L’électricité! Voilà le sujet dans toutes les conversations dans la ville capitale. Et pour cause, les coupures qui en privent les citadins pendant des jours voire des semaines. Nos amis communs Itoua, Mboungou, Tati et Yakamambu tombent souvent dans ces conversations: «Ça fait trois jours, nous n’avons pas d’électricité». «Mon téléphone était déchargé, ça fait une semaine que nous n’avons pas d’électricité». «La boucherie de ma Mado a fermé, son groupe électrogène est tombé en panne. Cela fait deux semaines qu’il n’y a pas d’électricité dans le quartier». «Madame, vos grilles ne sont pas encore terminées, je ne peux pas vous dire quand est-ce que ça va finir, ça dépend de l’électricité».
Itoua, Mboungou, Tati et Yakamambu ont fini par comprendre qu’il y a un sérieux problème dans la ville: les coupures d’électricité. Les autorités ne disent rien. Dans les réseaux sociaux, tout le monde fulmine contre ces autorités, qui sont incapables de régler le problème de l’électricité. Où allons-nous? Quand est-ce que ça va finir?
En plus de cela, le carburant est difficile. Devant les stations d’essence, de longues files de véhicules attendent. Entre temps, le super était disponible. Maintenant, et le super, et le gasoil, tout est difficile. Mais, comment on va vivre dans ce pays?
Nos amis communs, Itoua, Mboungou, Tati et Yakamambu, souhaitent organiser une émission publique où tout le monde va parler, dire ce qu’ils pensent de la gestion du pays. On ne peut pas continuer comme ça. «Ah oui, mais on va vous arrêter!», lance un ami de Mboungou. «Si on dénonce ce qui se passe on va nous arrêter?». «Mais oui, la fois passée, les étudiants qui manifestaient ont été arrêtés». «Aïe, mais quel pays, même dénoncer ce qui se passe vous conduit en prison!». «Donc, on est où là?». «Mieux vaut rester tranquille, on dit que les autorités travaillent pour régler la situation».
«Ah bon? Mais, les délestages ne datent pas d’hier». «En tout cas! Les pénuries d’eau, les délestages d’électricité, les crises de carburant ne datent pas d’hier». «C’est leur vrai projet de société». «Oui, nous faire souffrir tout le temps, augmenter le chômage, c’est leur vrai projet de société». «Sauf que personne n’en parle». «Ils veulent seulement rester là pour bouffer». «Oui, personne ne démissionne pour manque de résultat dans sa gestion».
«Vous n’avez qu’à changer de pays, si vous voulez, mais ici c’est comme ça».
Itoua, Mboungou, Tati et Yakamambu regrettent de n’avoir pas suivi leur ami, Micho, qui avait fait son aventure en France. «Tu vois, Micho est pour lui bien là-bas». «Ah non, là-bas il y a un terroriste blanc qui tue les Noirs, les Arabes…». «Je préfère quand même faire l’aventure là-bas, c’est mieux. Au moins là-bas, les autorités ont arrêté le terroriste blanc». Sur le coup, Itoua, Mboungou, Tati et Yakamambu ne savent plus ce qu’il faut faire. Comprenne qui pourra. Aurevoir et à bientôt!

Diag-Lemba.

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