétents du gouvernement vont prendre contact avec les autorités américaines ici», a-t-il déclaré.
Thierry Lézin Moungala pendant La Quinzaine du gouvernement
Effectivement, convoqué le jour même au Ministère des affaires étrangères, à Brazzaville, l’ambassadeur américain, Eugene S. Young, a préféré botter en touche, dans ses explications devant la presse congolaise, au sortir de son entrevue avec Jean-Claude Gakosso: «Il n’y a pas d’impact sur les relations fondamentales, parce que ce sont de vieilles relations, des relations profondes concernant nos deux pays. C’est le 65ème anniversaire de nos relations bilatérales cette année. Je vais continuer ces discussions avec nos collègues diplomates ici au Congo et dans les prochains jours, on peut en parler un peu plus. Mais, c’est une question de dialogue diplomatique tout d’abord. Pour les détails, on va continuer avec nos partenaires congolais, pour relever ce défi».
Apparemment, pour le diplomate américain, il n’y a rien de grave. C’est paradoxal. Le Congo est accusé de terrorisme à l’échelle internationale et ses ressortissants interdits de voyager aux Etats-Unis. Ce n’est pas grave ça? Si Eugene S. Young pouvait mesurer la gravité du symbole: l’année du 65ème anniversaire des relations entre la République du Congo et les Etats-Unis d’Amérique, les Congolais sont interdits d’entrer sur le territoire américain. Ça ne réjouit pas les Congolais qui, au contraire, expriment leur vive déception en direction du Président de la République et de son gouvernement, à travers les réseaux sociaux, sur fond de révélations sur les trafics de passeports et de pièces d’Etat-civil congolais. On attend de savoir la suite de cette affaire, ce que le gouvernement entend faire pour amener Donald Trump à retirer la République du Congo de son «Travel ban».
Urbain NZABANI

Oh bonjour
Ravi de vous retrouver.

Inscrivez-vous pour recevoir du contenu génial dans votre boîte de réception.

Nous ne spammons pas !

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici