Les 18, 22 et 25 mars nous rappellent les dates tragiques dont le Président de la République, le Commandant Marien Ngouabi, l’ancien Président de la République Alphonse Massama-Débat et l’homme d’Eglise, le Cardinal Emile Biayenda, archevêque de Brazzaville, ont disparu, par assassinat et exécution sommaire. Cette année, c’est le 49ème anniversaire de leur disparition. A l’occasion de ces douloureux événements, les entités concernées ont rendu hommage, chacune, à son leader. Pourquoi pas construire une stèle ou un monument, pour commémorer tous nos Présidents défunts, surtout que l’année prochaine, ce sera le 50ème anniversaire de la disparition des Présidents Marien Ngouabi et Alphonse Massamba-Débat?
Comme tous les ans, les membres du P.c.t (Parti congolais du travail), avec à leur tête le secrétaire général Pierre Moussa, ont déposé des fleurs au Mausolée Marien Ngouabi. La cérémonie était placée sous le thème: «Camarades militants, cadres et dirigeants du Parti congolais du travail, honorons la mémoire de l’immortel Marien Ngouabi, en réaffirmant notre soutien indéfectible au très grand camarade Denis Sassou N’Guesso, dans la marche accélérée vers le développement du Congo».

Les catholiques ont posé la première pierre du sanctuaire du Cardinal Biayenda et célébré, dans la ferveur chrétienne, une messe solennelle en sa mémoire, à la Place Mariale sise à la Cathédrale Sacré-Cœur de Brazzaville. Dans son homélie, Mgr Bienvenu Manamika Bafouakouaou, archevêque métropolitain de Brazzaville, a parlé de l’image ou de la figure du cardinal, qui n’appartient pas à une seule région ni à un seul département. Un rappel à l’unité, en ces moments-ci où le tribalisme, le régionalisme, le clanisme et l’exclusion sont en train de gangrener la société congolaise.
Seul, le Président Alphonse Massamba-Débat, dont la mémoire a été réhabilitée par la Conférence nationale souveraine en 1991, n’a eu malheureusement droit ni à une gerbe de fleurs ni à une cérémonie d’hommage. Et pour cause, non seulement qu’il n’a pas de sépulture, mais encore aucun lieu n’a jusque-là jamais été aménagé pour honorer sa mémoire. Ses parents, ses amis et sympathisants ne savent pas où se recueillir et lui déposer des fleurs.

Au nom de l’unité de son peuple, la République du Congo ne peut continuer à traîner, année après année, ce qui apparaît clairement comme une injustice blessante pour nombre de Congolais. Il faut tourner la page en y mettant un terme. N’est-il pas temps que l’Etat congolais lui construise un cénotaphe ou une stèle soit à Brazzaville soit à Boko, son district d’origine? Nul n’est besoin de rappeler que dans la culture bantoue, tout mort inspire du respect et doit avoir ipso facto une tombe. Car, les morts sont censés veiller en permanence sur les vivants. Comme l’a affirmé Victor Hugo, «les morts sont invisibles mais non des absents».
Nos dirigeants actuels devraient se ressaisir et avoir la volonté de construire une stèle ou un monument, pour commémorer tous nos Présidents défunts et sur lesquels serait gravé en lettres d’or: «A tous les anciens Présidents de la République, la Nation congolaise reconnaissante». L’on y déposerait, au nom de la République reconnaissante, des gerbes de fleurs, non pas seulement le jour de la Toussaint, mais aussi les 15 août et 28 novembre, dates commémorant respectivement l’indépendance et la proclamation de la République.
Enfin, nos Présidents, quoiqu’ils aient fait, (errare humanum est), «doivent reposer en paix, dans leurs tombeaux, jusqu’au jour où Dieu les réveillera, pour qu’ils voient la clarté de sa face, la lumière sans déclin, pour les siècles des siècles», comme l’affirme le rituel des funérailles catholiques. Et pourquoi pas, comme aux Etats-Unis d’Amérique, «une journée des Présidents?».
Dieudonné ANTOINE-GANGA.









