Après l’investiture du Président Denis Sassou-Nguesso
Démission du Premier ministre Anatole Collinet Makosso et de son gouvernement !
Après la prestation de serment, devant la Cour constitutionnelle, marquant l’entrée en fonction de Denis Sassou-Nguesso en tant que Président de la République, Chef de l’Etat, lors d’une cérémonie grandiose, jeudi 16 avril 2026, au Stade de Kintélé, commune proche de Brazzaville, le Premier ministre Anatole Collinet Makosso a remis, le lendemain vendredi 17 avril, sa démission et celle de son gouvernement, au Président de la République. C’est par un communiqué publié un jour non ouvrable, le dimanche 19 avril, que le ministre d’Etat Florent Ntsiba, directeur de cabinet du Chef de l’Etat, a rendu publique cette démission, en indiquant que le Chef de l’Etat a demandé à l’équipe gouvernementale sortante d’expédier les affaires courantes, jusqu’à l’installation de la prochaine équipe.
Comme le veut la tradition républicaine, à nouveau mandat présidentiel, nomination d’un Premier ministre et d’une équipe gouvernementale. Nommé le 12 mai 2021, Anatole Collinet Makosso a exercé ses fonctions de Premier ministre chef du gouvernement pendant tout le mandat d’«ensemble, poursuivons la marche», le projet de société de Denis Sassou-Nguesso entre 2021 et 2026. Présentant, le 21 juin 2021, devant l’assemblée nationale, son programme d’actions issu de ce projet de société, il avait baptisé son gouvernement comme étant un «gouvernement de défis et de batailles». Et les batailles à mener, il en avait dénombré douze, pour traduire le projet de société en actions gouvernementales.

Mais, sa mandature à la tête du gouvernement a été marquée par bien d’autres batailles politiques et économiques. Après les élections législatives de 2022, il avait présenté sa démission de principe. Le Président Denis Sassou-Nguesso lui avait alors renouvelé sa confiance, en le reconduisant. Pour relancer l’économie nationale, il lui aura fallu renouer le pays avec le F.m.i (Fonds monétaire internationale), en raison du niveau élevé de l’endettement public. Et c’est avec lui que, pour la première fois depuis le retour aux affaires du Président Denis Sassou-Nguesso, que le pays a achevé un programme avec le F.m.i. En effet, le 12 mars 2025, le Conseil d’administration du F.m.i validait la fin du programme Fe.c (Facilité élargie de crédit), à l’issue de la conclusion de la sixième revue, débloquant ainsi un financement en faveur du Congo.
On retiendra principalement qu’avec Anatole Collinet Makosso, le Congo a procédé à deux reprises à l’augmentation des prix du carburant, alors que sur le plan politique, on n’hésitait beaucoup à prendre cette décision dont on redoutait les conséquences. Finalement, par son talent d’homme de dialogue social, il a su ferrailler avec les syndicats des transporteurs, pour maintenir les prix des transports en commun, en préférant lâcher certaines taxes dans le domaine du transport.
Bref, ayant démarré sa mandature à l’époque de la crise sanitaire liée à la pandémie de covid-19, sur fond de crise économique due à la chute des prix du pétrole, il a ramé pour éviter un effondrement de l’économie nationale, surtout qu’avec la guerre en Ukraine, déclenchée en février 2022, le gouvernement était obligé de mettre en place un plan de résilience 2022-2023 sur la crise alimentaire. Louvoyant entre grèves dans le secteur public et dialogues sociaux, il a réussi à maintenir la stabilité de son équipe gouvernementale, en dépit d’une situation socio-économique difficile.

Par ailleurs, on se souvient que face à la tempête de la supposée affaire de «vente des terres au Rwanda», il a dû se plier en quatre, pour démontrer aux yeux de ses compatriotes, à travers les deux chambres du parlement, que son gouvernement n’avait jamais procédé à une quelconque vente des terres congolaises au Rwanda, écartant ainsi une menace de déstabilisation du pays qui semblait s’identifier à cette supposée affaire.
Anatole Collinet Makosso avait commencé et conduit sa mandature gouvernementale avec la tenue régulière, chaque trimestre, des séminaires gouvernementaux, sur les dossiers relatifs au programme d’actions du gouvernement et au P.n.d (Plan national de développement) 2022-2026, afin de planifier le travail et faire une autoévaluation des points forts et faibles de l’action gouvernementale. Mais, cette méthode de travail a fini par être abandonnée en 2024, on ne sait pour quelle raison.
Malgré ses hautes charges de Premier ministre chef du gouvernement, Anatole Collinet Makosso prenait une part active aux activités de son parti, le P.c.t (Parti congolais du travail), et il a eu un regard attentif sur la réalisation des projets publics dans la ville de Pointe-Noire. En somme, après sa démission, reviendra-t-il? That is the question, à l’heure où les scénarios les plus improbables sont avancés, sur la nomination du prochain Premier ministre!
Jean-Clotaire DIATOU










