Commentaire

Pré-campagne électorale: un rappel
à l’ordre qui sonne comme un camouflet

Dans un communiqué publié le 17 septembre 2025, le maire de Brazzaville, Dieudonné Bantsimba, rappelle aux citadins de sa ville que la révision des listes électorales est une opération qui «relève strictement de l’administration publique et ne saurait faire l’objet d’un e quelconque campagne des partis politiques et autres associations». «Par conséquent, il est fait obligation aux propriétaires des pancartes, banderoles et affiches à caractère politique érigés à travers le périmètre urbain de Brazzaville, de les retirer sans attendre». Le moins qu’on puisse dire est que la décision du maire de la capitale sonne la fin d’une longue récréation, où partis politiques, élus et associations sont en campagne électorale avant l’heure, par rapport à l’élection présidentielle à venir.

C’est un phénomène qui revient souvent, la campagne électorale illégale. Il consiste à déployer des banderoles, affiches et pancartes en faveur d’un leader politique, comme en période électorale, et fait souvent son apparition à quelques mois de l’élection présidentielle.
Communiqué du maire Dieudonné Bantsimba
La loi électorale dit, à travers son article 25, que «la campagne électorale est déclarée ouverte quinze jours francs avant la date du scrutin. Elle est close l’avant-veille à minuit. Elle est réservée aux partis et aux groupements politiques, aux candidats d’une liste et à ceux qui les soutiennent». L’article 26 précise que «la propagande électorale se fait sous forme de réunions, d’affiches, de circulaires, par voie de presse, par tout autre moyen de communication audiovisuelle ou par d’autres manifestations autorisées par la loi».
Malheureusement, en période non-électorale, on constate que certains responsables de partis politiques ou d’associations se livrent à ce langage relatif à la propagande électorale. Ce sont particulièrement certains partis de la majorité présidentielle qui s’illustrent dans la campagne électorale avant l’heure, donc illégale. Pourtant, en étant des partis à la tête de l’Etat, ils devraient montrer l’exemple du respect des lois. Ils sont appelés à prêcher par l’exemple. On assiste plutôt à l’inverse. Dès lors que leurs campagnes illégales sont en faveur du Président de la République, ils s’imaginent que personne ne va leur opposer la rigueur de la loi. Car, évoquer la loi dans ces conditions reviendrait à être contre le Président de la République. Aucun cadre aux affaires n’a envie d’être traité comme étant contre le Président de la République.
Une grande affiche sur la voie publique à Brazzaville
Avec la phase de révision des listes électorales, la campagne électorale illégale a pris une certaine intensité. Pourtant, les partis et associations peuvent demander à leurs militants et sympathisants la vérification de leurs noms sur les listes électorales, sans avoir à emprunter le langage visuel de campagne électorale (affiches, banderoles,  pancartes). Ils se sont plutôt lancés carrément dans ces actions de pré-campagne. Il était donc nécessaire de rappeler les exigences de la loi.
Sur les principaux carrefours de la ville, les pancartes sont déployés
Le maire est celui-là qui a osé franchir le Rubicon. Il a rappelé la loi à tout le monde. Il a parfaitement raison. On peut même lui reprocher d’avoir trop longtemps attendu. En principe, dès qu’une affiche, une banderole à caractère électoral est déployée dans la ville, on devrait ordonner de la faire retirer immédiatement. Le C.s.l.c (Conseil supérieur de la liberté de communication) a cette mission de faire respecter la loi dans ce domaine, sur l’ensemble du territoire national. Mais, mieux vaut tard que jamais. «Dépasser un délai de 72 heures, les services de la mairie de Brazzaville se verront dans l’obligation de les enlever, selon les procédures municipales en vigueur», a avisé le maire de la capitale. Le faisant, le maire n’est pas contre le Président de la République. Il ne fait qu’appliquer la loi, comme le Chef de l’Etat lui-même le demande souvent aux cadres. Et oui, on ne va apprendre à personne que la gestion de l’Etat obéit aux lois qui sont des normes juridiques et non des considérations politiques.
Jean-Clotaire DIATOU

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