Le développement est un chemin long et difficile. Il est pavé d’embuches; il a des exigences comme la bonne gouvernance, c’est-à-dire la façon responsable et rigoureuse, de gérer, de manière transparente et équitable, les ressources du pays, pour servir l’intérêt général.
Les embûches, qui surgissent facilement quand on n’y prête pas attention, sont généralement pour servir les intérêts égoïstes qui prospèrent, quand la gestion publique prête le flanc à l’opacité, la corruption, la négligence, le laisser-aller, le clanisme… Dans la bonne gouvernance, le pays s’enrichit et se développe. Quand surgissent les embûches, ce sont des acteurs de la classe dirigeante qui s’enrichissent, au détriment de la grande majorité de la population.
Le développement d’un pays est un processus long, complexe et continu, qui demande aux dirigeants des efforts constants dans les domaines clés de la vie de la Nation et même le sacrifice de soi. Depuis les années 2000, le Congo investit beaucoup dans le domaine de l’électricité et de l’eau courante. Comme la gouvernance ne suit pas, le recul est spectaculaire. Dans la ville capitale, la vie des citadins est maintenant réglée au rythme des coupures d’électricité et des pénuries d’eau courante. Cela interroge beaucoup plus la gouvernance ou la gestion publique que le manque de ressources.
Le développement est un processus cumulatif. Si on ne gère pas bien ce qu’on a acquis, on connaît des reculades. C’est ce qui nous arrive. Un joyau comme l’usine hydroélectrique d’Imboulou, s’il était bien géré, n’aurait pas connu le triste sort qui lui est aujourd’hui réservé en à peine 15 ans d’exploitation. On se perd en explications techniques, pour justifier sa baisse drastique de production. Mais, la réalité est là pour nous confondre. Le peuple a fondamentalement besoin d’actions concrètes pour son bien-être et non d’explications techniques à n’en point finir. L’Etat est garant du développement socio-économique de la Nation. Or, l’électricité est à la base de ce développement, une fois que les conditions de sécurité et de paix sont établies. Quand l’électricité fait défaut, c’est le développement qui est remis en cause.
Il est de notoriété que l’électricité est le moteur indispensable du développement économique et social. Aucun pays au monde ne peut prétendre s’industrialiser ou atteindre une prospérité durable, sans garantir à sa population un accès fiable, permanente et abordable à l’électricité. Avec ou non des partenaires privés pour réaliser les opérations de production, transport et distribution de l’électricité, l’Etat ne devrait connaître, à aucun moment, la faillite de sa mission régalienne de garantir à sa population, l’accès à l’électricité. Sauf catastrophe naturelle ou provoquée ou cas de force majeure, comme on dit. Quand les dirigeants passent leur temps à expliquer qu’on va faire ceci ou cela, qu’on va régler la situation, alors que cela fait des années qu’on ploie sous le régime des délestages, il est difficile de ne pas remettre en cause leurs compétences en matière de gouvernance. Ce qui nous arrive dans la gestion de lr’électricité n’est pas un simple incident de parcours. C’est une catastrophe provoquée par l’homme et qui menace de plomber notre développement.

L’HORIZON AFRICAIN

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