En cette période de saison sèche dans la partie méridionale du pays, nos amis communs, Itoua, Mboungou, Tati et Yakamambu, comme de bons vacanciers, sont allés au village Maniéto, situé entre les localités de Mbamou et Kibuendé, dans le Département du Pool. Au début, ils ont même assisté au désherbage et à la construction de tombes ainsi qu’à la fête familiale qui s’en est suivie au village.
Depuis qu’ils sont au village, chaque jour ou presque, ils se retrouvent tous, le soir, au mbongui où mbuta Bazebizonza leur raconte des contes et des histoires pour les instruire et les faire grandir dans la sagesse de la vie. Justement, l’un des contes suivis a attiré leur attention. Il s’agit du conte du léopard et de la tortue que nos amis communs Itoua, Mboungou, Tati et Yakamambu m’ont demandé de te partager, fraternellement, afin d’en tirer des leçons de vie.
«Dans la forêt de Bangou, un léopard redouté, rapide, puissant, espiègle et rusé, avait imposé sa domination par la peur, en répétant aux animaux qu’il réunissait chaque semaine: «Celui qui possède la force détient la loi, et celui qui détient la loi dirige le monde». Aucun animal n’osait s’opposer à lui. Un jour, pourtant, une tortue s’avança lentement et, avec sagesse, dit: «Le pouvoir sans justice est comme un vent violent qui déracine les arbres, mais ne fait pousser aucune graine. Si je te montre que le monde n’appartient pas au plus fort, mais au plus juste, tu abandonneras. Si je perds, je me livre à toi».
Le léopard, furieux, accepta, bon gré mal gré. En trois jours, la tortue sillonna la forêt, parla à chacun des animaux, du respect, de l’amour, de la fraternité, de la tolérance, de l’unité, de la paix et des souvenirs d’antan où tous vivaient en harmonie. Le quatrième jour, le léopard frappa plusieurs tambours, pour appeler les gens, mais personne ne vint. La clairière était vide, seule une tortue sortit de l’ombre, en lui rappelant: «Tu disais que la force fait le roi. Tu as régné par la peur, moi en trois jours, j’ai éveillé les cœurs et les consciences».
Le léopard comprit qu’un roi sans peuple n’est qu’un chasseur solitaire. La force peut faire taire, mais seule la justice fait entendre. Le respect ne s’impose pas, il se mérite et celui qui unit vaut mieux que celui qui domine par la force et par la ruse».
En conclusion, mbuta Bazebizonza ajouta qu’«un partisan de la paix doit d’abord aimer son peuple et son pays avant toute autre chose. L’injustice peut se réparer, mais le désordre, non. Ce qui importe, c’est notre pays, le Congo. Les régimes passent, tout passe, mais ce qui demeure, c’est notre Nation congolaise».
Comprenne qui pourra. Au revoir et à bientôt!
Diag-Lemba.



