En cette période qui nous rapproche de l’élection présidentielle mars 2026, les rumeurs et les mensonges sont légion dans la société congolaise. L’on assiste à une folle course du mensonge contre la vérité. A ce propos, nos amis communs Itoua, Mboungou Tati et Yakamambou m’ont demandé de te faire part du conte suivant
«Un jour, le mensonge a dit à la vérité: prenons un bain ensemble. L’eau du puits était bonne. La vérité, toujours méfiante, testa l’eau et découvrit avec un grand étonnement que l’eau était vraiment agréable. Alors, ils se mirent tous deux nus et plongèrent dans l’eau. Soudainement, le mensonge sauta hors de l’eau et s’enfuit, en emportant les vêtements de la vérité. Cette dernière, furieuse, sortit du puits pour aller à la poursuite du mensonge, afin de récupérer ses vêtements.
Le monde, voyant la vérité, nue comme un ver de terre, détourna le regard avec colère, dégoût et mépris. La pauvre vérité revint donc toute déçue au puits et disparut à jamais. Depuis, le mensonge fait le tour du monde avec les habits de la vérité. Et la société est, malheureusement, très heureuse, parce que le monde n’a aucune envie de reconnaître la vérité nue.
C’est ainsi que le monde fonctionne malheureusement. Nombreux sont ceux qui préfèrent accepter le mensonge plutôt que la vérité. Rien ne ressemble plus à la vérité qu’un mensonge habilement maquillé et répété à volonté. Un mensonge peut faire le tour de la terre, le temps que la vérité mette ses chaussures. A tous les niveaux, des moyens sont déployés partout, pour faire accepter et applaudir le mensonge bien habillé. Et les gens continuent à tomber toujours aux pieds du mensonge, prétextant être la vérité».
Attention, comme l’a affirmé le Président français, François Mitterrand, «les rumeurs sont comme les papillons, une fois envolées, il est difficile de les rattraper». Qui plus est, le menteur est un être qui fabrique sa propre morale. Il établit avec les autres, des rapports de supériorité. Lui peut savoir, pas les autres. Or, le non-respect d’autrui ressemble au non-respect de soi-même, le principe d’une existence étant de ne pas rougir de soi.
A l’ère numérique marquée par la popularité des réseaux sociaux, on parle du temps de post-vérité, c’est-à-dire un contexte où les faits objectifs ont moins d’influence sur l’opinion publique, que les appels aux émotions, aux sentiments et aux croyances personnelles. La post-vérité est la vérité admise par l’opinion publique, mais qui ne repose pas sur des faits objectifs plutôt que sur un conditionnement des esprits. On dira la manipulation ou l’instrumentalisation.
Une autre expression est utilisée, la néo-vérité, qui évoque toujours ce contexte de vérité non-objective, mais manipulée, marinée à la sauce de ceux qui manipule royalement l’opinion publique, tirant les ficèles dans l’ombre.
Tout ceci est rendu possible dans un contexte démocratique où l’Internet fait circuler les idées à la vitesse du son. Ainsi, le mensonge va vite. Mais, suivant nos valeurs morales, il faut comprendre qu’aucun vice n’est beau. D’ailleurs, le plus laid de tous est celui de mentir. Comprenne qui pourra. Aurevoir et à bientôt!

Diag-Lemba.

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