Musique

«Patrouille des stars» largue
«Ligne rouge», son dernier «obus de guerre»

Après avoir longtemps tenu le public en haleine, à grand renfort de publicité, l’Orchestre «Patrouille des stars» de Kevin Mbouandé, le Métatron, a, enfin, largué, le vendredi 22 août 2025, tel un «obus de guerre», «Ligne rouge», son dernier album, aux Editions T.p.t Production. Dans une ambiance de folie, comme une aubade, la publication numérique de l’œuvre a eu lieu aux aurores, voyant ses fans, les «patrouilleurs», s’y jeter à corps perdu.

Composé de quatorze titres, l’album, qui est le septième du nom de cette école de chant de guerre, arbore une ligne musicale épurée, digne d’une ode à la rumba. Admise à l’Unesco en 2021, afin d’assurer son développement, celle-ci traverse une passe difficile, du fait, notamment, de la fulgurante ascension des musiques dites urbaines.
Contrairement aux chansons «fast food», fabriquées la veille pour le lendemain, dont on voit l’incessant déferlement sur le marché phonographique, «Ligne rouge» est plutôt du genre «slow food», patiemment mitonné au fil des répétitions. A l’arrivée, un sublimé d’art rythmique, sans bavure, pouvant flatter jusqu’aux oreilles les plus exigeantes. Ainsi, hormis le générique onomatopée «Ngoundzou-Ngoundzou»,  aux «vibes» enflammés, la suite compose une brochette de douceurs où s’entremêle toute une armée de voix, dans une harmonie à couper le souffle. Cela à la plus grande satisfaction des quêteurs d’émotions pures.
Kévin Mbouandé dans le clip Yaka
Comme un arc-en-ciel, l’ouvrage dégage autant de couleurs que de chansons: «Donné Donné»; «Lembola»; «Chantier d’amour»; «Maman d’amour»; «Kaka yo»; «Guichet fermé»; «Mokouété»; «Sans égal»; «Tia na lia»; «Moundelo»; «affection»; «Yaka» et «Elelo». Ceci, sans l’ombre d’une moindre monotonie! Partout, l’engouement est visible, laissant présager un succès. Il reste que les Congolais sont à peine clients de ces circuits d’approvisionnement numériques, beaucoup d’entre eux préférant emprunter des chemins de traverse, malheureusement préjudiciables aux musiciens. Aussi, pour s’en sortir, ces derniers se voient-ils obligés d’imaginer des ressources alternatives, comme les fameux «mabanga», ces dédicaces souvent monétisées, si décriées pour leur nocivité. A cet égard, «Ligne rouge» a bien franchi la ligne rouge.
Si l’album est bien disponible, les clips, quant à eux, ne le sont pas encore. Difficile d’en connaître les raisons au moment où nous mettons sous presse. Cependant, il est évident que le fait de lui priver de la force de traction du visuel, ne peut, à priori, que desservir sa commercialisation, au moins sur le court terme.
Ligne rouge
Sur le titre «Ligne rouge», Kevin Mbouandé, Lifuramba, a expliqué que celui-ci fait allusion aux besoins de bon voisinage entre artistes. Il s’agit, selon lui, de tracer des lignes de démarcation claires entre eux, pour éviter els clashes.
Finalement, au-delà des sensibilités émotionnelles, pouvant varier d’un individu à l’autre, «Ligne rouge» a au moins un mérite, celui de porter une sorte d’universalité de goût, grâce à sa variété de ton. Ainsi, telle une église au milieu du village, cet album s’impose comme l’indispensable compagnon de l’amateur de la bonne rumba, autant que du parfait acteur de l’événementiel, au premier rang les disc-jockeys. Alors, un seul souhait: en avant, «Ligne rouge»!
Guy Francis TSIEHELA
Chroniqueur musical à Paris (France)

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