Les nominations au Ministère de l’intérieur et de la décentralisation ont pris l’allure d’un événement de nature à apporter les changements souhaités dans le fonctionnement de l’Etat. En réalité, que nenni! A y regarder de près, ces nominations ne semblent s’aligner que dans l’esprit de la guerre d’influence des clans au sein du pouvoir. D’ailleurs, les réseaux sociaux, qui charrient tout (rumeurs, vérités tronquées, contre-vérités, manipulations, etc), ont déjà désigné le Belzebuth à qui l’on règle les comptes. Conséquence, après ces nominations: d’un côté on danse de joie; de l’autre on grince les dents et on cherche l’heure de la revanche. Voilà ce à quoi la gestion de l’Etat est réduite: les rivalités entre clans.
Au-delà des grandes proclamations officielles contenues dans les plans, programmes et projets, la réalité quotidienne semble avoir enfermé la gouvernance publique dans les rivalités sournoises entre acteurs puissants autour du Président de la République. La guerre d’influence, qui bat son plein, a besoin de loyauté, de fidélité, de réseautage de la part des cadres, etc. Malheureusement, c’est de là que découle essentiellement leur choix aux grands postes de responsabilité publique. Quand les compétences ne s’alignent pas, leur sort est d’être laissées au bord du chemin. La gestion axée sur les résultats est reléguée au second plan au profit de la nécessité de caser des poulains.
Au regard de la troisième mission du Pag (Programme d’action du gouvernement), il y a lieu de s’interroger sur la question de la moralité des cadres nommés. «De la valorisation du capital humain et de la moralisation de la vie administrative dépendra, en grande partie, la redynamisation de l’économie nationale, qui constitue l’une des missions essentielles du gouvernement», dit le Premier ministre Anatole Collinet Makosso. Qui peut attester de la moralité de chacun des cadres promus ou réaffectés à des postes de responsabilité publique? Il y en a qui sont bons, mais il y en a qui suscitent des doutes.
Par manque de politique perspicace de gestion des ressources humaines, basée sur la compétence, la moralité et les résultats, on privilégie la cooptation qui est la cause principale du retard du Congo en matière de développement, en dépit de ses ressources naturelles qui le prédisposent à être parmi les pays les mieux développés du continent. Conséquence, les nominations aux grands postes de responsabilité publique prennent l’allure du «ôte-toi de là que je m’y mette», consécutif à la guerre d’influence entre clans. Le pays en pâtit, il n’avancera pas de manière décisive avec ça. On tourne en rond, on est dans l’éternel recommencement.
L’HORIZON AFRICAIN





