Maison russe de Brazzaville
James Gassongo et «Les malades
en vadrouille» à la rencontre du public
L’écrivain congolais James Gassongo a présenté, mercredi 6 mai 2026, son recueil de nouvelles, «Les malades en vadrouille», lors d’une rencontre avec le public, à la Maison russe de Brazzaville. Publié en 2025, par les Editions Le Lys bleu (France), l’ouvrage contient huit nouvelles écrites sur 216 pages, «véritable kaléidoscope de destins croisés», qui «explore la complexité humaine à travers huit récits distincts, dépeignant une cité en déliquescence où l’anarchie et la violence rongent les fondements de la vie sociale».
La rencontre, modérée par le Dr Mbou Tsamana Macyval, s’est déroulée en présence de plusieurs acteurs du monde culturel et universitaire, ainsi que d’étudiants et d’amoureux de littérature. Mme Emma Mireille Opa Elion, fondatrice du Festival «Caravane du livre» et écrivaine, y a également pris part. Un panel littéraire autour de l’œuvre et de son auteur a été animé par le prêtre-journaliste, l’abbé Aubin Banzouzi, Gildas Quantin Moukambou, directeur de la coopération au Ministère de l’environnement, et le Dr Guy Armand Mapassi, enseignant à l’Université Marien-Ngouabi. Les trois critiques ont livré différentes lectures du recueil, mettant en lumière sa portée sociale, philosophique et humaine.

Il convient de souligner que l’œuvre littéraire, «Les malades en vadrouille», apparaît comme un miroir sans complaisance d’une société qui expose ses propres failles, tout en peinant encore à les affronter. À travers ce recueil, James Gassongo dresse un portrait critique d’une société minée par les anti-valeurs, la corruption morale et la quête effrénée de l’argent.
Pour Aubin Banzouzi, «Les malades en vadrouille» «est un miroir que James Gassongo tend à sa société». Selon lui, la maladie évoquée dans l’ouvrage est «contagieuse», incarnée notamment par «la lâcheté et la course à l’argent facile». Il estime que le véritable remède se trouve entre les mains du lecteur, dans une œuvre qui «croit encore que la littérature peut secouer les consciences».
De son côté, Gildas Quantin Moukambou a qualifié la production littéraire de James Gassongo «d’œuvre de lucidité radicale», y voyant à la fois «un document sociologique sur l’Afrique contemporaine», une réflexion philosophique sur l’identité et une critique des systèmes sociaux défaillants.

Le Dr Guy Armand Mapassi a, quant à lui, salué la capacité de l’auteur à construire des personnages confrontés à leurs propres contradictions. Il a également souligné «le mérite de James Gassongo de transformer les vulnérabilités humaines en ressources poétiques».
Lors de l’échange avec le public, l’auteur a révélé avoir dédié l’ouvrage à son père disparu avant sa publication. Revenant sur le sens du titre, il a expliqué que «les maladies» représentent «l’identité de la crise sociale». «Le livre pose la question de savoir dans quelle société vivons-nous», a-t-il déclaré. La rencontre s’est conclue par une séance de dédicaces, dans une ambiance conviviale entre l’auteur et le public.
Roland KOULOUNGOU
Reportage









