12 Mémoires à la conquête du Nouveau Casino de Paris: le grand défi!
Le musicien congolais 12 Mémoires investira, le samedi 5 décembre 2026, la scène du mythique Nouveau Casino de Paris. Un rendez-vous décisif pour cet artiste populaire, qui devra cette fois relever le défi d’un concert dont il sera la principale tête d’affiche. Voilà qui promet de rompre avec la morosité ambiante, sur fond de mouvements sociaux dans l’Hexagone! 12 Mémoires entend faire souffler un vent de gaieté sur le Nouveau Casino de Paris, prestigieuse salle de spectacle située au 109 de la Rue Oberkampf, dans le onzième arrondissement, sous la bannière du label Kingkongo.
Un véritable défi pour cette figure du coupé-décalé congolais, habituée des scènes françaises qu’elle a déjà foulées à maintes reprises, mais dans le rôle relativement confortable d’artiste invité. Cette fois, changement de décor: 12 Mémoires sera en première ligne, avec la lourde responsabilité de porter le spectacle sur ses épaules. Saur a-t-il transformer l’essai?
Issu du prestigieux Clan Nuit-à-Nuit, l’une des plus anciennes écoles du coupé-décalé congolais, 12 Mémoires, qui se présente volontiers comme le «Président des animateurs», appartient à cette catégorie d’artistes dont le talent n’a pas attendu le nombre des années, pour paraphraser Pierre Corneille. Très tôt, il s’est imposé dans le paysage musical brazzavillois, côtoyant des figures emblématiques telles que Cedro la Loi, Courageux le Fort ou encore Lionel Obama.
12 Mémoires, sûr de relever le grand défi du Nouveau Casino de Paris
Mais si, à Brazzaville, ses prestations prennent souvent des allures de promenade de santé, tant sa popularité y est solidement établie, la scène parisienne obéit à d’autres exigences. Réputée pour son public averti et son offre artistique particulièrement dense, la capitale française ne distribue pas facilement ses lauriers. Comme on aime à le dire, non sans malice, dans le milieu congolais, «Paris est un grand garçon». Et ce grand garçon en a vu défiler, des artistes venus conquérir ses scènes avec une assurance parfois excessive, avant de se heurter à la dure réalité du terrain.
Pour autant, 12 Mémoires ne manque ni de «gaz» ni de ressources pour relever le défi. Sa popularité constitue un atout considérable, comme en témoignent les foules que ses chansons continuent de mobiliser sur les pistes de danse congolaises. Dans le registre du coupé-décalé, des titres comme «Ma Yuki» ou «Nangouneno» ont quasiment acquis le statut d’hymnes populaires, devenant des incontournables des playlists festives, y compris à Paris.
Conscient de l’importance de cette échéance dans sa trajectoire artistique, le «Président des animas» a jugé opportun de raviver la flamme de son actualité musicale. Un nouveau single, actuellement en préparation au studio Déo Synthé, devrait ainsi venir renforcer son arsenal. Il s’agit d’une collaboration avec le musicien et sapeur Norbat de Paris, dont quelques extraits circulent déjà sur les réseaux sociaux, suscitant la curiosité des mélomanes.
Quant aux artistes invités, le mystère reste encore largement entier. Parmi les noms évoqués figure celui du rappeur congolais Djeiz, jeune talent dont les qualités artistiques commencent à retenir l’attention de certains acteurs de l’industrie musicale.
12 Mémoires bientôt au Casino de Paris
En attendant, la mobilisation numérique bat son plein. TikTok, notamment, s’est transformé en véritable caisse de résonance de l’événement. Émissions en direct, débats, appels à la mobilisation et campagnes de promotion se multiplient pour assurer au concert le rayonnement qu’il mérite.
À la manœuvre, plusieurs figures actives de la communauté congolaise sur les réseaux sociaux, parmi lesquelles Le Café du Chef, La Patronne 242 ou encore Double Clic, s’emploient à fédérer les énergies autour de l’artiste. L’objectif est clair: éviter à tout prix le redoutable «mpiaka», cette expression bien connue du milieu congolais qui désigne, dans toute sa cruauté, l’humiliation d’une salle désespérément clairsemée.
Pour une diaspora congolaise de France régulièrement accusée de manquer de solidarité envers ses propres artistes, l’enjeu dépasse d’ailleurs le seul cas de 12 Mémoires. Il s’agit aussi de redorer un blason quelque peu terni par certains concerts d’artistes du «242», dont les faibles affluences ont laissé un goût amer.
Au regard de ses prestations plutôt convaincantes réalisées en France durant l’été, 12 Mémoires semble disposer de sérieux arguments pour faire vibrer le Nouveau Casino. Sur le plan artistique, les voyants paraissent au vert. Mais sur celui de la mobilisation du public, rien n’est encore acquis. Car entre la popularité sur les réseaux sociaux et le remplissage effectif d’une salle de spectacle, il existe parfois un fossé que les artistes découvrent à leurs dépens.
Pour espérer faire salle comble, voire afficher le précieux «sold out», le musicien et son équipe gagneraient à intensifier leur campagne promotionnelle, en dépassant les frontières de la seule communauté congolaise. Le coupé-décalé, par essence festif et fédérateur, possède en effet cette formidable capacité à rassembler des publics d’horizons divers: Ivoiriens, Centrafricains, Congolais de la RD Congo, Gabonais, Camerounais, Antillais, sans oublier les amateurs de musiques africaines originaires de l’Océan indien.
Autant de communautés susceptibles de répondre à l’appel, à condition qu’une stratégie de communication ambitieuse permette de les toucher efficacement. La billetterie est déjà ouverte, avec des tarifs annoncés à partir de 28 euros, auxquels s’ajoutent différentes formules V.i.p. Les réservations sont proposées sur la plateforme Shotgun. Le rendez-vous est donc pris pour le 5 décembre prochain. Entre ambition artistique, ferveur populaire et défi de mobilisation, 12 Mémoires joue une carte importante de sa carrière.
Guy Francis TSIEHELA Chroniqueur musical – Paris, France. Tel whattsap: (+33) 6.99.77.53.66.