Si elle est aujourd’hui maire de la ville de Pointe-Noire, Evelyne Tchichelle est d’abord une ancienne joueuse de handball. Elle a commencé à jouer au handball au Lycée Victor Augagneur, avant d’intégrer l’équipe Lion’s club «sukisa ba nganga na yo». Jadis grande sportive, elle a d’abord pratiqué le saut en hauteur, discipline qu’elle aimait. La propagation du handball, après la tenue à Brazzaville des premiers Jeux africains en 1965, l’amène à intégrer l’équipe Lion d’or, actuel Inter-club, de 1967 à 1970. Elle fait partie de la première génération de handballeuses congolaises à Pointe-Noire et fut capitaine de son équipe, surnommée Princesse Moe-Poaty.
Fille du ministre Zéphirin Moe-Poaty, elle devint l’épouse du ministre François Tchichelle et belle fille du premier maire élu de la ville de Pointe-Noire, Robert Stéphane Tchichelle. «A l’époque, il y avait l’Amical club handball. J’avais de l’admiration pour ces premières équipes de Pointe-Noire et moi, généralement, j’aimais regarder l’équipe de handball masculin. Il y avait des joueurs que j’aimais beaucoup, comme Bonaventure Engombo dont d’ailleurs j’avais copié le style de jeu. J’avais tendance à jouer un petit peu comme lui, parce qu’il était ailier gauche et moi aussi. Le handball m’a plu et j’ai fait partie des petites filles de la première équipe des dames de Pointe-Noire, appelée Lion’s club sukissa ba ganga na yo, à sa création».
«Après, il a fallu que j’intègre l’équipe nationale. Mais, pour cela, il fallait l’autorisation de mon père, qui était médecin, Moe Poaty Zéphirin, pour rejoindre l’équipe nationale à Brazzaville, en 1969. Malheureusement, c’est en cette année que je me suis mariée. J’ai un grand regret de n’avoir pas pu jouer dans l’équipe nationale, car j’en avais les qualités».
«Le grand souvenir que j’ai, c’est notre match contre Diables-Noirs choisis à Brazzaville. Quand les jeunes sont venus nous accueillir à la gare, tout le monde voulaient voir la princesse Moe Poaty, puisque c’est comme ça qu’on m’appelait. Le journaliste Passi-Mouba de la Voix de la révolution congolaise, la radio nationale, m’avait demandé pourquoi on m’appelait Princesse Moe Poaty? Je lui avais répondu que c’était le nom de la famille royale. Le jour du match, le public était nombreux et les gens étaient surtout venus voir la princesse Moe Poaty. Nous avons gagné 5 à 2 et j’avais marqué 3 buts. C’est sûr que si j’avais joué dans l’équipe nationale, peut-être que j’aurais été plus connue et on aurait dû continuer à parler de la princesse Moe Poaty», nous a-t-elle confié.
Evelyne Tchichelle a l’idée de créer une équipe municipale de handball féminin, avec l’appui de la Direction départementale des sports et de l’éducation physique de Pointe-Noire. Histoire de faire revivre sa passion du handball au plus près d’elle. La rédaction de L’Horizon Africain l’encourage dans la réalisation de ce projet qui peut être d’un grand apport au rayonnement du handball dans la ville océane.
Luze Ernest BAKALA









