Nouveau gouvernement de la République

Une équipe élargie, appelée à beaucoup travailler, pour convaincre dans un an

Le Palais du peuple, à Brazzaville, a servi de cadre, dans la soirée du vendredi 24 avril 2026, à la proclamation officielle de la nouvelle équipe gouvernementale, par le ministre d’Etat Florent Ntsiba, directeur de cabinet du Chef de l’Etat. C’est autour de 22h45 que la diffusion de la proclamation du nouveau gouvernement conduit par le Premier ministre Anatole Collinet Makosso est intervenue. Le moins qu’on puisse dire est que le sentiment de déception semble l’emporter chez les Congolais. Le nouveau gouvernement, qui démarre avec un grand déficit de confiance de l’opinion, est appelé à beaucoup travailler pour trouver les réponses nécessaires aux attentes fondamentales des populations, avant les législatives de 2027 qui occasionneront, suivant la tradition démocratique et républicaine, de réadapter l’exécutif à la configuration politique qui en sortira.

Enfin, finie la longue attente, depuis la proclamation des résultats de l’élection présidentielle, le 17 mars dernier. La nouvelle équipe gouvernementale est connue et le mandat de l’accélération de la marche vers le développement amorce son décollage. Constituée de 41 membres, contre 37 dans le gouvernement passé, il compte un Vice-Premier ministre, trois ministres d’Etat, trente-cinq ministres et deux ministres délégués.
Le quintette de tête du gouvernement de l’accélération de la marche: le Premier ministre Anatole Collinet Makosso; le Vice-Premier ministre Jean-Jacques Bouya, les ministres d’Etat Pierre Oba, Alphonse Claude N’Silou et Pierre Mabiala.
Pour ce qui est de la composition, le nouveau gouvernement est pratiquement la reconduction de l’ancien. Il y a à peine six sortants:
– Charles Richard Mondjo, ministre de la défense nationale;
– Emile Ouosso, ministre de l’énergie et de l’hydraulique;
– Gilbert Mokoki, ministre du contrôle d’Etat, de la qualité du service public et de la lutte contre les anti-valeurs;
– Antoine Thomas Nicéphore Fylla Saint-Eudes, ministre du développement industriel et de la promotion du secteur privé;
– Léon-Juste Ibombo, ministres des postes, des télécommunications et de l’économie numérique;
– Ghislain Thierry Maguessa Ebomé, ministre de l’enseignement tech nique et professionnel.
Comme dans un jeu de chaises musicales, quatorze ministres ont changé de portefeuille. Il s’agit des ministres d’Etat Alphonse Claude N’Silou, Pierre Mabiala et Pierre Oba, des ministres Raymond Zéphirin Mboulou, Jean-Claude Gakosso, Bruno Jean-Richard Itoua, Jean-Marc Thystère-Tchicaya, Ingrid Olga Ghislaine Ebouka-Babackas, Rigobert Maboundou, Josué Rodrigue Ngouonimba, Jacqueline Lydia Mikolo, Marie-France Hélène Lydie Pongault, Irène Marie Cécile Mboukou-Kimbatsa née Goma, et Luc Joseph Okio.
D’autres ont eu leurs portefeuilles modifiés. Enfin, il y a onze entrants. Il s’agit de:
– Jean Olessongo Ondaye, ministre de l’intérieur et de la décentralisation;
– Constant Serge Bounda, ministre des affaires étrangères, de la Francophonie et des Congolais de l’étranger;
– Noël Léonard Essongo, ministre du contrôle d’Etat, de la qualité du service public et de la lutte contre les anti-valeurs;
– Stève Simplice Onanga, ministre des hydrocarbures;
– Urbain Fiacre Opo, ministre de l’industrie minière et de la géologie;
– Michel Djombo, ministre du développement industriel, des zones économiques spéciales et de la promotion du secteur privé;
– Rodrigue Charles Malanda-Samba, ministre de l’emploi, de l’entreprenariat et de la formation qualifiante;
– Serge Nzé, ministre des postes, des télécommunications et de l’économie numérique;
– Fulgence René Adicolle-Goum, ministre de l’enseignement technique et professionnel;
– Prince Bahamboula, ministre délégué chargé de l’industrie touristique;
– Michrist Kaba-Mboko, ministre délégué chargé de la jeunesse et de l’éducation civique.
Le profil des entrants donne à penser que la formation du gouvernement, une institution éminemment politique, même si chez nous elle ne peut plus être renversée par la majorité à l’Assemblée nationale, n’est plus un enjeu sous l’influence des partis politiques, fussent-ils de la Majorité présidentielle.
En effet, les nouveaux ministres viennent, en majorité, des sphères plutôt techniques et professionnelles. Ce ne sont pas des acteurs politiques connus de la scène nationale, à l’exception des députés Rodrigue Charles Malanda-Samba et Prince Bahamboula et de Michrist Kaba-Mboko, qui était jusque-là secrétaire exécutif du Conseil consultatif de la jeunesse. Leurs profils obéissent au choix du Président de la République et certains d’ailleurs sont ses conseillers. Ce qui donne l’impression que le gouvernement est devenu, progressivement, une chasse gardée du Chef de l’Etat,  qui n’a plus besoin de compromis, d’entente politique ni de propositions venant des partis, pour le former, d’autant plus que ses choix sont portés et systématiquement soutenus par les partis de la Majorité présidentielle. Avec ce gouvernement, aucun pronostic né dans l’opinion ne s’est réalisé. Tout donne à penser que faire le contraire de ce que veut l’opinion est le grand principe de la gouvernance politique congolaise.
Il reste maintenant que le gouvernement de l’accélération de la marche vers le développement se mette résolument au travail, pour convaincre les Congolais de son efficacité. Ces derniers s’étaient mobilisés en grand nombre pour la réélection de Denis Sassou-Nguesso, mais aujourd’hui, à l’issue de la nomination du Premier ministre et de la formation du gouvernement, ils manifestent une grande déception des choix opérés. Le choc étant dans le domaine du sport où nombre de sportifs s’attendaient à un changement et qui se retrouvent dans la continuité caractérisée par la décadence des activités sportives, avec des stades fermés. Nombreux sont ceux qui avouent ne plus y croire. Mais, voyons voir, le Président de la République a promis qu’il veillera lui-même à la résurrection du sport national.
Enfin, il y a aussi les déçus de l’élection présidentielle, ceux qui ont eu des signaux à l’issue de la campagne électorale, d’être promus, pour le travail réalisé, et qui se retrouvent dans l’oubli, tout au moins à cette importante étape. Dans un an, ce sont les législatives, il faut travailler à redonner confiance aux Congolais et ce n’est pas une mince affaire.
Céleste Exaucé SINDOUSSOULOU et Jean-Clotaire DIATOU

La proclamation du nouveau gouvernement

Oh bonjour
Ravi de vous retrouver.

Inscrivez-vous pour recevoir du contenu génial dans votre boîte de réception.

Nous ne spammons pas !

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici