Ministère de l’énergie et de l’hydraulique

Au moins deux ans, pour redresser
les services de l’électricité et de l’eau

Nommé récemment à la tête du Ministère de l’énergie et de l’hydraulique, Bruno Jean-Richard Itoua a livré les grandes lignes de sa feuille de route, lors d’une communication qu’il a faite, vendredi 5 juin 2026, à l’Hôtel Saint-François de Paule, à Brazzaville, aux cadres des secteurs de l’électricité et de l’eau relevant de sa tutelle. Il a annoncé la mise en place d’un Plan d’action à très court terme, qui reprend l’ensemble des projets qui existent actuellement dans les deux secteurs et qui sont pour la plupart financés. Mais, ce plan d’actions, quoiqu’estimé à «très court termes», couvre une période de deux ans. Bruno Jean-Richard Itoua pense que c’est le délai raisonnable, pour «commencer à améliorer, de façon substantielle, le service de l’électricité et de l’eau».

Dans l’abondance du talent oratoire qui le caractérise, Bruno Jean-Richard Itoua, qui a été affecté à la tête du Ministère de l’énergie et de l’hydraulique, département ministériel qu’il a déjà dirigé de 2005 à 2011, a fait une communication d’une heure. Objectif: dévoiler sa feuille de route et les grandes lignes de sa stratégie de gouvernance et de développement des deux secteurs. A l’analyse de sa communication, on peut dire qu’il s’est pratiquement donné trois objectifs:
– mettre en place un Plan d’action à très court terme destiné à réhabiliter les services de l’électricité et de l’eau;
– instaurer une période transitoire qui aboutira à un nouveau contexte juridique des deux secteurs;
– changer les lois portant code de l’électricité et code de l’eau.
Pour améliorer, de façon substantielle, les services de l’électricité et de l’eau, Bruno Jean-Richard Itoua a décidé de mettre en place un Plan d’action à très court terme, qui reprend l’ensemble des projets qui existent actuellement et qui sont pour la plupart financés. Certains sont même en cours de réalisation. Une coordination générale va harmoniser l’évolution de tous ces projets.
Bruno Jean-Richard Itoua, ministre de l’énergie et de l’hydraulique
Cependant, il considère que le Plan d’action à très court terme couvre une période de deux ans, pour avoir des résultats probants. Mais, il est conscient qu’en le nommant à la tête de ce département ministériel, le Président de la République l’a préavisé de lui demander les comptes dans un an, donc en avril 2027, car il veut des résultats. Le ministre pense que ce sera un miracle d’avoir des résultats dans un an. Plutôt dans deux ans. La période de grâce de cent jours est mise à profit, pour poser les bases du travail, avec la nomination d’une équipe qui va très vite élaborer ce plan d’action à très court terme.
Avant d’atteindre l’objectif de doter les secteurs de l’électricité et de l’eau d’une nouvelle assise juridique, il entend instaurer une période transitoire qui le conduit à mettre entre parenthèses les réformes engagées dans les deux secteurs. Pour mettre en place des lois qui conviennent dans les secteurs de l’eau et de l’électricité et élaborer les politiques nationales de l’électricité et de l’eau, il faut du temps. Peu importe que ces codes revus prennent le temps qu’il faut, au regard de l’accélération de la marche vers le développement. Mais, en attendant que tous les éléments de gouvernance structurels ne soient prêts, Bruno Jean-Richard Itoua prévoit de mettre en place une période transitoire qui s’inscrit dans quatre délais: 2028 (dans deux ans,  pour le Plan d’action à très court terme); 2030; 2035 et 2040. Il espère que ces échéances seront traitées avec les nouveaux outils structurels de gouvernance qui seront mises en place.
Voilà qui aboutira au troisième objectif consistant à doter les secteurs de l’électricité et de l’eau d’une nouvelle base juridique. En clair, de deux nouveaux codes.
Actuellement, la Loi n°14-2003 du 10 avril 2003 portant code d’électricité et la Loi n°13-2003 du 10 avril 2003 portant Code de l’eau constituent le socle juridique, légal et institutionnel de la gestion des secteurs de l’électricité et de l’eau. Elles incarnent la doctrine que la Nation a adoptée il y a 23 ans; une doctrine qui repose sur la libéralisation des deux secteurs. Les deux codes instituent aussi que la fourniture de l’électricité et de l’eau sont des services publics. Donc, c’est l’affaire de l’Etat. C’est l’Etat qui est responsable du service public de l’électricité et de l’eau. Cependant, l’Etat peut concéder sa responsabilité, par délégation du service public à une entreprise publique ou privée qui devient alors délégataire.
Jean-Bruno Richard Itoua estime qu’on peut changer les deux lois. Il est ouvert à ce qu’on engage des démarches, pour changer les deux lois, en mettant en place un comité de travail, de relecture et d’analyse, pour revoir les choses, par rapport au recul qu’on connaît aujourd’hui. Pour l’instant, il reconnaît que, n’étant pas abrogées, les deux lois restent en vigueur et sont encore d’application stricte.
Reste maintenant à savoir si cette stratégie de deux ans est convaincante, dans le contexte actuel où la dégradation des services de l’électricité et de l’eau constitue un calvaire dans le quotidien des citadins d’une grande ville comme Brazzaville, la capitale, pour ne prendre que cet exemple.
Jean-Clotaire DIATOU
Communication de Bruno Jean-Richard Itoua

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