Et si le véritable progrès ne se mesurait pas en milliards de dollars, d’euros ou de francs Cfa, mais en santé, en éducation et en sourires? L’expérience européenne montre qu’une croissance économique élevée ne garantit pas le bonheur. Les pays africains, notamment le Congo-Brazzaville, doivent tirer les leçons de cette réalité et repenser leur modèle de développement.

Pourquoi le P.i.b est-il devenu un indicateur insuffisant?
La croissance économique, mesurée par le Produit intérieur brut (P.i.b), n’assure pas automatiquement une amélioration des conditions de vie. Dans de nombreux pays africains riches en ressources naturelles, comme le Congo-Brazzaville, les indicateurs macroéconomiques progressent, tandis que les populations restent confrontées à la pauvreté, aux difficultés d’accès aux soins, à l’éducation et aux infrastructures essentielles. Le P.i.b révèle la richesse d’un pays, mais pas nécessairement celle de ses habitants.

Pourquoi le Bonheur intérieur brut (Bonheur intérieur brut) est-il une alternative crédible?
Le Bonheur intérieur brut (B.i.b) propose une vision ambitieuse et profondément humaine du développement. Inspiré du modèle bhoutanais du Bonheur national brut (B.n.b), tout en appelant à une adaptation africaine, il évalue la santé, l’éducation, l’environnement, la cohésion sociale et le bien-être psychologique. Il replace l’humain au cœur des politiques publiques et transforme le développement en un progrès réellement vécu.

Pourquoi le choix du B.i.b est-il stratégique pour l’Afrique?
Le B.i.b tire les leçons des limites des modèles occidentaux: un P.i.b élevé ne rime pas toujours avec une vie meilleure. En adoptant cet indicateur, les priorités changent: investir dans la santé, l’éducation, les infrastructures durables et la justice sociale, plutôt que de se limiter à l’exploitation des ressources naturelles. On passe ainsi d’une croissance abstraite à une croissance qui profite réellement aux populations.

Et si le B.i.b était un impératif pour aujourd’hui?
L’enjeu est clair et urgent: dépasser l’illusion du P.i.b, pour adopter une boussole de développement humaine et durable. L’Afrique ne doit pas répéter les erreurs de l’Occident. Le Bonheur intérieur brut n’est pas une utopie: c’est une voie pragmatique vers un développement inclusif, équitable et durable.
Somme toute, le véritable succès du Congo-Brazzaville et de l’Afrique sera atteint lorsque le développement signifiera santé, éducation, dignité et épanouissement pour tous, et non plus seulement croissance économique. Le B.i.b en est la clé.

Charles Abel KOMBO
Economiste et observateur des politiques publiques

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