Vie politique nationale
Le distingué conseiller Omessé Lékebé lance le parti des «responsabilitaristes»
Une nouvelle formation politique a fait son apparition dans le paysage politique congolais. Créé le 29 mai 2026, le P.r.c (Parti responsabilitariste congolais), avec à sa tête, Frunovy Mirnove Omessé Lékebé, conseiller départemental de la Cuvette-Ouest élu à Kellé, a, officiellement, annoncé son existence, le vendredi 12 juin dernier, à l’issue de son congrès constitutif qui s’est tenue dans la salle de conférence de la Préfecture de Brazzaville. Porté par une idéologie encore peu connue du grand public, le «responsabilitarisme», le parti entend proposer une alternative aux doctrines politiques traditionnelles.
Les travaux du congrès constitutif du P.r.c ont abouti à la mise en place des instances dirigeantes de cette nouvelle formation politique, avec à sa tête Omessé Lékebé, désigné président du parti. Le bureau exécutif national du P.r.c compte, également, parmi ses membres fondateurs, Fangi Miroumba, nommé vice-président du parti, Romaric Makoundou, désigné secrétaire général, Urcel Madzou, promu secrétaire général adjoint, ainsi que Ngokomo Ekengue, chargé des finances. À leurs côtés figurent six autres membres composant l’instance dirigeante du parti.
L’événement a également été marqué par la participation d’Arsène Mwezi, écrivain et idéologue de la RD Congo, présenté comme l’initiateur et théoricien de la doctrine politico-sociale du «responsabilitarisme», dont le terme constitue le socle idéologique du P.r.c. Il s’agit d’un néologisme, c’est-à-dire d’un mot nouvellement créé pour exprimer une idée ou un concept particulier. Ce concept est construit à partir du mot «responsabilité» auquel est ajouté le suffixe «isme», souvent utilisé pour désigner une doctrine, une idéologie ou un courant de pensée.

Développée par Arsène Mwezi dans son ouvrage, «La société responsabilitariste, une alternative au libéralisme et à la social-démocratie», publié à Kinshasa en 2018, cette doctrine place la responsabilité individuelle et collective au centre de l’organisation de la société. Selon l’auteur, les difficultés auxquelles sont confrontées les sociétés ne proviennent pas principalement d’un manque de ressources, mais plutôt de l’absence d’une réponse claire à la question de leur propriété et de leur gestion. «Le problème n’est pas le manque, mais l’accaparement. Ce n’est pas une crise de disponibilité, c’est une crise de légitimité», a affirmé Arsène Mwezi devant les congressistes, estimant que les ressources de la terre devraient être considérées comme appartenant à l’ensemble de l’humanité.

Arsène Mwezi a, également, comparé sa doctrine à deux grandes formes idéologiques: le capitalisme et le socialisme, en fonction de leur conception de la justice, du rôle de l’État et de la gestion des ressources. Selon lui, le capitalisme met l’accent sur la liberté individuelle et la propriété privée, considérant que chacun doit pouvoir disposer librement de ce qui lui appartient. Le socialisme privilégie quant à lui l’égalité et confie à l’État un rôle important dans la redistribution des richesses, afin de réduire les inégalités. Le responsabilitarisme propose une autre voie, une approche fondée sur la responsabilité effective. «Les ressources appartiennent à tous sans exclusivité, chacun est libre de les utiliser, mais doit en assumer pleinement les conséquences. L’État intervient principalement en amont, pour créer les conditions favorables à l’exercice des responsabilités individuelles, tandis que la valeur d’une société se mesure au degré de responsabilité de ses citoyens plutôt qu’à la seule croissance économique ou à l’égalité matérielle», a-t-il fait savoir.
Dans son discours, le président du P.r.c, Omessé Lékébé, a défendu l’idée selon laquelle les difficultés du Congo trouvent leur origine moins dans les hommes qui gouvernent que dans les doctrines politiques qui structurent l’action publique. Pour illustrer sa pensée, il a comparé les systèmes politiques actuels à un ordinateur fonctionnant avec un système d’exploitation défaillant. «Nous pouvons changer de technicien tous les cinq ans ou tous les dix ans. Si le système d’exploitation demeure inchangé, les mêmes problèmes persisteront», a-t-il déclaré, estimant que le capitalisme et le socialisme ont atteint leurs limites.










