Election présidentielle

Le candidat de la majorité domine
la campagne, mais les autres montent
en puissance

La campagne électorale relative à l’élection présidentielle scrutins des 12 et 15 mars 2026 a commencé depuis le samedi 28 février dernier. Dès le premier jour, on a remarqué un net décalage entre le candidat de la Majorité présidentielle, Denis Sassou-Nguesso, et les six autres candidats dont les activités de campagne électorale sont très peu visibles dans la capitale Brazzaville, dans les chefs-lieux de département et à l’intérieur du pays. Quoiqu’il en soit, peu-à-peu, certains comme le candidat de La chaîne, Joseph Kignoumbi-Kia-M’Bouongou, sont en train de monter en puissance.

La campagne électorale est d’un niveau d’intensité relativement bas. Peu de meetings publics, de rassemblements, de cortèges automobiles, même les éléments d’affichage (banderoles, affiches, portraits, etc) ne sont pas abondants sur les places publiques. Les médias ne semblent pas non plus au rendez-vous de cet événement électoral. On remarque que les activités des candidats ne donnent pas lieu à une couverture médiatique digne de l’événement politique que le pays est en train de vivre.
Melaine Destin Gavet ELongo en pleine campagne
Dans ce contexte, qui confine à la crise économique, c’est le candidat de la majorité qui s’impose, par ses meetings monstres, ses affiches géantes et sa présence constante dans les médias, particulièrement les médias publics. Certaines personnes n’hésitent pas à dire qu’il bénéficie des moyens de l’Etat. Mais, ses soutiens parmi lesquels les hommes d’Etat membres des partis de la majorité, particulièrement le P.c.t (Parti congolais du travail), ne lésinent pas sur les moyens, pour mobiliser leurs militants et sympathisants, habillés en tee-shirts, casquettes, chemises en pagne uniforme, fanions en main, dans tous ses meetings.
Une affiche de Joseph Kignoumbi-Kia-M’Boungou à Sibiti
D’ailleurs, dans cet exercice de mobilisation, se distingue le mouvement dirigé par l’ancien ministre Digne Elvis Okombi Tsalissan, initiateur de l’association G.a.e (Génération auto-entrepreneur) qui, depuis le premier trimestre de 2025, avait lancé la dynamique «Le patriarche», suivie de la «Vague bleue», qui est le slogan de ralliement pour la campagne électorale du candidat de la majorité. Ce mouvement de mobilisation, soutenu par le candidat lui-même, est devenu un phénomène électoral original qui marque cette élection.
Une affiche haut de gamme de Vivien Romain Manangou à Brazzaville
Il faut rappeler que lors du congrès du P.c.t, une cotisation spéciale était organisée pour financer la campagne du candidat de la majorité. Elle avait atteint un montant de plus d’un milliard deux cents millions de francs Cfa. C’est pour dire que du côté de la majorité, il y a longtemps qu’on s’était mis à préparer l’élection présidentielle. Mais, cette domination vaut aussi des critiques au candidat de la majorité qui a réussi à imposer, selon certains Congolais, un match inégal dans le but de s’assurer une réélection dès le premier tour. L’absence des grandes figures de l’opposition à cette élection est donnée comme preuve d’un système électoral verrouillé et dénoncé par les partis d’opposition, pour son manque d’équité.
Un meeting de Denis Sassou-Nguesso à Dolisie
On les appelle la vague beue, ces foules habillées en tee-shirts et casquettes bleus qui envahissent tous les meetings de de Denis Sassou-Nguesso
De l’autre côté, on ne peut pas ne pas relever que les candidats donnent l’impression de ne s’être pas préparés longtemps à leurs projets de candidature à l’élection présidentielle. Ils sont presqu’inexistants dans la campagne électorale, même si timidement, on voit, quelques jours après le début de la campagne, leurs affiches apparaître. Même sur les réseaux sociaux, des moyens de communication pourtant libres d’exercice et peu coûteux, ils ne cartonnent pas. D’où les critiques qui leur sont faites d’être des «aventuriers» ou des «accompagnateurs du candidat de la majorité».
A Talangaï 5, la mobilisation était au rendez-vous pour le candidat de la majorité
Quoiqu’il en soit, les rapports de forces au sein de la classe politique seront toujours au cœur de la vie démocratique où le jeu des intérêts domine, en dépit des principes démocratiques qui doivent être respectés. L’opposition congolaise n’arrive pas à unir ses forces, pour peser de tout son poids sur l’échiquier politique. Les leaders préfèrent faire cavaliers seuls, pour tirer leur épingle du jeu, laissant ainsi un grand boulevard au tenant du pouvoir.
Jean-Clotaire DIATOU

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