Lettre ouverte au candidat à l’U.a.t, Luc Missidimbazi

Pour une vision africaine de la souveraineté numérique, à l’horizon 2063

Luc Missidimbazi conseiller chef du Département postes, telecom et numérique à la Primature
Monsieur,
À l’heure où l’Afrique entre dans une nouvelle phase de son histoire numérique, votre candidature au poste de secrétaire général de l’U.a.t (Union africaine des télécommunications) suscite espoir, intérêt et attentes. Au-delà des parcours individuels, les peuples africains souhaitent, aujourd’hui, comprendre la vision que portent celles et ceux qui aspirent à contribuer à la gouvernance du numérique continental. Dans cet esprit constructif, Afrik@Cybersecurite vous adresse les questions suivantes.

A- Gouvernance et confiance
1- Quelle est votre définition de la souveraineté numérique africaine en 2063? Considérez-vous que celle-ci repose principalement sur les infrastructures technologiques ou également sur la maîtrise des données, des compétences, des normes et des capacités de décision?
2- Quelle place accordez-vous à la cybersécurité dans la construction de cette souveraineté? Peut-on envisager une transformation numérique durable sans stratégie continentale de cybersécurité?
3- Comment renforcer la confiance numérique entre les États africains? Quels mécanismes permettraient de construire un véritable espace africain de confiance numérique?

B- Données et intelligence artificielle
4- À qui appartiennent les données africaines? Comment garantir que les données produites par les citoyens africains contribuent prioritairement au développement de l’Afrique?
5- L’Afrique doit-elle disposer de sa propre doctrine continentale de gouvernance des données? Quels seraient selon vous les principes fondamentaux de cette doctrine?
6- Quelle stratégie recommandez-vous pour éviter que l’Afrique devienne uniquement consommatrice d’intelligence artificielle? Comment favoriser l’émergence d’une IA africaine de confiance?

C- Infrastructures de souveraineté
7- Les centres de données installés en Afrique sont-ils réellement souverains? Quels critères permettent selon vous d’évaluer leur niveau réel de souveraineté?
8- Quel équilibre faut-il trouver entre investissements étrangers et maîtrise africaine des infrastructures critiques?
9- Comment réduire la dépendance stratégique de l’Afrique vis-à-vis des grandes plateformes numériques mondiales?

D- Compétences et capital humain
10- Quel est aujourd’hui le principal déficit de compétences numériques en Afrique?
11- Comment valoriser davantage les experts africains dans les instances internationales?
12- Pensez-vous qu’il soit nécessaire de constituer un Réseau Africain des Experts Stratégiques de Confiance capable de représenter durablement les intérêts du continent?

E- Télécommunications et intégration africaine
13- Comment accélérer la construction d’un véritable marché numérique africain?
14- Les télécommunications africaines sont-elles suffisamment pensées dans une logique d’intégration continentale?
15- Quel rôle l’U.a.t doit-elle jouer dans l’Agenda 2063 de l’Union africaine?

F- Résilience et sécurité des peuples
16- Comment protéger les populations africaines contre les risques cyber émergents?
17- Quels mécanismes recommandez-vous pour renforcer la résilience numérique des administrations publiques africaines?
18- L’Afrique doit-elle disposer d’un mécanisme continental de gestion des crises cyber?

G- Société civile et participation citoyenne
19- Quel rôle attribuez-vous aux organisations de la société civile dans la gouvernance du numérique africain? Doivent-elles être de simples observateurs ou de véritables partenaires stratégiques?
20- Comment associer davantage les universités, les chercheurs, les associations professionnelles, les communautés techniques et les citoyens à la construction du futur numérique africain?

H- Question fondamentale
21- Si vous êtes élu, quel héritage souhaitez-vous laisser à l’Afrique en matière de télécommunications, de cybersécurité et de souveraineté numérique à l’horizon 2063?

Monsieur,
Ces questions ne visent pas uniquement à éclairer votre candidature. Elles visent à nourrir un débat continental indispensable. Car l’Afrique ne gagnera pas la bataille de sa souveraineté numérique uniquement grâce aux infrastructures qu’elle construira. Elle la gagnera grâce à la vision collective qu’elle portera.
Nous vous remercions par avance pour l’attention portée à cette démarche et restons convaincus que le dialogue entre les institutions, les experts, le secteur privé et les organisations de la société civile constitue l’une des conditions essentielles du Numérique de Confiance pour les peuples et la planète. Veuillez recevoir, Monsieur, l’expression de notre haute considération.
Dr Chrysostome NKOUMBI-SAMBA
Président AFRIK@CYBERSECURITE
(France)
Par Chrysostome Nkoumbi Samba

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