Confier la gestion des installations sportives à des partenariats publics privés
La session du Conseil des ministres qui s’est tenue le mercredi 16 juillet 2025, au Palais du peuple, à Brazzaville, a revêtu un caractère particulier à travers l’intervention du Président de la République, Denis Sassou-Nguesso, qui «a invité les membres du Conseil des ministres au constat désolant quant à l’état de dégradation avancée des infrastructures construites à grands frais à l’occasion de la tenue réussie, en septembre 2015, des 50 ans des Jeux africains». Une task-force composée de neuf ministres et placée sous la supervision du Premier ministre a été mise en place, avec pour mission de réhabiliter ces infrastructures. Mais, pour leur gestion, ne serait-il pas mieux de les confier à des partenariats publics privés, pour ne plus retomber dans les mêmes errements?
C’est tout aussi rare qu’un compte-rendu du Conseil des ministres comporte une remontrance que le Chef de l’Etat a faite à ses ministres. S’agissant de la dégradation des infrastructures sportives, c’est un secret de Polichinelle que c’est une vieille histoire qui avait déjà indigné aussi bien les Congolais que les gouvernants eux-mêmes, il y a quelques années. Le laisser-aller du gouvernement est à l’origine de cette situation.
Une vue de la session du Conseil des ministres
Il est reconnu qu’en Afrique subsaharienne, le Congo est le pays qui dispose du plus grand nombre d’infrastructures sportives de qualité (stades omnisports, gymnases, etc). Elles ont été construites durant les programmes de municipalisation accélérée dans les départements (de 2004 à 2016). Le Complexe sportif de la Concorde, comprenant un stade olympique de 60 mille places, un palais des sports de 10 mille places, un complexe nautique de deux mille places, un hôtel, etc, dans la Commune de Kintélé, a été construit pour abriter les Onzièmes jeux africains de Brazzaville en 2015. Des milliards de francs Cfa ont été dépensés pour parvenir à ces résultats. Le Congo s’est même endetté pour cela.
Malheureusement, ces installations sportives sont mal entretenues et inutilisées. En avril 2018, le ministre en charge des sports, Hugues Ngouélondélé, rendait public le rapport d’une mission d’inspection des infrastructures sportives. Le constat était alarmant sur leur dégradation et leur délabrement. Le ministre en charge des sports avait même parlé des défauts de construction. Et pourtant, malgré le constat amer sur la détérioration rapide, le manque d’entretien et le manque de transparence dans la gestion des fonds alloués aux infrastructures sportives (stades et gymnases), pas grand-chose ne sera entrepris par le gouvernement, pour redresser la situation.
Un stade abandonné à l’intérieur du pays (Photo prise en 2021)
Après les Jeux africains, le Complexe sportif La Concorde a subi un pillage systématique de ses équipements, jusqu’aux immenses groupes électrogènes qui, pour les déplacer, ont besoin de logistiques. «Pour l’instant, nous avons trouvé beaucoup d’équipements détruits et d’autres volés. Le contenu des travaux sera énorme», avait confié le ministre Ngouélondélé à la presse, le 22 mars 2022, en faisant le constat des dégâts causés par les actes de vandalisme que ces installations avaient subies. Pas d’enquête, pas de sanction. La vie continue.
Evidemment, on pointe toujours le manque de financement pour justifier le manque de réaction. Seul, le vieux stade, le Stade Alphonse Massamba-Débat, connaîtra des travaux de réhabilitation, sous la pression de la Caf (Confédération africaine de football) menaçant le Congo de ne pas homologuer son stade.
Le Complexe sportif la Concorde de Kintélé
Il faudra attendre le 16 juillet 2025, pour qu’enfin le sujet arrive sur la table du Conseil des ministres, trop habitué à examiner et adopter les projets de décrets et de lois, comme pour éviter d’affronter souvent les problèmes de la vie quotidienne de la Nation. Et c’est le Chef de l’Etat lui-même qui en a parlé. Une task-force composée de neuf ministres et dirigée par le ministre d’Etat Jean-Jacques Bouya a été mise en place. C’est tout à fait normal que l’Etat assure la réhabilitation de ces infrastructures, mais pour leur donner vie, leur gestion devrait être confiée à des partenariats publics privés, non seulement pour rentabiliser ces installations, mais aussi pour redynamiser le sport.