Roman

«Monarchie héréditaire: le père dirige,
le fils préside» d’Asie Dominique de Marseille

«Monarchie héréditaire: le père dirige, le fils préside», le nouveau roman du journaliste et écrivain congolais, Asie Dominique de Marseille, publié en mars dernier par les Editions Le Lys Bleu, basées à Paris (France), a fait l’objet d’un dîner littéraire, organisé mercredi 8 avril 2026, à l’Hôtel Kempinski de Brazzaville, par les Editions Leprisque qui a déjà publié des ouvrages du même auteur. L’occasion pour l’auteur de recadrer les interprétations erronées faites sur son ouvrage. Selon lui, son roman relève de la fiction et il offre, avant tout, une réflexion sur les dynamiques familiales et politiques observables à travers le monde.

Subdivisé en douze chapitres, le nouveau roman d’Asie Dominique de Marseille fait couler beaucoup d’encre, de salive et suscite des débats passionnés au sein de l’opinion congolaise, dans les réseaux sociaux, particulièrement dans les milieux de la diaspora, avec des interprétations diverses. Pourtant, il ne s’agit que d’une fiction. L’histoire de ce roman se déroule en République de Tavayi, en Amérique latine, et aborde des thèmes tels que l’atteinte aux libertés d’expression, l’enrichissement illicite des dirigeants au détriment des populations et d’autres injustices sociales.
Asie Dominique de Marseille et Pierre Ntsemou, Saint-Pierre des mots
Voici comment l’éditeur présente ce roman: «Sous l’éclat trompeur des tropiques sud-américains, la République de Tavayi suffoque. Corruption tentaculaire, institutions réduites à l’obéissance d’une caste insatiable, population privée de savoir, de soins et de dignité… Sous l’autorité implacable du tyran Birintsié et de sa lignée, tout murmure de contestation s’éteint dans le silence imposé. Pourtant, dans l’ombre, une génération impatiente forge sa révolte. Animés d’une ardeur indomptable, ces jeunes n’ont pour arme que leur union, mais nourrissent l’audace de bouleverser l’ordre établi. La lutte qui s’annonce ne décidera pas seulement du sort d’une nation opprimée: elle incarnera l’épreuve ultime de la volonté d’un peuple à reconquérir sa liberté».
Certains observateurs ont tenté d’établir des parallèles avec la situation socio-politique du Congo, autour de la succession présidentielle. Ce que l’auteur et plusieurs intervenants ont démenti. Pendant les échanges, l’auteur a rappelé que son ouvrage vise à analyser des phénomènes observables à travers le monde. Il a précisé que chaque lecteur reste libre d’interpréter le texte selon sa sensibilité. Plusieurs participants ont souligné que le roman suscite réflexion et dialogue sur des sujets sensibles.
Pendant le dîner littéraire
Célèbre critique littéraire à Brazzaville et écrivain, Pierre Ntsemou, alias Saint-Pierre des mots, pense que «l’auteur donne raison à ses assertions, qui trouvent un écho universel. Il ne limite pas sa trame romanesque à la seule réalité politique congolaise».
Selon maître Atigha Dah Kana, notaire et politologue, «ce roman est une fiction et non une critique dirigée contre un pouvoir spécifique. Certains lecteurs peuvent toutefois être influencés par ce qu’il appelle une hypocondrie politique».
De son côté, Iloumba Ngoyi, membre du P.c.t (Parti centriste congolais), le parti au pouvoir, a précisé que l’ouvrage offre des pistes de réflexion, mais qu’«aucun lien juridique ou institutionnel ne peut être établi avec la réalité congolaise». Pour sa part, le prof Grégoire Lefouoba a salué «la précision et la sagacité de l’écriture», tout en rappelant que «l’auteur peut s’inspirer d’une réalité parfois sensible».

Répondant aux questions des journalistes sur ses intentions, Asie Dominique de Marseille, qui est en même temps membres du C.s.l.c (Conseil supérieur de la liberté de communication) donc une autorité publique nationale, et cadre du P.c.c (Parti centriste congolais), a déclaré qu’il observe le monde avec «les yeux de l’humanité». Selon lui, son analyse des problèmes sociaux ne se limite pas qu’au Congo. Dans plusieurs pays, la gestion du pouvoir est influencée par les liens familiaux, citant les exemples de la famille Bush aux États-Unis, des Deby au Tchad, des Kabila en RD Congo et des Bongo au Gabon. «Ces phénomènes interpellent les leaders d’opinion. Pourquoi les liens de sang influencent-ils le pouvoir? Je les ai observés partout, sauf au Congo, où je n’ai trouvé aucun exemple similaire», a-t-il précisé. Le dîner littéraire a permis de rappeler que l’ouvrage d’Asie Dominique de Marseille est un roman, donc il relève de la fiction et ne vise aucun pouvoir en particulier, dissipant ainsi les interprétations erronées qui sont faites.

Roland KOULOUNGOU

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