Il est clair que le Congo enregistre des progrès sur le chemin du développement dans pas mal de domaines. Mais, ces progrès sont contrariés par les faiblesses du management public ou la gestion courante des affaires publiques. Ce qui provoque une dégradation regrettable des conditions de vie des populations. Electricité, eau courante, transport en commun, éducation, santé, justice, sécurité publique, administration publique, etc, sont autant de domaines de la vie nationale où la production des services ne comble pas les attentes des populations.
Ce ne sont pas les ressources financières qui font défaut à notre pays, même si son niveau d’endettement est préoccupant, à 92,46% du P.i.b (Produit intérieur brut), selon la C.c.a (Caisse congolaise d’amortissement). Avec l’augmentation des prix du pétrole, le gouvernement a revu à la hausse le budget de l’Etat 2026, pour atteindre 2.778 milliards de francs Cfa de recettes contre 2.551 milliards 540 millions de francs Cfa prévus dans la loi initiale, et des dépenses augmentées à 2.551 milliards de francs Cfa contre 2.320 milliards 167 millions de francs Cfa dans la loi initiale.
Et pourtant, le quotidien des populations ne semble pas être impacté positivement par cette tendance à la hausse. Dans le domaine de la sécurité sociale par exemple, les retraités subissent des retards vertigineux dans le versement de leurs pensions. Depuis l’année 2016, pour ne prendre que ce repère, les retraités de la C.r.f (Caisse de retraite des fonctionnaires) enregistrent, chaque année, des arriérés de pensions. Des suspicions de détournements de fonds n’ont jamais amené le gouvernement à déligenter les enquêtes nécessaires, pour mettre en œuvre les mesures correctives qui garantiraient le fonctionnement normal du système de sécurité sociale. Cette année, le compte spécial du trésor relatif aux caisses de retraite est plafonné à 70 milliards 642 millions de francs Cfa. Et pourtant, les mois passent et les pensionnés semblent condamnés à la misère.
Les secteurs de l’eau courante et de l’électricité causent au pays un retard inexplicable, comparé aux investissements importants réalisés depuis les années 2000. A la construction du barrage hydro-électrique d’Imboulou et des lignes très haute tension du réseau électrique national, le Congo s’était même donné l’ambition d’être un boulevard énergétique à l’échelle nationale et sous-régionale. Imboulou a été construit. Quinze ans après son exploitation, on a l’impression d’être revenu à la case-départ, avec des délestages dans la ville capitale, qui rappellent la période post-guerre 97. Au moins à l’époque, la raison était claire: la guerre a tout détruit. Aujourd’hui, qu’est-ce qui explique un tel recul? La mauvaise gouvernance. On a géré un ouvrage sans se soucier de son entretien. Et ce n’est qu’un exemple. Le fléau de la mauvaise gouvernance affecte de nombreux secteurs de la gestion de l’Etat.
Lorsque la gouvernance ne s’arrime pas à la rigueur, à la gestion axée sur les résultats, au suivi des actions, au respect de la planification, à la lutte contre les anti-valeurs particulièrement en ce qui concerne les fonds publics, elle connaît des reculs spectaculaires qui rendent aléatoires les plans et programmes que le pays se fixent. Les lamentations des retraités, des Epa (Établissements publics administratifs), comme le Centre national d’informations économiques et de conseils en gestion, le Centre national d’études et d’évaluation des projets d’investissement et l’Institut des hautes études maritimes et fluviales; celles des enseignants communautaires et volontaires qui cumulent plusieurs mois d’arriérés, les attentes dans les secteurs de la santé, de l’enseignement supérieur, de l’enseignement secondaire, etc, questionnent généralement la gouvernance publique et non le défaut de ressources financières. Il faut améliorer la gouvernance, pour garantir le développement du pays.

L’HORIZON AFRICAIN

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