Journée internationale de l’enfant africain

La Case Dominique et le Collectif Lamuka mettent les mamans à l’honneur

A l’occasion de la Journée internationale de l’enfant africain, célébrée le mardi 16 juin 2026, la Case Dominique et le Collectif Lamuka ont organisé, à l’École spéciale Case Dominique, à Brazzaville, une exposition-vente mettant en lumière les talents des femmes vivant avec handicap ainsi que ceux des mamans d’enfants en situation de handicap. Avec cette manifestation, la Journée internationale de l’enfant africain a revêtu une dimension particulière, cette année, à l’Ecole spéciale, en plaçant au centre des préoccupations, les mères qui accompagnent quotidiennement leurs enfants dans un parcours souvent semé d’obstacles.

Dans les allées de l’exposition, les visiteurs ont découvert une diversité de produits artisanaux réalisés par les femmes bénéficiaires des programmes d’autonomisation: sacs; tableaux d’art; objets décoratifs; éventails; robes; confitures; biscuits et autres créations artisanales. Au-delà de la simple exposition, l’initiative visait à sensibiliser le public aux droits de l’enfant et à promouvoir l’inclusion sociale et économique des femmes vivant avec handicap.
Pour Adlon N’Kombo, secrétaire général chargé de l’administration et de l’inclusion économique du Collectif Lamuka, cette célébration est avant tout un plaidoyer en faveur de celles qui demeurent souvent dans l’ombre: les mamans. «Lorsque l’on parle du handicap, on pense généralement à l’enfant. Mais, derrière chaque enfant vivant avec handicap, se trouve une mère qui se bat au quotidien. Très souvent, elle renonce à ses propres projets, pour s’occuper de son enfant. Nous avons voulu mettre ces mamans en lumière, car elles sont les premières à défendre les droits de leurs enfants», a-t-il déclaré.
Quelques stands pendant l’exposition
Selon lui, la collaboration avec la Case Dominique, une école des exclus, ouverte en octobre 1999, suite à «l’action Thalitakoum» un appel de l’Église catholique au sujet d’enfants déscolarisés et traumatisés par les conflits armés, est née d’un constat simple: de nombreuses mères attendent plusieurs heures, chaque jour, la fin des cours, pour récupérer leurs enfants, sans pouvoir exercer une activité génératrice de revenus. «Nous réfléchissons, ensemble, à des solutions qui permettront à ces femmes de développer des compétences et de gagner en autonomie. L’objectif est qu’elles puissent non seulement assurer leur propre subsistance, mais aussi contribuer aux frais liés à l’éducation et à la prise en charge de leurs enfants», a-t-il expliqué.
La coordonnatrice de l’École spéciale Case Dominique, Sœur Ida-Pélagie Louvouandou, a rappelé que la Journée internationale de l’enfant africain trouve son origine dans le massacre des élèves de Soweto, en Afrique du Sud, le 16 juin 1976. «Cinquante ans après cet événement tragique, nous devons continuer à faire entendre la voix des enfants et à défendre leur droit à une éducation équitable, accessible et inclusive», a-t-elle souligné.
Recevant notamment des enfants autistes et présentant divers troubles d’apprentissage, l’Ecole spéciale œuvre, depuis plusieurs années, pour l’inclusion scolaire des enfants défavorisés. Pour la religieuse dominicaine, la célébration de cette année permet également de rappeler que les droits des enfants ne peuvent être dissociés de ceux de leurs familles. C’est ainsi qu’elle dit vouloir «honorer les mamans, parce qu’elles portent souvent seules le poids de l’éducation et de l’accompagnement de leurs enfants. Leur courage mérite d’être reconnu et soutenu».
Pour sa part, Mme Mélémon née Manengo Tangou Noëlle, coordonnatrice du projet d’alphabétisation des femmes vivant avec handicap au sein de Lamuka, a souligné l’importance de l’éducation des femmes dans la protection des droits de l’enfant. Selon elle, une mère alphabétisée accompagne mieux la scolarité de son enfant et contribue davantage à son épanouissement. «Éduquer une femme, c’est contribuer à éduquer toute une Nation», a-t-elle affirmé. Elle a, également, présenté le projet «Zéro fille mère et femme vivant avec handicap analphabète», visant à doter les bénéficiaires des compétences de base en lecture, écriture et calcul. Insistant sur le lien entre alphabétisation et autonomisation économique, elle a appelé les partenaires au développement à soutenir cette initiative.
Parmi les exposantes, Lydie Mantsingani, bénéficiaire du programme Lamuka, présentait des sacs, éventails et sandales confectionnés à la main. Elle a salué l’impact du collectif sur sa vie: «Grâce à Lamuka, nous apprenons un métier et pouvons devenir autonomes», a-t-elle témoigné. À travers cette journée, les organisateurs ont réaffirmé leur engagement pour une société plus inclusive, garantissant les droits fondamentaux de chaque enfant, au-delà du handicap, et un meilleur accompagnement des mères qui les soutiennent, car chaque vie compte.
Joseph MWISSI NKIENI

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