C.h.u de Brazzaville
Devant la crise, le prof Gombet renforce
le front contre les antivaleurs
Le directeur général du C.h.u (Centre hospitalier universitaire) de Brazzaville, le prof Thierry Raoul Alexis Gombet, a présidé, vendredi 26 juin 2026, dans l’auditorium du C.h.u, une réunion de travail avec les chefs des services médico-cliniques de son établissement de santé. Au cœur de l’échange: la montée des antivaleurs, au moment où le centre hospitalier fait face à des difficultés de fonctionnement. Raison pour laquelle il appelle à la nécessité de préserver l’éthique, de défendre l’image de l’hôpital et de maintenir la qualité des soins, malgré les difficultés que traverse l’hôpital. Il a évoqué aussi les perspectives de réorganisation de l’établissement ainsi que les projets de réhabilitation des infrastructures.
Face aux chefs de service, Thierry Raoul Alexis Gombet a dressé un diagnostic sans détour de la situation du C.h.u-B: retards de salaires; difficultés de fonctionnement et insuffisance de ressources financières, dans un contexte qui touche également l’ensemble des services sociaux du pays. Selon lui, la crise qui affecte le fonctionnement quotidien du C.h.u-B favorise l’apparition de comportements contraires à l’éthique professionnelle, notamment la désertion de certains services, des insuffisances dans la prise en charge des patients ou encore des demandes indues d’argent pour certains actes médicaux. On assiste ainsi à une montée des anti-valeurs. Mais, il a reconnu, malgré tout, que ce n’est pas le cas de tout le monde. «Ce n’est pas parce que certains parmi nous se comportent mal qu’il faut jeter l’opprobre sur tout le personnel. La majorité continue de venir travailler et de soigner les malades, malgré toutes les difficultés», a-t-il déclaré.

S’appuyant sur son expérience professionnelle, il a exhorté les médecins à ne pas perdre de vue leur vocation. Évoquant les périodes de guerre civile et les longues crises déjà traversées par le C.h.u-B, il a rappelé que le personnel avait toujours su préserver son engagement. «Nous n’avons jamais perdu la passion du métier. J’ai peur que vous la perdiez aujourd’hui au contact de la dure réalité», a-t-il prévenu. À ses yeux, les chefs de service doivent demeurer des références pour les jeunes praticiens et transmettre les valeurs attachées au service public hospitalier.
Le directeur général du C.h.u s’est, également, insurgé contre les généralisations qui, selon lui, ternissent l’image de l’établissement. Il a appelé les chefs de service à rétablir les faits, chaque fois que des informations inexactes circulent sur l’hôpital. Il les a exhortés à l’engagement collectif. «Battez-vous pour que cette maison ne meurt pas, parce que vous n’en aurez pas une autre», a-t-il dit. Pour lui, le C.h.u-B doit continuer d’assurer ses trois missions fondamentales: les soins; la formation et la recherche. «Malgré les difficultés financières, plusieurs projets avancent», a-t-il rassuré.










