Coalition Tournons la page Congo

De nouveaux outils de plaidoyer pour défendre les libertés publiques

À un an des élections législatives prévues en juillet 2027, la Coalition Tournons la page Congo hausse le ton. Lors d’un atelier tenu le 26 mai 2026, à Brazzaville, sous la direction de son coordonnateur, Christian Mounzeo, la coalition, qui regroupe une douzaine d’organisations de la société civile, a validé une nouvelle batterie d’outils de plaidoyer destinés à renforcer l’engagement citoyen et à défendre les libertés publiques, dans un contexte politique jugé de plus en plus verrouillé.

Au cœur de leur atelier, les membres de la Coalition Tournons la page Congo ont examiné le rapport 2025-2026, baptisé «Tosa obika» (la survie au prix du silence). Un titre évocateur pour un document qui dresse un tableau sombre des libertés d’association, d’expression et de réunion dans le pays. Élaboré dans le cadre du programme de renforcement des capacités des coalitions nationales de la campagne internationale «Tournons-la-page», avec l’appui de la Fondation Reynolds, le rapport met l’accent sur les restrictions entourant les manifestations publiques et les difficultés croissantes de la société civile à agir librement.
Les membres de la Coalition T.l.p Congo, après leur atelier
Pour Christian Mounzeo, cet atelier est intervenu dans un climat politique encore marqué par les tensions ayant entouré la présidentielle de mars dernier. «La période préélectorale a été particulièrement anxiogène pour la société civile et pour l’opinion publique», affirme-t-il. Le coordonnateur de T.l.p Congo évoque notamment les conséquences de l’opération de lutte contre le banditisme menée récemment dans le pays. Selon lui, cette campagne sécuritaire s’est accompagnée de graves violations des droits humains, allant d’exécutions sommaires à des destructions de biens. Dans ce contexte, estime-t-il, les marges d’action des organisations indépendantes et des journalistes se sont considérablement réduites, compliquant le suivi du processus électoral et le travail de veille citoyenne.
Face à cette situation, la coalition entend structurer son action. Objectif: suivre de près les recommandations adressées aux autorités nationales, au parlement, aux médias et aux partenaires internationaux, afin de pousser les institutions à davantage de transparence. «Nous voulons contribuer à des élections transparentes, équitables et justes», insiste Christian Mounzeo, faisant ainsi allusion aux prochaines élections législatives. Parmi les priorités figure l’adoption d’une loi de protection des défenseurs des droits humains, présentée comme un levier essentiel pour garantir les libertés fondamentales et préserver un espace civique jugé fragile.
Selon lui, les nouveaux outils de plaidoyer validés reposent avant tout sur des données de terrain et des faits documentés. «Nous disposons d’informations factuelles qui nous permettent de formuler des propositions pertinentes, pour améliorer la gouvernance et renforcer la participation citoyenne», explique-t-il.
En toile de fond, la coalition entend replacer le citoyen congolais au centre du jeu démocratique, en rappelant qu’un scrutin crédible ne peut exister sans libertés publiques garanties. «Les citoyens doivent pouvoir voter librement pour les candidats de leur choix, et non sous l’effet de la corruption ou d’avantages matériels», a-t-il affirmé. Reste désormais à savoir si ces outils de plaidoyer suffiront à infléchir une réalité politique où l’espace civique se referme progressivement.
Roland KOULOUNGOU

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