De nos jours, un nombre croissant de personnes âgées, ayant plus de 40 ans, souvent fonctionnaires de l’État, retournent sur les bancs universitaires, pour décrocher un diplôme d’enseignement supérieur, dans l’espoir d’améliorer leurs revenus. Dans notre pays, ces étudiants âgés se dirigent principalement vers les établissements professionnels ainsi que les universités publiques et privées. Comme quoi, on peut apprendre à tout âge, tant qu’on a la force de le faire.
L’évolution vers un modèle d’apprentissage tout au long de la vie exige des programmes plus souples, des formats hybrides et des cursus inclusifs. Les universités ne se contentent plus à former seulement les jeunes. Elles doivent, désormais, prendre en compte la curiosité et l’envie d’apprendre des générations plus âgées, notamment les personnes qui veulent continuer d’étudier tout au long de la vie.
Donner la possibilité aux adultes d’intégrer l’enseignement supérieur représente une stratégie essentielle pour le développement social, culturel et économique. Il est reconnu qu’on peut apprendre à tout âge, grâce à ce que les spécialistes appellent «la plasticité du cerveau», rendant l’humain capable d’acquérir de nouvelles connaissances.
Si l’avenir doit être planifié, le présent ne peut être négligé. L’enseignement supérieur a la responsabilité d’accompagner ceux qui, dans la société, malgré un âge avancé, cherchent encore à se former, pour être capables de nouvelles performances. Valoriser leurs expériences et reconnaître leur dignité transforment l’université en un espace d’échanges intergénérationnels, où mémoire et innovation s’entrelacent pour redynamiser tant la vie académique que sociale.
Un autre défi crucial consiste à réinventer les approches pédagogiques, à développer des dispositifs de soutien spécifiques à ces catégories sociales et à intégrer la pluralité des âges comme élément clé de l’inclusion au niveau de l’enseignement supérieur. La présence de personnes plus âgées (40-50 ans voire au-delà) dans les salles de classe où les jeunes sont les plus nombreux crée non seulement des opportunités de relations, mais enrichit également les débats en y apportant l’expérience des aînés et leur connaissance de l’histoire.
Ouvrir les portes de l’université aux générations plus mûres ne relève pas d’un simple symbole. C’est une orientation porteuse de transformation sociale. Redéfinir les liens sociaux entre vieillissement, savoir et citoyenneté est essentiel. Comprendre que l’apprentissage tout au long de la vie renforce les bases démocratiques, stimule la croissance économique et nourrit le patrimoine culturel constitue une étape importante vers une société où chaque génération est reconnue à sa juste valeur, avec pour ambition de bâtir un avenir commun exempt d’exclusions.
Roland KOULOUNGOU








