Te souviens-tu du feu qu’on allumait au mbongui ou sanza, chaque soir et qui laissait un grand amas de cendres chaudes le lendemain matin? C’était les années 50 et 60, avant que l’on ne nous impose, pour nous éclairer, les lampes-tempête dont nous remplissions les réservoirs de pétrole lampant que l’on achetait chez le marchand du coin ou à la station d’essence de Taata Victor Moumpala ou de Texaco-la-Tsiémé?
Incroyable mais vrai! A force de parler, tous les jours, du délestage d’électricité et de la pénurie d’eau courante dans nos robinets, nous oublions d’évoquer la pénurie permanente du pétrole lampant, particulièrement dans la capitale Brazza-la-verte et de nos villages. C’est ce qu’en tout cas, nos amis communs Itoua, Mboungou, Tati et Yakamambu ont constaté. La pénurie du pétrole lampant ne fait plus parler d’elle depuis belle lurette. Sans doute, parce qu’on s’éclaire de moins en moins avec les lampes tempêtes et que les lampes électriques «made in China», fonctionnant à l’aide de piles ou de batteries rechargeables ou solaires, ont pris la place de nos traditionnelles lampes tempêtes, dont la marque de prestige était la Luciole Gouillouard «made in France».
Tiens! Dans les stations-services, l’on y trouve pourtant des pompes avec l’inscription «Pétrole», mais vide, complètement vide. Ces pompes ressemblent à des trophées qui décorent nos salons ou nos bureaux. Jusqu’à ce jour, si je ne m’abuse, aucun député, ni aucun sénateur ni encore aucun ministre n’a évoqué le manque perpétuel de pétrole lampant. On dirait que c’est loin de leurs soucis. Pourtant, la demande n’a pas disparu. Dans les quartiers populaires et dans nos villages, la lampe tempête est encore d’usage.
Pour pallier à la pénurie de pétrole lampant, certains concitoyens qui le peuvent, se rabattent dans les boutiques chinoises pour y acheter des lampes «led chargeables» qui, après avoir emmagasiné des rayons du soleil, illumine, la nuit, les maisons, les mbonguis, les sanzas et les cours de nos villages. C’est dit-on du «débrouiler-Congo».
Quant aux autres citoyens lambdas de nos villages, à en croire Itoua, Mboungou, Tati et Yakamambu, ils se contentent de s’éclairer avec le feu qu’ils allument sous la véranda ou devant la porte de leurs maisons, comme dans les années 40. Mais jusques à quand laissera-t-on le peuple congolais régresser et sombrer petit-à-petit dans la misère?
Jusques à quand le peuple congolais vivra-t-il dans la nudité? Attention, «la nudité ne concerne pas le vêtement, la nudité; c’est aussi le manque de dignité humaine et de cette magnifique vertu qu’est la pureté, ainsi que le manque de respect des uns envers les autres. Être sans abri, ce n’est pas seulement ne pas avoir de maison en dur; être sans abri, c’est également être rejeté, exclu, pas aimé», dixit Mère Teresa de Calcutta.
Le pétrole lampant est un produit de consommation courante qui a encore une place dans la société congolaise. Nos dirigeants ne devraient pas l’oublier. S’ils aiment leur peuple, ils doivent veiller à son bien-être, en rendant le pétrole lampant disponible. Les cadres de la Société nationale des pétroles du Congo, S.n.p.c, ne devraient pas l’oublier, eux dont la mission est d’approvisionner le pays en produits pétroliers raffinés. Le Congo de nos quartiers populaires et de nos villages a besoin de pétrole lampant. Comprenne qui pourra. Aurevoir et à bientôt!
Diag-Lemba.



