Gouvernement de la République

Le mandat des douze batailles
laisse la place au mandat des vingt missions

Du mandat des douze batailles destinées à éviter le pays de sombrer (2021-2026), Anatole Collinet Makosso passe au mandat des vingt missions axées sur les réponses à donner aux préoccupations quotidiennes des populations, dans l’esprit de l’accélération de la marche vers le développement (2026-2031). C’est ce qu’on peut retenir de la présentation du programme d’action du gouvernement qu’il a présenté devant l’assemblée nationale, lundi 22 juin 2026, au Palais du parlement à Brazzaville, lors d’une séance présidée par Isidore Mvouba, qui a appelé les membres du gouvernement à l’audace, pour accélérer la marche vers le développement.

Reconduit à la tête du gouvernement le 19 avril dernier, Anatole Collinet Makosso a transformé le projet de société du Président Denis Sassou-Nguesso,  en un programme d’action axé sur vingt missions. Il est parti du constat que les indicateurs économiques du pays se sont améliorés, mais qu’il y a des zones d’ombre. D’où les vingt missions qu’il a présentées dans son discours devant les honorables députés. Quelques extraits pour comprendre l’essentiel de son discours qui a commencé par une longue introduction où il a rendu hommage au Chef de l’Etat et à son épouse, Mme Antoinette. Après, il est rentré dans le vif du sujet.
«Au cours des dernières années, notre pays a démontré sa capacité de résilience face à des chocs multiples: fluctuations des cours des matières premières, conséquences économiques de la pandémie à covid 19, tensions géopolitiques internationales, perturbations des chaînes d’approvisionnement et contraintes budgétaires. Malgré ces difficultés, les institutions ont tenu, la paix a été préservée et les grands équilibres de l’État ont été maintenus».
Le bureau de l’Assemblée nationale et le Premier ministre présentant son programme d’action
«Les indicateurs économiques, au moment où nous démarrons ce mandat, sont relativement favorables: un déficit primaire hors hydrocarbures à 9% contre 13,4% du P.i.b en 2020. La dette publique du Congo a diminué entre 2020 et 2025 en partant de 111,1 % du P.i.b en 2020, … à 92,46% en 2025. De son côté, le ratio de notre dette extérieure a diminué de 26 points, en passant de 63,46% en 2020 à environ 37,32% du P.i.b, en 2025. La dette des traders est en voie d’apurement».
«L’inflation reste maîtrisée à 2,7%, le solde budgétaire de 8,5% et la balance des paiements excédentaire. La croissance économique s’est raffermie progressivement. Après une récession de -6,15 % en 2020, le taux de croissance du P.i.b global est reparti à la hausse», pour atteindre «4,3% en 2025 et cette dynamique devrait se poursuivre en 2026 à 5,5%, portée par la confiance des investissements privés».

«Ces résultats sont encourageants. Ils démontrent que les efforts engagés commencent à produire des fruits. Cependant, la transparence que je vous dois m’oblige à reconnaître que ce bilan comporte également des ombres. Le F.m.i l’a souligné, et nous en tirons les conséquences. Nous relevons:
– une sous-exécution des dépenses sociales et des investissements publics;
– une dette publique totale qui peine à diminuer et notamment la dette intérieure;
– une mobilisation des recettes hors hydrocarbures en deçà du potentiel;
– des réformes structurelles inachevées.
En effet, les gains attendus de la mobilisation des recettes hors hydrocarbures n’ont été que partiellement réalisés. Notre système fiscal reste complexe, poreux et inéquitable. Trop de revenus échappent encore à l’impôt, et notre administration fiscale n’a pas encore pleinement exploité les potentialités offertes par la numérisation.
Voilà pourquoi, le quinquennat 2026-2031 sera, conformément au projet de société du Président de la République, placé sous le signe de l’accélération de la marche vers le développement. Et pour accélérer cette marche, le gouvernement a fait le choix de la méthode: Il s’inscrit dans la continuité des acquis. Accélérer signifie intensifier le rythme et l’efficacité sans changer de trajectoire».

Une vue de l’hémicycle
«Il vous souviendra qu’alors qu’il venait fraichement d’être proclamé vainqueur de l’élection, le Président de la République, s’exprimant devant la presse, avait déclaré je cite: «Le peuple a fait sa part; c’est à nous de faire la nôtre», fin de citation. La nôtre, nous allons la faire en mettant en œuvre son projet de société. Celui-ci s’articule autour de dix priorités, dont la mobilisation de ressources, le capital humain, la lutte contre les dérives administratives, la relance économique, l’agriculture et l’industrie, l’emploi, les infrastructures, l’innovation, les droits sociaux et l’environnement.
S’y ajoutent six axes: sécurité, modernisation de l’administration, aménagement du territoire, commerce intérieur, tourisme et diplomatie économique. Ces orientations reposent sur quatre conditions: paix, État de droit, civisme et décentralisation. Au total, vingt missions structurent l’action gouvernementale.
Ainsi, vous l’avez compris. Le mandat dernier, c’était le temps des batailles. Il fallait tenir, sécuriser, empêcher le pays de crouler sous le poids des crises sanitaire, économique, financière. Le présent mandat, c’est le temps des missions. Il faut bâtir, livrer, changer le quotidien des congolais. En effet, il y a cinq ans, nous avons lancé 12 batailles, 12 combats pour que le Congo ne cède pas face à la crise. Ces batailles, nous les avons menées sans détour, ensemble, avec vous, avec le peuple. Et le Congo tient debout, libre et non asservi.
Aujourd’hui, un pays qui tient debout ne peut plus se contenter de survivre. Il doit se mettre à bâtir. Un peuple qui a résisté aux tempêtes demande maintenant des résultats concrets, dans son assiette, dans son salaire, dans son hôpital, sur sa route, dans l’école de son enfant. La question que de nombreux congolais sont en droit de se poser est celle de savoir si ces missions sont en lien avec leurs préoccupations quotidiennes pour lesquelles ils exigent que nous leur apportions des réponses effectives et immédiates».
«Sur quoi portent ces préoccupations?

Il s’agit:
– des pénuries d’eau, d’électricité, de carburant;
– du prix des denrées alimentaires et de la vie chère;
– de la lutte contre la délinquance en zones urbaine et rurale;
– de la qualité du transport public urbain, aérien, fluvial et ferroviaire;
– de la réhabilitation et de l’entretien des routes aussi bien dans les villes que dans l’arrière-pays;
– de l’enlèvement des ordures ménagères;
– de l’apurement de la dette intérieure (sociale et commerciale);
– du paiement des arriérés et arriérages des pensions; de la régularité du versement des pensions de retraite;
– de la mise à disposition effective des fonds en faveur des structures à budget de transfert dont les établissements de santé et les universités;
– de la rétrocession des centimes additionnels aux collectivités locales;
– du paiement régulier des agents volontaires, communautaires et bénévoles de nos écoles;
– de l’amélioration de la prise en charge des malades dans les centres hospitaliers, de la prise en charge adéquate du fonctionnement de nos représentations diplomatiques à l’étranger;
– des files d’attente dans les stations de service, etc.

Cette liste non exhaustive est bien au cœur des préoccupations quotidiennes de notre peuple; elles sont pertinentes, soyez assurés et rassurés qu’elles sont également les préoccupations quotidiennes du Président de la République et de mon gouvernement».
Propos recueillis par Jean-Clotaire DIATOU

Discours du Premier ministre 22-06-2026

Mot du PAN à l’occasion de la présentation Programme d’action du Gouvernement 2026-2031.

Reportage de Vox Tv

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