C’est au mois de février 2002, il y a exactement 24 ans, que je recevais un coup de fil impromptu de Firmin Ayessa, qui m’annonçait que j’étais attendu de toute urgence au siège du Parti congolais du travail, à Mpila (Brazzaville). Très surpris par cette «convocation» et étant relativement inquiet, car à l’époque, j’intervenais régulièrement dans des débats très passionnés sur les antennes des médias nationaux et internationaux, pour donner mon opinion sur des sujets brûlants qui concernaient la vie post-conflit de notre pays, je demandais, par mesure de précaution, à un ami d’enfance, de m’accompagner à Mpila, craignant de possibles admonestions de la part de la direction politique du parti.
En entrant dans le temple du parti politique le plus important de l’histoire politique de notre pays, je suis reçu par le directeur du cabinet du secrétaire général du P.c.t. Mon rythme cardiaque s’accéléra. Dans un échange à bâton rompu, il me posa de multiples questions sur les différents courants de la gauche politique française. Ce qui me détendit quelque peu. C’était un homme pétri d’une culture politique hors pair. Des hommes de son calibre nous font défaut aujourd’hui. Quelques minutes après, arriva Firmin Ayessa, qui me lança avec son sourire habituel: «Alino, petit! Le vieux ne t’a pas encore reçu? Attends!».
Dix minutes plus tard, je vis apparaître le camarade Ambroise Édouard Noumazalay, une légende politique pour ceux de ma génération. Mon cœur battait la chamade. Très charismatique, vêtu d’un costume style britannique marron caramel foncé, avec une chemise bleue de France, sans cravate, chaussé d’une paire de chaussures anglaises dont je ne citerai pas la marque.
Avec sa voix de crooneur, il dit en me regardant avec un léger sourire: «C’est bien lui…». Il m’invita dans la salle de réunion. Je les suivais en me disant intérieurement que j’allais me faire tirer les oreilles. Il me demanda de m’asseoir, puis me dit calmement: «Il y a la mise en place de la direction de campagne du candidat Denis Sassou Nguesso, avec comme directeur national de campagne Isidore Mvouba, premier directeur national de campagne adjoint Firmin Ayessa. Nous souhaitons que tu sois le deuxième directeur national de campagne adjoint, chargé de la communication et porte-parole du candidat».
Pris de frayeur, je déclinais cette proposition, en affirmant que je n’étais pas un homme politique. Je n’étais qu’un jeune congolais, qui avait créé, cinq ans auparavant, son entreprise, détruite pendant la guerre civile. J’avais repris mon activité professionnelle comme consultant en communication de la S.n.p.c et du Comité de privatisation des entreprises publiques. Face à son instance presque paternelle, car il avait connu mon défunt père, Maurice Akouala, je donnais finalement mon accord.
Conscient de l’immensité de la tâche et de la responsabilité que cela impliquait, je me suis permis de dire au secrétaire général du P.c.t: «Je ne connais rien en politique. Mais, je suis plein d’énergie. Que l’on aime ou pas le Président Denis Sassou-Nguesso, c’est avec lui que nous devons reconstruire notre pays et procéder à la refondation de la Nation congolaise. Je compte sur mes grands frères, Isidore Mvouba et Firmin Ayessa, pour m’encadrer».
C’est ainsi que je vécu au siège actuel de la Fondation Congo Assistance, où se trouvait la direction de campagne du candidat Denis Sassou-Nguesso, une séquence la plus extraordinaire du début de mon petit itinéraire politique. Quelques mois plus tard, quand je fis, contre tout attente, mon entrée au gouvernement, Firmin Ayessa m’installa dans son bureau à la fin de la réunion du premier conseil des ministres, afin que je puisse rédiger mon premier compte-rendu.
«Va et repose en paix, cher grand frère! Avec toute mon éternelle reconnaissance»!

Alain AKOUALA ATIPAULT

Oh bonjour
Ravi de vous retrouver.

Inscrivez-vous pour recevoir du contenu génial dans votre boîte de réception.

Nous ne spammons pas !

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici